Canopé de l'académie de Paris

Comité de Lecture Jeunesse du Canopé de Paris

Le Comité de Lecture de Littérature Jeunesse vous propose ses chroniques





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Comme des images

30 mars 2014

Critique

- Avis : En commençant l’histoire par la fin, en la déroulant sur une journée Clémentine Beauvais donne à son récit un véritable suspens. Il faut que Léo tienne bon. Qu’elle affronte les sarcasmes, les insultes, les non-dits de tous ceux qu’elle va croiser tout au long de cette journée. C’est à ce prix qu’elle retrouvera sa dignité. Parce que dans ce lycée prestigieux on ne plaisante pas avec ces choses là. Ici c’est le travail avant tout. Une journée pour régler cette regrettable affaire c’est bien suffisant. L’important c’est de penser à l’avenir et à la première S de l’an prochain. Clémentine Beauvais dresse un portrait redoutable des adolescents des beaux quartiers. Ils seront tous avocats, chirurgiens ou chefs d’entreprise puisque dans la famille il en a toujours été ainsi. Bien que Léo reconnaisse s’être elle-même filmée, cette vidéo n’était pas sensée se retrouver sur Youtube ou Facebook. Une fois de plus les réseaux sociaux sont mis en cause. Quelle part d’intimité peut-on y dévoiler ? Que faire en cas de violation délibérée de son intimité ? Comment Léo va-t-elle s’en sortir ?Jusqu’à la fin le lecteur croit le savoir. Pourtant il se trompe, l’auteure a choisi de brouiller les pistes pour le surprendre. Un roman qui met en scène des adolescents déshumanisés par leur milieu social. Un regard sur la vie qui changera peut-être les idées reçues. Même s’il est certainement plus facile d’accéder à une place dans la société venant d’un tel milieu, les difficultés, existent à d’autres niveaux.

- Appréciation : recommandé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mars 2014

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Mon plus grand combat

15 février 2014

Critique

- Avis : Flo Jallier dresse un très beau portrait de son héroïne. Tara aurait pu écouter les médecins et profiter de toute l’attention de ses parents pour se laisser vivre. Non elle refuse d’écouter son corps et se laisse guider par ses envies. Être la plus forte dans ce sport de combat c’est lutter contre son corps, prouver qu’elle est comme tout le monde. Ambitieuse Tara se noie dans la boxe. Elle devient la meilleure. En réalité si Tara sort victorieuse elle a perdu beaucoup d’elle même dans ces combats. Avec beaucoup de subtilité Flo Jallier utilise la métaphore de la boxe pour mettre Tara face à la réalité de la vie. Avec sa défaite Tara réalise que depuis quinze ans elle a refusé de se regarder, de se construire, de s’aimer. A vouloir être la meilleure elle en a oublié d’être elle-même. Elle comprend à présent que son combat continue mais autrement. L’exigence de la boxe lui a donné la force, la persévérance et l’exigence d’aller au bout d’elle- même. Elle va mettre à profit ces qualités  pour se construire en regardant les autres qui l’aiment comme elle est.

- Appréciation : Recommandé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : février 2014

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Zelda la rouge

27 novembre 2013

 

critique

- Avis : Comme personne, Martine Pouchain sait donner à ses personnages autant de caractère que de présence. Cette fois encore les personnages de son roman emportent le lecteur par leur courage et leur détermination. Deux héroïnes se partagent les chapitres. Courageuse, clouée sur son fauteuil roulant Zelda a très vite choisi de vivre avec tout ce que son handicap lui permettait de faire. Déterminée sa sœur Julie a décidé de tout faire pour retrouver le chauffard qui a fait basculer la vie de Zelda. Autour des deux sœurs les colocataires donnent au récit une ambiance particulièrement chaleureuse. Des liens se tissent, des amitiés se nouent, des amours timides se révèlent. Efficace, captivant de bout en bout, le roman de Martine Pouchain est une belle leçon de vie.

