Parcours Pédagogique Multimédia

Mina de Chuquicamata (Chile)


Auteur du ppm : Marie Bihel, lycée Elisa Lemonnier.75012 Paris.
Durée : 1 min. 55s.
Année : 2004
Classe : 1ère
Référence : Carnets de voyage de Walter Salles
Mots clés : mina de Chuquicamata / indios de América del Sur / Anaconda Mining Company  / Che Guevara

 

I. Résumé de la séquence

Ernesto Guevara et son ami Alberto Granado, partis de Buenos Aires en janvier 1952, réalisent leur voyage à travers l'Amérique du Sud. Ils arrivent le 15 mars 1952 à la mine de cuivre à ciel ouvert de Chuquicamata au nord du Chili. Ils ont alors parcouru 5122 km. Là, ils découvrent les conditions d'embauche inhumaines des Indiens qui travaillent à la mine. Le contremaître les traite avec rudesse, comme des animaux.

La séquence commence 56min. 50s. après le début du film.

Intérêt de la séquence
- La question indienne en Amérique du Sud, la mine de Chuquicamata au Chili en 1952.
- Les conditions d'embauche pour travailler dans la mine de cuivre de Chuquicamata.
- Les Indiens exploités par une multinationale, l'Anaconda Mining Company.
- Ernesto Guevara prend conscience de l'exploitation dont sont victimes les Indiens et la révolte commence à sourdre en lui.

Intérêt technique
L'utilisation du plan fixe au début de la séquence souligne l'immobilité des Indiens et leur soumission. Ils s'exposent dans tout leur dénuement aux regards qui les observent, ceux du contremaître, ceux d'Ernesto Guevara et de son ami Alberto Granado, ceux du spectateur. Ils sont pétrifiés au milieu de ce monde minéral et désertique qui les entoure. Ces regards s'imposent au spectateur qui se sent à son tour concerné et ému.
L'utilisation du plan large dans cette séquence souligne le fait que les Indiens forment un groupe d'êtres anonymes : il efface leur individualité.

Point de vue adopté par le cinéaste
Les Indiens sont déshumanisés : ils sont exploités, ils n'ont pas droit à la parole. Le cinéaste dénonce ouvertement cette situation inhumaine dans cette séquence sobre inondée de lumière crue et aveuglante. Ernesto Guevara, en prenant à partie le contremaître, est celui qui ose redonner aux Indiens un peu de leur dignité.

II. Découpage

1. Déshumanisation des Indiens (plans 1 à 16)

Les Indiens attendent d'être embauchés assis par terre dans un décor minéral et désertique. Ils ont tous la même allure inquiète, apeurée, soumise. Le contremaître choisit ceux qui lui semblent certainement les plus aptes au travail de la mine. Il les interpelle en les désignant non pas par leur nom mais par un autoritaire, impersonnel, brutal et les fait monter dans un camion comme s'ils étaient du bétail.

2. Confrontation entre le contremaître et Ernesto Guevara (plans 17 à 31)

Le contremaître accuse Ernesto et son ami de violation de propriété privée puisqu'ils sont sur les terres appartenant à l'Anaconda Mining Company. Ernesto manifeste son indignation face au manque d'humanité du contremaître et face au traitement dont sont victimes les Indiens : il insulte le contremaître et jette une pierre contre le camion qui emmène les Indiens à la mine.

III. Suggestions d'exploitation pédagogique

Rappel : il ne saurait y avoir une démarche unique. Nous ne faisons que proposer quelques pistes d'exploitation possibles.

1. Activités proposées

Visionner la séquence en entier.
Les élèves situeront la séquence et expliciteront la situation.

Visionner 2 ou 3 fois la première partie de la séquence .
La consigne serait de repérer tous les détails qui déshumanisent les Indiens et qui suggèrent cet état de soumission auquel ils sont réduits.

No tienen identidad : prueba de ello es que el capataz no los llama por su apellido o por su nombre sino diciendo « tú » : se ven reducidos a un pronombre personal.

Están inmóviles. Están sentados en el suelo : esperan a que el capataz los designe para moverse.

Esperan a que el capataz los contrate.

No toman iniciativas.

No hablan. Callan y se someten a las órdenes del capataz.

No expresan su opinión porque necesitan trabajar para mantener a su familia, para no morir de hambre.

Se ven reducidos a ser una mano de obra barata que sirve o no sirve, que se contrata o que se echa.

Son los esclavos del siglo XX : se les contrata sin fijar el sueldo de la jornada.

No son hombres sino una mera fuerza física.

El capataz los trata como si fueran animales ya que los elige según su fuerza física.

Si no los necesita los echa fuera.

El capataz les ordena que suban al camión como si fueran mero ganado.

El capataz los trata mal, los desprecia, sólo da órdenes: exige que se den prisa.


Si la peinture murale de Diego Rivera El Ingenio était connue des élèves on pourrait alors leur demander de comparer l'œuvre de Diego Rivera avec cette séquence filmique et d'expliquer ce qui a ou n'a pas changé entre ces deux époques. Cette comparaison permettrait d'appréhender la question indienne en Amérique du Sud.

Les élèves en déduiraient aisément que les conditions de travail dans la mine doivent être à l'image des conditions d'embauche, c'est-à-dire, épouvantables : pas de contrat, pas de sécurité, pas d'horaire fixe, pas de législation du travail... ces hommes sont corvéables à merci.

Visionner la 2nde partie de la séquence.

La consigne serait de commenter la confrontation entre le contremaître et Ernesto Guevara.

