Parcours Pédagogique Multimédia

Machuca enseña la villa a su amigo


Auteur du PPM : Florence Henry, Lycée Raspail, 75014 Paris
Durée : 3 min.
Année : 2004
Classe : 2nde
Référence : Mon ami Machuca de Andrés Wood

Mots clés : Amistad / miseria / villa miseria

 

I. Résumé de la séquence


Santiago du Chili, 1973, sous Allende.
Bien que d’origines sociales totalement opposées, Pedro Machuca et Gonzalo Infante, 11 ans, sont devenus amis. Gonzalo raccompagne Pedro chez lui sur sa bicyclette d’enfant riche. Arrivés aux portes du bidonville, les deux garçons se séparent, mais finalement, Pedro décide de faire découvrir à son nouvel ami l’endroit misérable où il habite.
La séquence se situe entre 33min. 20s. et 36min. 20s.

Intérêt de la séquence

L’amitié entre les deux garçons semble transcender les différences sociales. Malgré la misère de leur condition, Pedro, sa mère et tous les habitants du bidonville offrent une image du bonheur.

Intérêt technique

La découverte du bidonville se fait grâce à la technique de la caméra subjective : nous voyons ce que voit Gonzalo et nous étonnons de ce qui l’étonne. D’où les nombreux mouvements de caméra qui accompagnent le périple à vélo des deux garçons.
L’alternance champ / contre-champ nous permet de ne pas perdre de vue l’étonnement de Gonzalo : nous le voyons regarder, puis nous voyons à notre tour ce qu’il regarde


Point de vue adopté par le cinéaste

Il est clair que dans cet autre monde que Gonzalo ignore, les rôles sont inversés : c’est l’enfant pauvre qui guide l’enfant riche, ce sont les femmes qui travaillent, et ce n’est pas l’argent qui fait le bonheur.
La séquence nous offre une vision idyllique d’un bidonville en pleine effervescence où la communauté semble animée d’une véritable fièvre constructrice, galvanisée par l’espoir d’un avenir meilleur.

II. Découpage

1. La frontière entre deux mondes (plans 1 à 11 : 0min. 56s. )
Gonzalo raccompagne Pedro chez lui à vélo. Ils traversent les faubourgs de la ville puis s’arrêtent à une distance respectueuse du bidonville. Les deux garçons se séparent, mais après une hésitation, Pedro rappelle Gonzalo et lui dit de venir avec lui.


2. Découverte du bidonville (plans 12 à 19 : 1min. 7s.)
Après avoir pris le guidon, Pedro fait traverser le bidonville à son ami. Parmi la foule qui travaille, ils croisent la mère de Pedro.


3. Le goûter chez Machuca (plans 20 à 30 : 0min. 57s.)
Les deux garçons prennent la « once » chez Machuca. L’intérieur misérable de la baraque semble impressionner Gonzalo qui demande à sortir pour aller aux toilettes.


III. Suggestions d'exploitation pédagogique

Rappel : il ne saurait y avoir de démarche unique, nous ne faisons que proposer quelques pistes possibles.

1. Activités proposées

Avant de visionner la séquence, on précisera aux élèves que la scène se passe à Santiago du Chili (que l’on prendra soin de faire situer), en 1973.
Avec une classe de 2nde, on laissera délibérément de côté l’aspect historique de la séquence pour s’intéresser davantage aux relations entre les personnages et à la vision qui nous est donnée d’un bidonville.
Il est évident que cette séquence pourrait donner lieu à une exploitation différente en classe de Première ou de tale.
 
Dans un premier temps on passera la séquence en entier et on laissera les élèves réagir.
Dos amigos van a casa de uno de ellos que vive en un barrio miserable de las afueras de la ciudad de Santiago.
Si nécessaire, on donnera la traduction de bidonville et l’on demandera aux élèves de savoir définir ce terme en espagnol.