- Appréciation : Coup de coeur

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : novembre 2013

 

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Je suis sa fille

18 septembre 2013

 

Critique

- Avis : Elevée par son père Joan et lui sont très complices. Ils partagent l’amour des western et du hard rock. Avec le chômage de son père, Joan aujourd’hui adolescente, découvre la cruauté du monde, l’injustice du grand capital. Elle comprend que son père a toujours fait en sorte de toujours lui faciliter la vie, de regarder pour elle l’avenir avec optimisme. Elle est donc persuadée que c’est pour elle qu’il a braqué la banque, pour quelle ne manque de rien. Pour que tout soit comme avant son licenciement. Joan décide donc de venger son père et trouve le soutien de son ami de toujours Hugo. Tout au long du périple qui va les mener à Nice. Hugo et Joan vont faire des rencontres. Il y aura Blanche malmenée par la vie. Vasco  parti non pas à la poursuite de son frère Hugo  mais pour récupérer sa Ford Mercury, son trésor. Le roman de Benoît Minville est un vrai bonheur. Chacun de ses personnage est essentiel à l’histoire. A chacun son rapport à la vie. Tels des souvenirs, les moments que Joan a partagés avec son père lui reviennent. L’auteur les traduit en voix intérieure, sensible et émouvante. Grâce au talent d’écriture de Benoît Minville, le lecteur est du voyage ! Rejoignez-les sans attendre avec cet incontournable roman de rentrée .

- Appréciation : Coup de coeur

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : Septembre 2013

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Tifenn : 1 Punk : 0

25 mai 2013

 

Critique

- Avis : Geoffrey est un écorché vif. Il ne s’est jamais remis de la mort de ses parents. Il a refusé l’amour de ses parents adoptifs. Même dans la musique son mal être le poursuit. Il fuit la vie à travers l’alcool et l’errance des tournées. Tifenn est équilibrée. Ses parents attentifs lui laissent  vivre son adolescence avec suffisamment de liberté qu’elle partage avec ses amis du lycée. Un jour sa main ne répond plus ses jambes tressautent sans qu’elle puisse les contrôler. Les crises de cette maladie nerveuse la paralyse de plus plus souvent. Elle se remémore le passé,  et tout revient. C’est sous la forme d’un journal intime que Tifenn se confie au lecteur. Vincent Mondiot fait de la maladie un troisième personnage. Alors que la mort de ses parents ne l’a pas affecté, sa maladie la déstabilise. Et tout à coup elle réalise pourquoi son frère est parti très vite et ne donne presque jamais de nouvelles. Les relations entre le frère et la sœur sont tendues. L’auteur arrive avec beaucoup de justesse à faire ressentir le malaise de chacun. Comme un road-movie le roman emporte le lecteur à travers un univers grinçant. Les personnages eux en sortent grandis peu à peu ils arrivent à dompter leurs peurs et leurs rancunes.  

- Appréciation : Pourquoi pas ?

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mai 2013

 

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Sur la tête de l’amour

25 mai 2013

 

Critique

- Avis Un décor qui pourrait très bien tourner au cliché mais pas du tout. La cité est telle qu’elle est bien sûr, c’est pas le paradis mais c’est pas non plus l’enfer. Le point commun des personnages principaux c’est la langue. Comment transcrire ses états d’âmes comme la réalité de la vie à travers les mots avec justesse, émotion, violence, sans jamais trahir la vérité du moment. C’est justement la force de ce roman car l’auteur n’en finit pas de nous secouer par le style de son écriture aussi directe que  percutante, aussi soignée que poétique. On y ressent pêle-mêle, la détresse, le bonheur, la solitude, la contrainte, l’amitié, la chaleur familiale.  Un roman qui ne vous quitte pas comme ça, même une fois terminé.

- Appréciation : Coup de coeur

- Nome du critique : Sophie Audouard

- Date : mai 2013

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Frangine

25 mai 2013

 

Critique

- Avis : Avoir deux mères ou deux pères la société le vit déjà mais est-elle prête à l’accepter vraiment ? A  trouver normal qu’une famille ce soit aussi des gens qui s’aiment autrement. On l’a vu avec les manifestations contre le mariage homosexuel, la société se cache souvent derrière une normalité biologique pour échapper à l’évolution qu’elle a jusque là refusée de voir. Ce roman contextualise les situations dans leur véritable réalité : la différence dérange. Joachim a trouvé la force de ne plus répondre aux railleries de ses camarades il y a bien longtemps. Aussi s’étonne-t-il de voir sa sœur effondrée par les insultes, incapable d’y faire face. Elle refuse son aide car elle sait que toujours elle sera confrontée à l’homophobie des autres. Que c’est elle seule  qui doit trouver la force d’y répondre pour faire tomber les préjugés. Voilà pourquoi ce roman est intéressant, même si certaines de ses situations sont convenues. Les personnages sont attachants. Il a surtout le mérite de rappeler que la différence dérange alors qu’elle peut aussi être une vraie richesse. Pauline comme Joachim sont sortis grandis de cette épreuve et nous font comprendre que l’amour va bien au-delà d’une quelconque normalité.

