Dialogue n° 5

El poder de las telenovelas


Situation du passage : Ana a rencontré son professeur d’anglais et s’est laissée convaincre d’écrire un essai pour tenter de rentrer à l’université. Elle a aussi échangé quelques mots avec Jimmy, un élève de sa classe, sur le projet que nourrit celui-ci de passer quelque temps en Europe. Après cette ouverture sur un monde extérieur dont elle partage la culture, Ana est à nouveau chez elle, réfugiée dans sa chambre d’où elle entend les commentaires de la famille sur la telenovela qui les réunit tous quotidiennement.

 

Intérêt du passage : ce passage est important à deux niveaux :
- dans le récit filmique, la telenovela racontée par Carmen sert à celle-ci de miroir moral, assez inquiétant, vis à vis d’Ana. (Attention, voilà ce qui arrive quand on n’écoute pas ses parents…); elle joue un rôle d’avertissement par rapport aux velléités d’indépendance d’Ana.
- dans la contextualisation culturelle et sociologique car on connaît l’importance des telenovelas dans toute l’Amérique latine comme vecteur de la culture populaire de masse et comme authentique genre littéraire et télévisuel. On voit ici qu’aux Etats-Unis également ces telenovelas sont regardées avec un intérêt, qui relève presque de l’adiction, par la population chicana. Le titre de la telenovela « Los pobres lloran más » ainsi que le récit qu’en fait Carmen montrent qu’il s’agit ici d’une telenovela typique, « brésilienne », avec des thèmes aussi traditionnels que l’opposition riches/pauvres, le coup de foudre pour le bel étranger, la trahison qui s’ensuit…

 

Toute la famille, le grand-père y compris, partage ce goût immodéré, très latino-américain, pour la telenovela sauf Ana qui, encore une fois, se différencie du reste de la famille par le rejet et le mépris d’un genre qui ne correspond pas à sa culture d’intégration.

El poder de las telenovelas

Carmen le encantan las telenovelas. Cuando empieza la escena, el programa se está terminando y Carmen le cuenta a Estela, su hija mayor, lo que ha pasado. Mientras tanto, Ana, en su cuarto, escucha la narración de su madre.


Interior día – En el salón

TV (off)... : poder ver el rostro de dios. ¡ Como puede ir al cielo sin cabeza ! El autobús le cortó la cabeza de su amistad. Pero Dios tiene su cabeza.
CARMEN : Ayy. Bueno, se acabó.
ABUELO : Mhhmm.
CARMEN (mirando con desprecio a sus sobrinos que están tocando la guitarra) : Y con esa música, quieren salir en televisión.
ABUELO : Sí. Necesitan mejorarse un poquito.
CARMEN : Uuhh, yo viviera.
RAÚL : Carmencita, your back hurting again ?
CARMEN : After thirty-eight years of sewing, what else do you expect ? Ayy, Estela, Ana, de la que se perdieron en la novela « Los pobres lloran más. »
ANA : Mum I don’t watch spanish soap operas.
CARMEN : It’s not a regular novela, it’s a Brazilian, esas son mejores. ¿ Verdad, Don Miguel ?
ABUELO : Mucho mejores.
ESTELA : What happened ?
CARMEN : You remember Yanira, the cross-eyed daughter ?
ESTELA : Yes, I remember her.
CARMEN : Bueno. Well, this handsome dark stranger comes to visit the fishing village and, and she meets him… …and he told her that he didn’t care what she looked like, that he loves her, that he wants her, ehh ? But of course we know what he wanted,
Verdad ? Hmm.
ABUELO : Mhm.
CARMEN : One night, without telling her parents, Juanita goes out with the stranger…
ANA : Ooh Mum, let me guess. She gets pregnant ?
CARMEN : Ayy Ana, don’t spoil the story.
ESTELA : What happened ?
CARMEN : She gets pregnant.
CARMEN : Cállate. And worse, he asks her to run away with him.
CARMEN : Of course that means that she has to betray her mother’s wishes.
ANA : Uhh… wow.
ESTELA : Ohh. And then ?
CARMEN : Entonces they’re on the bus to Río de Janeiro, and she sticks out her head to say goodbye, a la madre que estaba llorando. Ayy unas lagrimotas así, lloraba! And all of a sudden this bus comes by… y puacatela, le cortó la cabeza.
ANA : Mom that’s the stupidest thing I’ve even heard.
CARMEN : Ana, you better listen. That’s what happens to people who don’t listen to their mother. And all you had was the headless body.

 

 
     
     
 
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Mars 2006 - Tous droits réservés