Dans un deuxième temps, on repassera la séquence en entier en donnant comme consigne d’observer attentivement les deux garçons et de repérer tout ce qui les différencie. On pourra en tirer des conclusions sous forme d’hypothèses.
Éventuellement, on pourrait diviser la classe en trois groupes et demander à un groupe de s’attacher à décrire plus particulièrement les traits physiques des garçons, à un autre groupe leurs vêtements et au troisième groupe leurs attitudes. Pedro es moreno, de pelo y ojos negros mientras que Gonzalo es pelirójo de ojos marrones y piel lechosa con pecas.

 
Pedro será de origen indio mientras que Gonzalo será de origen europeo.
Gonzalo viste de uniforme: lleva chaqueta, camisa, corbata y pantalón de franela mientras que Pedro está vestido con un simple pantalón de algodón y un jersey de lana desgarrado.
Gonzalo será de clase alta mientras que Pedro será de origen humilde.
Pedro es radiante y desafiante mientras que Gonzalo parece atemorizado e incómodo.
Gonzalo nunca habrá entrado en una villa miseria y estará muy asombrado por lo que va descubriendo.

Après avoir clairement repéré toutes ces différences, on insistera sur l’amitié qui semble unir malgré tout les deux enfants.
On repassera la première partie de la séquence en demandant aux élèves de relever les indices de cette amitié.

Gonzalo lleva a Pedro a su casa.
Ambos montan en la misma bici.
Parecen felices juntos.
Al separarse de Pedro, Gonzalo se pone triste.
Bien se ve que quisiera quedarse con él.
Primero, Pedro no quiere que su amigo vea dónde vive, pero al fin y al cabo, decide invitarlo en su casa porque tiene confianza en él.
Gonzalo se pone muy contento cuando su amigo le dice que venga con él.

 

On pourra passer les deux dernières parties, ensemble ou en deux temps, en donnant comme consigne aux élèves de dire tout ce qui les surprend dans cette villa où vit Pedro et tout ce qui est différent des villes où nous vivons.


Me sorprende que no haya calles asfaltadas ni aceras.
Me extraña que las casas sean de tablas de madera o de hojalata.
No habrá luz ni agua corriente.
¿Cómo será posible que la casa de Pedro no tenga ventanas de vidrio, que el piso sea de barro y que el baño esté fuera ?
Me asombra que los habitantes del barrio estén construyendo ellos mismos sus propias casas.

Enfin, on repassera une dernière fois la séquence en entier après avoir fait remarquer que le plus surprenant est sans doute l’impression de bonheur qui se dégage de cette séquence malgré la misère qui nous est montrée.
On demandera aux élèves de relever tout ce qui donne cette impression de bonheur.


A pesar de su miseria, los habitantes de la villa parecen felices: los niños están jugando al fútbol, los adultos, en mayoría mujeres, están trabajando juntos, todos están sonriendo y parecen alegres.
Hasta las numerosas banderas chilenas que cuelgan de las casuchas muestran que sus habitantes se sienten orgullosos de ser chilenos a pesar de sus pésimas condiciones de vida.
La madre de Pedro, joven, hermosa y simpática, contribuye a ofrecer una imagen muy positiva de los habitantes de la villa.
La bella luz de la tarde andina vuelve luminosos tanto la villa como sus habitantes.
También la música alegre subraya la impresión de felicidad que se desprende de este momento.


2.  Suggestions pour un travail linguistique

- L’emploi de la préposition de
- pour caractériser (ser de clase alta / ser de ojos negros)
- pour indiquer la matière (casas de cartón / tejados de hojalata / calles de tierra / ventana de vidrio / pantalón de franela...)


- L’expression de la surprise et de l’incrédulité
ME SORPRENDE QUE + SUBJ / ME EXTRAÑA QUE + SUBJ / ME ASOMBRA QUE + SUBJ / NO SERÁ POSIBLE QUE + SUBJ
Savoir expliciter la surprise en relevant les contradictions grâce aux expressions :
A PESAR DE ou SIN EMBARGO

Son pobres y sin embargo son felices.
A pesar de ser pobres son felices.

