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Ciné V.O. - ANA
Dialogue n° 2
Ana's a very special young woman
Situation du passage : alors que toute la famille est réunie dans le jardin pour célébrer l'anniversaire d'Ana, son professeur d'anglais, M. Guzmán, fait une intrusion remarquée dans la fête familiale. Le spectateur a déjà fait sa con-naissance dans le cadre du lycée alors qu'Ana lui faisait part de ses difficultés à entreprendre des études universitaires.
Intérêt du passage : il permet de mettre en évidence les entraves apportées par la culture d'origine des immigrants mexicains de la première génération à l'intégration de la seconde... Carmen représente ici une culture mexicaine aux valeurs traditionnelles qui ne conçoit la femme que dans son rôle social de femme mariée et de mère. Educar se résume pour elle à cocer, criar a sus hijos, et atender a su marido. Elle est donc le point central de résistance à l'évolution sociale de sa fille et elle joue paradoxalement un rôle de barrière sociale interne. Son système de valeur aussi bien qu'un certain esprit de revanche personnel la conduit à vouloir reproduire à l'identique chez Ana, sa propre vie difficile d'immigrante laborieuse. Cela contribue à donner au personnage un côté extrêmement antipathique, fort éloigné de toute générosité maternelle, qui contraste avec le caractère du père, beaucoup plus ouvert à l'idée qu'Ana puisse aller à l'université.
Le professeur Guzmán est quant à lui, le médiateur entre les deux cultures. Sa fonction de professeur d'anglais n'est pas un hasard, tout comme son nom, qui indique clairement une origine hispanique. Le spectateur un peu averti comprendra donc aisément que l'engagement fort de ce professeur, qui n'hésite pas à se rendre chez les parents d'Ana pour les convaincre à revenir plusieurs fois à la charge malgré l'opposition de Carmen, relève d'un vécu personnel d'immigrant à même de comprendre les difficultés économiques et sociales d'Ana.
Dans ce passage, le fonctionnement des deux langues, l'anglais et l'espagnol, est à souligner également. L'anglais joue dans la première partie du texte son rôle de langue de communication sociale avec l'intru extérieur qu'est le professeur Guzmán. Cet emploi est affirmé et d'une certaine façon revendiqué par Raúl qui, avec un tranchant I speak English refuse de parler en espagnol avec Guzmán alors même que celui-ci a amorcé la conversation dans cette langue. Leur bref échange montre bien le statut social différent des deux langues. Pour Raúl, parler en espagnol avec Guzmán signifierait être rabaissé à sa condition sociale inférieure de migrant non intégré. Guzmán le comprend immédiatement et s'en excuse avant de repasser à l'anglais.
Ana's a very special young woman
Ana está celebrando su cumpleaños con su familia en el jardín de su casa. De repente toca el timbre y aparece el señor Guzmán, el profesor de inglés de Ana en el instituto
ANA : Mr. Guzmán, what are you doing here ?
MR. GUZMÁN : Are your parents here ?
Voz off : Ana , who is it ?
ANA : Yeah, but I told you, you can't...
RAÚL : Ana, ¿ quién es ?
MR. GUZMÁN : Buenas tardes, señor.
(a Carmen) Señora. Soy Elias Guzmán. Fui el maestro de inglés de Ana.
RAÚL : I speak English.
MR. GUZMÁN : Sorry. Ana... is an excellent student. I'd like to see her continue her education. Go to college.
RAÚL : Mr. Guzmán of course we want Ana to get educated. (pausa) We have already discussed that amongst our family. But we need her to work now.
RAÚL : She can go to college later.
MR. GUZMÁN : Señor García, Ana's a very special young woman. She got herself into Beverly Hills High School which is not easy to do, and now she can go even further. There are all kinds of scholarships.
CARMEN : I'm sorry Mr. Guzmán, but tomorrow morning she goes to the factory to sew... with us.
MR. GUZMÁN : May I ask you, Mr. García, just to please think about college.
RAÚL : I'll think about it. I'll talk to my wife. Vamonos Anita.
ANA (al Sr Guzmán) : I told you.
Después de la visita del señor Guzmán, los padres de Ana, Raúl y Carmen discuten a propósito de su hija.
CARMEN : No quiere hacer quehacer. No limpia su cuarto, no lava la ropa. No hace de comer. Puros problemas me da.
RAÚL : Carmencita, Ana no te da tantos problemas. Mira, su maestro está bien contento con ella. Si hacemos un esfuerzo,yo creo que podemos ayudarla a ir a la universidad para que se eduque.
CARMEN : Yo la puedo educar. Yo le enseño a cocer. Le enseño a criar a sus hijos, a atender a su marido. Esas cosas no le van a enseñar allí en el colegio.
RAÚL : Está bien. Mira, se puede casar después.
CARMEN : ¿ Que no me estás oyendo Raúl ? Es questión de principios. No es justo. Yo trabajo desde la edad de trece años. Ana tiene dieciocho años. Ahora le toca a ella. Que trabaje.
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