Les élèves expliciteraient l'attitude d'Ernesto Guevara qui reflète une prise de conscience de l'exploitation de l'homme par l'homme. Ernesto ne peut plus taire son indignation face au mépris avec lequel sont traités ces Indiens (A Ernesto le da rabia... A Ernesto le indigna... ). Le juron qu'il laisse échapper et le jet de pierre laissent présager son futur engagement au service de la révolution.

2. Suggestions pour un travail linguistique

Le lexique lié au monde du travail :

El capataz

Contratar

Elegir

Designar

Un peón

Ganarse la vida

Ganar dinero

Cobrar un sueldo

Crear / suprimir empleos

La legislación laboral

El coste de producción....

L'impératif :

apúrense

apúrate

vamos

andando

Les tournures personnelles du type GUSTAR :

A Ernesto le da rabia ...

A Ernesto le da asco...

A Ernesto le entran ganas de....

Le subjonctif présent :
El capataz le pide que...

El capataz les ordena que...

El capataz le impide a Ernesto que...

Los indios esperan a que el capataz los contrate

Los indios esperan a que el capataz los elija

3. Un projet pédagogique

Rappel : il serait souhaitable que l'étude de cette séquence soit précédée par celle de la peinture murale de Diego Rivera El Ingenio qui renvoie à l'époque coloniale et qui permettrait une comparaison entre la situation des Indiens au XVIe siècle et au XXe siècle. Cette séquence permettrait aussi le réemploi du lexique qui renvoie au travail.

Cette séquence, en classe de 1ère, renvoie à l'étude des « relations de pouvoir dans la société hispanique », à l'étude des « modalités d'exercice de la « domination ». Elle est également l'occasion d'aborder « la question indienne ».

Cette séquence permet de travailler (ou de retravailler) le lexique lié au travail, et les formes syntaxiques liées à la domination ( El capataz exige que... pide que...).

On pourrait envisager au cours suivant d'étudier un document qui montre que les Indiens d'Amérique du Sud prennent leur destin en main, puis un document sur la Bolivie et l'élection dès le premier tour le 18 Décembre 2005 de Evo Morales, indien aymara.

4. Fixation des connaissances

Faire écrire le vocabulaire qui renvoie à l'attitude et à la situation des Indiens et le vocabulaire lié au travail.

Faire écrire :

- El capataz les pide a los indios que suban al camión como si fueran mero ganado.

- El capataz le pide a Ernesto que se vaya antes de que llame al guarda para que lo encierre.

5. Evaluation

Travail à faire à la maison :

Che Guevara escribió : « Deja que el mundo te cambie y podrás cambiar el mundo ». ¿ Qué relación se puede establecer entre esta frase y la secuencia de la mina de Chuquicamata que estudiamos en clase ?

IV. Activités complémentaires et annexes

Exercices

Réécrire les phrases suivantes au style direct :

El capataz te dice que te apures, que subas al camión y que te des prisa. Te dice también que te calles, que no protestes y que no digas nada.

El capataz os dice que os levantéis, que os acerquéis rápido y que trabajéis hasta el anochecer.

Références utiles :

- La tumba del relámpago Manuel Scorza, 1978

- Redoble por Rancas, Manuel Scorza

- les textes de Luis Sepúlveda dont on trouve de nombreux extraits dans les manuels

- Los abogados del dólar, Pablo Neruda. Canto general , 1950

- La Anaconda Copper Mining Company, Pablo Neruda. Canto General, 1950

- la peinture murale de Diego Rivera (Mexique) El Ingenio

- le tableau de David Alfaro Siqueiros (Mexique) Accidente en la mina

- la peinture de Guzman de Rojas (Colombie)

- La cantata de Santa María de Iquique (Chile) chantée par les Quilapayun, 1970.

V. Transcription des dialogues de la bande son

Rappel : cette transcription vous est proposée comme une aide à la préparation du cours et non comme un texte à faire étudier aux élèves.

Le contremaître : Tú...

tú también..

tú también el de al la'o (=lado)

tú... tú... tú ...tú...

tú no....el de al la'o...

rápido, más rápido,rápido

.......

apúrense muchachos

y tú... tú también...

el de arriba...

vamos....

tú también... tú

vamos... rapidito

amos... andando

tú... tú...

el de atrás

tú también

éste

el de arriba, vamos

también tú

apúrense muchachos

apúrense

apúrense

apúrense

¡ arriba... en el camión !

los demás p'ra la casa

¡ fuera !

Apúrate... apúrate...

Rapidito

Vamos

Ya... ya ... arriba... arriba 

¿ listo este camión?

OTRO : Ok

LE CONTREMAÎTRE : Éste va en el otro camión

OTRO  : ¿ Estamos listos ?

LE CONTREMAÎTRE : Sí vamos

Ustedes dos ¿ qué hacen aquí ? »

ERNESTO : Nada, estamos mirando. 

LE CONTREMAÎTRE  : ¿ Mirando qué ? ¡Huevón! Esto no es nada una atracción turística... ¡ fuera !.

ERNESTO: ¿ Usted no se da cuenta de que esta gente tiene sed ? ¿Por qué no le da un poco de agua?¡carajo! ¡Eh! ¡Eh!

LE CONTREMAÎTRE  : ¡ Eh ! ¡ Eh ! (...)

antes que llame a Seguridad para que te encierre ¡huevón !.

ERNESTO : ¿ Por qué ?

LE CONTREMAÎTRE  : Invasión de propiedad privada. Esto es territorio de la Anaconda Mining Company.

... ya... andando.

ERNESTO : ¡ Hijo de puta !

 

 
 
 
 
   
     
 
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