- Appréciation : Recommandé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mai 2013

 

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La drôle de vie de Bibow Bradley

3 décembre 2012

 

Critique

- Avis : Un roman étonnant, drôle, déroutant, captivant, soutenu de bout en bout par un personnage qui n’a aucune ambition. Il connaît déjà sa destinée. Une vie tout à fait quelconque dans une petite ville au milieu de nulle part. Bibow ne revendique rien à condition « qu’on lui foute la paix ». Ce personnage fait exploser le roman d’Axl Cendres. Avec lui elle trouve le ton juste parce qu’elle écrit comme il parle. Comme son personnage, l’air de rien elle interroge sur la guerre, la politique, le racisme, la guerre froide, les hippies, la CIA… Avec Bibow, Axl Cendres captive le lecteur jusqu’au bout de son récit. Va-t-il enfin de réveiller ? Oui mais pas comme on pourrait le croire. Bibow reste lui-même jusqu’à la fin. L’auteur lui garde sa nonchalance, son manque d’enthousiasme et son regard détaché de la vie. Un roman intelligent qui mêle avec beaucoup de subtilité et d’humour la vie déconcertante d’un homme ordinaire.

- Appréciation : Coup de coeur

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date: novembre 2012

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Bras de fer

3 décembre 2012

 

Critique

- Avis : Les personnages, sont la force du roman de Jérôme Bourgine. Madeleine la mère, aimante et effacée. Elle fait semblant de ne rien voir mais elle est là. Louis, le père connaît tous les combats des grèves ouvrières. Syndicaliste, sa fièreté, ne jamais jeter l’éponge, rester debout malgré tout.  Leila, elle aime Julian. Elle est prête à tout pour lui malgré les pressions de sa famille qui voyait une autre vie pour elle. Une vie de femme soumise comme il est de tradition dans sa culture. Les soi-disant copains, les paumés, qui entraînent Julian dans le gouffre de la drogue. La convivialité de la seringue, le partage de la dose n’a qu’un temps ; celui de la dépendance. Alors qu’au début les lignes de coke aidaient Julian à faire avec la perte de son bras. Sa vie devient très vite un enfer ;celui de trouver chaque jour la dose délivrance. il est prêt à tout. Il perd pied, il perd tout . Il perd ceux qui l’aiment ceux qui ont tout fait et ne peuvent plus rien pour lui. Comment vivre le handicap après une vie valide ? Quel amour, quelle force faut-il pour aider l’autre sans jamais se décourager. Les relations qui se nouent  entre ces quatre personnages portent le récit avec beaucoup de conviction et de réalisme. Il y a bien longtemps qu’un roman adolescent n’avait pas traité le sujet de la toxicomanie avec autant de force et de vérité. Un roman douloureux mais une belle réussite !

- Appréciation : Recommandé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : novembre 2012

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La peau d’un autre

12 novembre 2012

 

Critique

- Avis : Dans un silence intérieur une fois la situation mise en place chaque personnage va revivre son passé. Petit à petit, le récit nous dévoile leur enfance. Pour Anna c’est le rejet de sa mère la douleur de ne pas avoir été aimée. Pour P. c’est la couleur de peau, malédiction de la naissance, la douleur de ne pas être comme les autres. Ils sont maintenant là face à face et peut-être se comprennent ? Les enfants aussi réagissent, Nicolas autiste supporte très mal cette tension qu’il palpe derrière son mur. Manon malgré sa peur ose s’approcher et sans parler dessine un espace pour lui, un espace pour eux. Sorte de compromis pour jouer malgré tout et supporter l’attente puisqu’on ne sait pas pourquoi il est là. L’auteur met en scène avec une grande habileté et un sens précis du drame ces différents personnages condamnés à rester ensemble dans un espace clos. Il met le doute chez le lecteur, lui faisant sans cesse espérer une issue bonne ou mauvaise. P. abandonnant toute volonté de vengeance se rendra peut-être ? Anna trouvera-t-elle finalement le moyen de communiquer avec lui pour le ramener à la raison ? Et pourquoi pas Manon ? Cette incertitude est soutenue par  une écriture brillante qui donne à ce roman une force peu commune. A lire absolument !

- Appréciation : Coup de coeur

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : novembre 2012

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