Canopé de l'académie de Paris

Comité de Lecture Jeunesse du Canopé de Paris

Le Comité de Lecture de Littérature Jeunesse vous propose ses chroniques





Recherche dans la rubrique 'D’une seule voix'

Highline

3 mars 2015

 

Critique

- Avis : Le calcul est vite fait. Un peu plus de 5 minutes pour faire la traversée. Mais avant il faut se décider à monter sur la sangle. Faire comme si. Retrouver les sensations de l’entraînement. Garder les mêmes gestes. Reprendre les mêmes attitudes. Entrer dans le vide en esprit… Tout au long du roman Charlotte Erlih nous fait véritablement partager les sentiments du narrateur. Nous sommes sur la slackline, nous traversons. Avec des mots sublimement justes et précis elle déroule le temps, l’angoisse, le vide. Tenu par le narrateur, le  lecteur est pris de vertige. Incapable de regarder ailleurs, il fixe la page, les mots. A  aucun moment l’intensité ne se relâche. La lecture est pénible autant que la traversée est périlleuse. Rarement un auteur n’a su comparer le vide au doute, le désespoir  au questionnement existentiel, l’espoir à l’incertitude comme à su le faire Charlotte Erlih. Que peut-on dire ? Ce roman était fait pour la  collection d’une seule voix ou cette collection faite pour ce roman ? Ce qui est certain c’est qu’il est à retenir comme une pépite de  la collection.

- Appréciation : Coup de coeur

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mars 2015

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Tout foutre en l’air

3 mars 2015

 

Critique

- Avis : L’incompréhension est le mur le plus infranchissable pour un adolescent. Sa solution pour le franchir c’est la plupart du temps le repli sur soi, le refus de communiquer. Le danger de cette attitude c’est la rencontre du pareil à soi. Et avec les réseaux sociaux la probabilité de cette rencontre est aujourd’hui décuplée. Enfin quelqu’un à qui s’identifier, enfin quelqu’un pour se prouver qu’on existe et qu’on a raison. Tous ces ingrédients sont autant de personnages et de situations dans le roman d’Antoine Dole. Le  pourquoi du mal-être de l’adolescente reste un mystère puisque son roman commence par sa fuite en avant. Rien ne la retient plus. Elle est déterminée. Peu à peu elle se rend compte que ce garçon rencontré sur le net n’est pas ce qu’elle attend. Qu’il ne répondra pas à son angoisse. Que ce qui les unit n’a rien à voir avec l’amour. Que sa solution à lui n’est pas sa solution à elle. Alors elle s’interroge à haute voix intérieure. L’auteur réussit cette introspection en donnant du caractère et du courage à son personnage. Les années ont passé. Mariée et mère de famille l’héroïne est à présent consciente de la valeur de la vie. Dommage que cet épilogue par trop moralisateur termine le roman. Il en a de ce fait moins de crédit.

- Appréciation : Pourquoi pas ?

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mars 2015

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Cheval océan

29 octobre 2014

 

Critique

- Avis : Sans ménagement Stéphane Servant donne à son héroïne la fureur du désespoir. Jusqu’à la fin du roman, il tient son secret enfoui tout au fond des mots qu’elle hurle. Angela est seule, sans soutien, abandonnée de tous depuis que sa vie à basculé. Son amie Naïma a pris le voile et se détourne. Benjamin à qui elle se confie la quitte. Ses parents ne veulent pas croire à cette évidente vérité. Sa grand-mère qu’elle vient d’enterrer lui manque cruellement.  Fuir et tout quitter Angela n’a trouvé que cette solution.  De son monologue face à l’océan l’auteur fait jaillir la rage de vivre, la volonté de choisir. Stéphane Servant détourne son propos en autant de questions aux lecteurs sur le regard des autres, le rejet et l’humiliation, la force de l’amitié, la honte, l’incompréhension familiale. Prend-il aussi le parti de n’accorder aucune fin à l’histoire d’Angela ? On peut le croire. Mais il n’est pas non plus interdit d’espérer, même si on porte en soi et pour toujours une intolérable blessure.

- Appréciation : Recommandé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : octobre 2014

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Cassée

7 mai 2014

 

Critique

- Avis : Comme toujours dans cette collection le personnage principal s’adresse au lecteur. Il lui fait tout partager. D’abord les douleurs affreuses du bras cassé. Puis les contraintes de son immobilité obligée.  Enfin la frustration de ses vacances gâchées. Mais Lily n’est pas une héroïne attachante bien au contraire. L’auteure lui a donné beaucoup de défauts, capricieuse, orgueilleuse, impatiente, égocentrique. Bref, Lily ne pourra pas compter sur l’empathie du lecteur. Il n’aura pas non plus envie de s’identifier à elle. Entourée d’une mère protectrice, aimante et compréhensive Lily est le type même de l’anti héroïne. Mais ce simple bras cassé ne va pas uniquement bouleverser son petit confort. Peu à peu, Lily change son regard sur les autres et particulièrement sur son petit frère Jim qui n’a d’yeux que pour elle. Jusque là Jim n’avait pas vraiment de place dans sa vie. Sa convalescence est l’occasion d’une prise de conscience du handicap de ce frère qu’elle aime bien entendu mais sans vraiment le comprendre. En faisant de son personnage principal  une anti héroïne, Frédérique Deghelt donne du relief et surtout du recul à la réflexion sur le handicap. Une belle leçon de vie et d’humilité.