3. Un projet pédagogique

L’étude de cette séquence peut s’inscrire dans le programme de 2nde : Vivre ensemble en société, et en particulier au sein d’un travail sur la ville et la distribution de la population en zones : le quartier, témoin de la stratification sociale, le cadre de vie, le logement. Le bidonville montré ici est un exemple de ces nombreuses « ceintures de pauvreté » que l’on trouve malheureusement dans la plupart des mégalopoles latino-américaines comme l’indique la multitude de mots qui existent en espagnol pour les désigner : villa en Argentine et au Chili, Ciudad perdida au Mexique, ranchitos au Vénézuela, chabolas, barriadas , pueblos jóvenes ailleurs…
D’autre part, l’amitié entre les deux garçons est un bon exemple de ces valeurs sociales et humaines qui créent le lien social.
Sur le plan lexical, l’étude de la séquence permettra donc de revoir le vocabulaire de la ville et du logement :

la villa / el barrio / las afueras / las calles asfaltadas / las aceras / el muro / el tejado
la casa / la casucha / La puerta / la ventana / el piso / la pared / el baño

4. Fixation des connaissances


Me extraña que los habitantes de la villa sean tan felices a pesar de vivir en la miseria. Sus casas son de cartón o de hojalata y no tendrán luz ni agua. Sin embargo parece que los vecinos de Machuca tienen fe en el futuro.


5. Evaluation


Al volver a su casa, Gonzalo decide escribir una carta a un periódico nacional para denunciar las pésimas condiciones de vida de su amigo y sus vecinos.
Escribe la carta expresando tu sorpresa y tu incredulidad respecto a lo que acabas de ver.

IV. Activités complémentaires et annexes

1. Exercices

¿ De qué es ?

Una casa de Algodón
Una calle de Vidrio
Un pantalón de Cartón
Una ventana de Hojalata
Un tejado de Madera
Una tabla deasfalto

Completa libremente :

Me sorprende que Pedro…
Me extraña que las casas...
Me asombra que el baño...
¿Cómo será posible que...?


Selon le modèle :
Son pobres y sin embargo son felices = A pesar de ser pobres son felices


Dire autrement :
Tiene hambre y sin embargo no come nada.

Está cansada y sin embargo sigue trabajando.

Son amigos y sin embargo no tienen nada que ver.

Trabajan duro y sin embargo están sonriendo.

Malviven en su país y sin embargo están orgullosos de él.

2. Annexes


On trouvera dans le livre d’Isabel Allende Mi país inventado (2003) une description intéressante de la ville de Santiago.
Le roman de César Aira La Villa (2001) nous offre une vision passionnante d’un bidonville de Buenos Aires.
Le roman de Bryce Echenique Un Mundo para Julius, dont on trouve de nombreux extraits dans les manuels scolaires (« ¡Los pobres, darling ! »), traite de la même problématique que cette séquence dans une autre des grandes mégalopoles latino Américaines : Lima.

V. Transcription des dialogues de la bande son

Rappel :cette transcription vous est proposée comme une aide à la préparation du cours et non pas comme un texte à faire étudier aux élèves.

PEDRO : Gracias por todo. Nos vemos.
GONZALO : Oye si quieres te llevo hasta tu casa.
PEDRO : No gracias. Aquí está bien.
PEDRO : ¿ Puedo manejar ?
GONZALO : ¡ Dale !
PEDRO : ¡Hola mami ! Traje a un amigo.
MADRE : Váyanse para la casa que vamos a tomar la once.
PEDRO : Te esperamos allá.
MADRE : ¿ Qué les pasa que están tan callados ? ¿ No tiene hambre ?
GONZALO : No gracias. ¿Que no hay baño?
PEDRO : ¡ Cómo que no hay baño !
MADRE : Ahí, ahí, esa casita que está ahí, ahí está el baño. Pedro acompáñale, acompáñale.
PEDRO : No se preocupe, puede ir solo.
MADRE : Pasa, pasa la taza. Simpático tu amigo. ¿ Por qué no lo habías traído antes ? A ver, límpiate, límpiate, ahí, ahí.

 
 
 
     
     
 
© CRDP de l'académie de Paris
Mars 2006 - Tous droits réservés