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Ciné V.O. - ANA
Dialogue n° 3
Lárgate
Situation du passage : Ana travaille pour la première fois, contre son gré, dans l’atelier de confection de sa sœur Estela. Elle fait connaissance avec le petit monde des ouvrières dans lequel sa mère et sa sœur évoluent quotidiennement et qui lui est complètement étranger. Elle découvre en même temps le faible niveau culturel des conversations – les cancans sur les uns et les autres – et les dures conditions de travail ( la chaleur étouffante... ). S’informant sur le prix payé pour les robes confectionnées dans l’atelier, elle découvre aussi l’exploitation dont les ouvrières font l’objet. Alors qu’elle s’applique à repasser une de ces robes qu’elle ne portera jamais et qui sera vendue à prix d’or chez Bloomingdale, elle est à nouveau l’objet d’une agression verbale de la part de sa mère (« But don’t get fat as Ana »). Pour se venger, Ana brûle exprès la robe qu’elle était en train de repasser.
Intérêt du passage : cette scène est certainement celle où le conflit permanent mais larvé entre Ana et sa mère s’exprime de la manière la plus violente. Ana court et s’enfuit dans la rue pour tenter d’échapper à une mère despotique qui la poursuit sans relâche (ici au sens propre du terme) de ses remarques insultantes et agressives. L’intervention du policier est là pour souligner le caractère incongru de la situation. Au-delà de son interêt dans la narration en tant qu’expression du conflit ouvert entre les deux femmes, cette scène est symbolique du tiraillement douloureux que vit Ana. Sa forte personnalité et son profil de jeune chicana cultivée la pousse à fuir un monde — celui de sa mère dans lequel elle ne se reconnaît pas — mais qu’elle ne peut cependant pas abandonner aussi facilement. La scène se termine sur une pseudo-réconcilation (Ana soutient sa mère par le bras quand elles se dirigent à nouveau toutes deux vers l’atelier) qui ne règle pas leurs points de vue opposés et irréconciliables.
Carmen apparaît ici comme la mère autoritaire et abusive qu’elle est, courant derrière Ana comme si celle-ci était encore une petite fille qu’il fallait rattraper et gronder. Elle laisse libre cours, emportée par la colère, à sa grossièreté et laisse apparaître un total manque de respect vis à vis de sa fille (« Desgraciada gorda »). Malgré cela, elle est, paradoxalement, plus pathétique qu’antipatique quand elle rappelle à Ana tout ce qu’elle a fait pour elle.
Cette scène est donc intéressante car elle met en relief de manière visuelle et métaphorique, la cruelle séparation culturelle que vivent souvent, au sein des familles, la première et la seconde génération de chicanos.
Lárgate
Ana está trabajando por primera vez en la fábrica de su hermana Estela. Después de escuchar las repetidas críticas de su madre, quema adrede el elegante vestido que está planchando.
Interior día. En la fábrica
PANCHA : You burn it !
CARMEN : Ana can’t you do anything right !?
Ana se dirige hacia la puerta.
ESTELA : ¿ ¡A dónde vas !?
CARMEN : ¡ Desgraciada gorda! Ven acá, no me hagas correr… ¡no me hagas que vaya detrás de ti ! ¡ Ana ! ¡ Ana ! ¡ Ayy, Aannnaa ! ¡ Ana !
Ana sale a la calle. Su madre la sigue corriendo y gritando.
Exterior. En la calle
POLICĺA (a Ana) : Hey,Hey, hey, hey, hey! What’s going on here?
ANA (al Policía) : This is my mum.
POLICĺA (a Carmen) : Is this your daughter ?
CARMEN : Ayy sí, esa gordita…my daughter.
POLICĺA : Knock yourself out ladies.
CARMEN : Ayy diosito. ¿ A dónde vas ? ¿ Dónde demonios vas ? Ayy diosito. Ayy… ayy. (Jadeando). Yo ya no puedo más. Ya estoy muy vieja para estos trotes. (Llorando). Yo no sé para que trabajo. Mis manos están artríticas. Y me estoy quedando ciega de tanta costura.
ANA : Ya mamá, I know, ok ? Everybody knows.
Carmen se ha sentado en el suelo y sigue llorando. Ana se acerca a ella.
CARMEN : ¡ No me toques ! ¡ Lárgate ! Si te quieres ir ¡ lárgate ! ¡ Lárgate ! ¿ Qué ? ¿ Te avergüenzas conmigo ? ¿ Te da vergüenza trabajar con nosotras ? ¡ Tanto lomo ! ¡ Tanto sacrificio ! ¿ Y todo para qué ? Para ustedes. Tú no más piensas que yo soy un perro. No más para trabajar.
ANA : Ayy mamá. C’mon let’s go. Let’s go back, c’mon.
Carmen intenta levantarse pero no lo consigue. Ana la toma del brazo para ayudarla.
CARMEN : ¡ Ayy diosito !
ANA : Hold on to me. C’mon mamá let’s go back.
CARMEN : Ahh… Tú me tienes que ayudar.
Caminan las dos otra vez en dirección de la fábrica de Estela.
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