Avant-propos

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Le lancement de la plate-forme Ciné-lycée en août 2010 correspond à une volonté marquée de rendre accessible à tous les lycéens le patrimoine cinématographique mondial. Après la mise en place des dispositifs École et cinéma puis Collège et cinéma, le lycée prend sa part de la mission d’éducation à l’image, au cinéma et à l’audiovisuel.
La collection CINÉ-V.O. s’est inscrite dans cette logique depuis 2005 avec la parution de son premier volet consacré au cinéma de langue espagnole. La formule n’est pas dépassée, au contraire : en mettant à la disposition des classes des supports filmiques en version originale, elle se prête particulièrement bien aux entraînements des compétences orales des élèves, qu’il s’agisse de compréhension ou d’expression ; elle entre de plain-pied dans la perspective des programmes renouvelés d’enseignement des langues, du collège au lycée, qui font des compétences culturelles l’entrée privilégiée du cours à l’occasion de l’exploration de supports authentiques.
La parution aujourd’hui de la seconde version dédiée à l’espagnol présente trois nouveaux films choisis à la fois pour leur qualité intrinsèque et pour leur intérêt dans nos classes.
Saluons ici le travail des auteurs, soucieux de mettre à la portée de leurs élèves un cinéma créatif et vivant, inscrit à la fois dans l’histoire et dans quelques-unes des questions qui fondent l’actualité des pays de l’aire hispanophone : les relations parents-enfants dans une Argentine épuisée par le contexte de la mondialisation (Conversaciones con mamá de Santiago Carlos Oves) ; une mise en abîme de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb sur fond des luttes indigènes contre la privatisation de l’eau en Bolivie (También la lluvia de Icíar Bollaín) ; et la rencontre insolite entre deux supports artistiques, la peinture et le cinéma (Goya en Burdeos de Carlos Saura).
Sans être spécialistes du cinéma, les auteurs utilisent régulièrement dans leurs classes le film comme support pédagogique. Les séquences qu’ils mettent en œuvre aujourd’hui favorisent les entraînements à l’oral, sans pour autant négliger l’écrit : la variété des activités proposées, en combinant constamment son, image et texte, constitue un jeu permanent entre les diverses activités langagières qui se répondent comme en écho pour amener les élèves à la prise de parole à partir d’étapes successives qui font sens. C’est ainsi que sont favorisées l’interrogation et la réflexion et c’est ainsi que les élèves deviennent actifs et autonomes. Tout  en développant les compétences linguistiques, notamment la prise de parole, leur curiosité est stimulée et tournée vers les formes spécifiques du cinéma en langue espagnole.
La partie au reste se trouve comme favorisée puisque les élèves sont avides de cinéma : plus que jamais s’applique ici la formule chez nous classique, enseñar deleitando.

Dolorès Beauvallet
IA-IPR d'espagnol de L'académie de Paris.