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Dialogue n° 4 El oro del abuelo
Intérêt du passage : cet extrait met en scène la transmission culturelle intergénérationnelle entre Ana, chicana de la deuxième génération et son grand-père qui a passé la majeure partie de sa vie au Mexique et qui a probablement suivi son fils Raúl au moment où il a émigré vers les États-unis. Le grand-père est donc le détenteur et le gardien de la culture d’origine, de la culture populaire mexicaine orale qui forme un patrimoine constitué d’histoires et de légendes. Le grand-père raconte à sa petite-fille une histoire de la révolution mexicaine. Ce n’est évidemment pas un hasard : on se rappellera que la révolution mexicaine se faisait fort de combattre l’injustice, d’en finir avec la misère dans laquelle vivait, au début du siècle, une grande partie de la population mexicaine dominée par l’administration de Porfirio Díaz. L’or caché dans l’histoire du grand-père est donc cet eldorado de justice qui n’a pas été atteint lors de la révolution et qui conduit les Mexicains a chercher ailleurs, aux États-unis, sans plus de succès, des conditions de vie meilleures. La légende mexicaine produit un effet de miroir avec la situation vécue aux etats-Unis par les chicanos. Cette légende est aussi, dans cette situation d’énonciation, un conte philosophique que le grand-père raconte à Ana pour la faire réfléchir sur la situation de crise vitale dans laquelle elle se trouve. En lui déclarant que son « or » à lui, c’est elle, Ana, il la conforte dans sa personnalité profonde et lui montre la voie de la recherche initiatique, de l’affirmation de soi qu’elle doit suivre.
Le spectateur sera sensible enfin à cette belle scène d’amour familial, à la complicité et à la grande tendresse qui émanent de ces quelques répliques. Au-delà des interprétations de la légende/histoire vraie racontée par le grand-père, celle-ci joue aussi le rôle de « mot de passe commun », que l’on devine éculé à force d’avoir été raconté. Ana connaît bien l’histoire mais sollicite son grand-père pour l’entendre à nouveau, elle l’accompagne dans les souvenirs de sa vie mexicaine, de sa nostalgie du pueblo, qui ne manque pas de ressurgir dans le monde nouveau et hostile dans lequel il vit désormais.
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