- Appréciation : recommandé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mai 2014

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Pas couché

7 mai 2014

 

Critique

- Avis : Quelle est la limite à ne pas franchir pour rester amis ? On est heureux, on rit beaucoup, on ne se fait jamais de mal. C’est pour Manon la différence entre l’amour et l’amitié. Cathy Ytak réussit un très joli texte sur l’amitié entre filles et garçons. Comme c’est le propre de cette collection, l’héroïne se confronte au lecteur dans un long monologue. Persuadée de la nature de ses sentiments envers Timothée elle se rassure tout en s’interrogeant sur le désir, l’attirance, les raisons d’une relation intime. L’attitude de Timothée remet en cause ses certitudes tout en les clarifiant. A l’âge où la différence entre les filles et les garçons prend un autre regard, où la naissance du sentiment amoureux interroge, le texte de Cathy Itak donne du sens au questionnement de Manon. Les adolescents filles comme garçons pourront s’en emparer. Tendre et réaliste, ce roman traduit la volonté de cette collection de ne pas passer à côté de la vie. Relookée de belle manière avec beaucoup de subtilité et de finesse la collection d’une seule voix est repartie pour continuer c’est certain à ravir plus d’un lecteur!

- Appréciation : Recommandé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mai 2014

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Je suis un arbre

10 octobre 2013

 

Critique

- Avis : Si sa mère ne s’est jamais occupée d’elle, Fleur le sait elle l’aime. Elle sent que cet amour qui les lie est la seule issue du malaise de sa mère. Elle se sent responsable de cet espoir de guérison. Elle ne doit pas lâcher. Mais qu’il est difficile d’être la mère de sa mère ! Louna vit avec son père. Depuis que sa mère est partie il travaille la nuit, mange sans l’attendre, s’endort devant la télé. Ils ne partagent rien et à s’occuper des taches ménagères Louna se sent bonniche plutôt que fille. La difficulté du quotidien, la relation parentale inversée, la volonté de s’en sortir malgré tout, voilà ce qui rapproche les deux adolescentes. Fleur et Louna ont une réflexion peu commune sur la vie. Loin de l’insouciance adolescente , elles ont la maturité des écorchées de la vie. Un magnifique roman sur l’amour filiale et l’amitié.

- Appréciation : Coup de coeur

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : octobre 2013

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Mal fringuée

10 octobre 2013

 

Critique

- Avis : Susie Morgenstern déballe sans retenue des épisodes de son enfance et de son adolescence. Elle nous fait partager avec bonheur des moments drôles comme  le confort des petites culottes, son irrésistible envie de Bikini,  la couleur beigeasse des chaussures que sa mère avait consenti à lui acheter parce qu’elles étaient soldées. Un florilège cocasse et décapant. Un bol d’air littéraire qui décoiffe !

- Appréciation : Coup de coeur

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : octobre 2013

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Le voyage immobile

3 novembre 2012

 

Critique

- Avis : Anna est désemparée. Sa vie n’est pas ce qu’elle souhaite, toujours les mêmes lieux, jamais d’imprévu. Mais aujourd’hui, après son accident si elle ressasse les mêmes regrets elle a enfin trouvé une raison de se battre, et d’espérer. Ses chances sont minces elle le sait mais elle a du courage et de la ténacité. C’est tout une nuit de courage que l’auteur raconte dans cette nouvelle. Une nuit de souffrance par le geste inlassablement répété. On y croit on y est on espère qu’Anna tiendra bon. Comme beaucoup de nouvelles de cette collection le texte est fort, poignant,  grâce à des mots choisis et un style déterminé. Une nouvelle sur le combat obligé de la rééducation, l’espoir fou d’un vie comme avant. Une vie mieux qu’avant parce que la souffrance fait prendre conscience à Anna ce qu’elle espère de sa vie. Une nouvelle bouleversante et cruelle mais sérieusement optimiste. 

- Appréciation : Recommandé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : novembre 2012

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Sous silence

8 mai 2012

 

Critique

- Avis : Ses parents, le psy, même au collège personne ne comprend pourquoi il ne dit rien, pourquoi il ne dort plus. Pourtant dans le récit de Patrick Goujon ce narrateur n’arrête pas de parler. Il doute, il s’interroge. Toutes les paroles en l’air qu’il a dites, les actes gratuits qu’il a pu faire sans s’imaginer qu’un jour il les regretterait. Tout ce qu’on peut dire ou faire n’est pas toujours sans  conséquences. Un récit interrogateur qui trouve naturellement sa place dans la collection d’une seule voix.

- Appréciation : Pourquoi pas ?

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mai 2012

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Inch’Allah que mon père crève !

8 mai 2012

 

Critique

- Avis : 1960 en Algérie. En même temps que le peuple algérien Fanny réclame son indépendance. Elle est née en Algérie sa famille venue d’Italie y vit depuis trois générations. Mais ses parents ne lui ont pas fait aimer ce pays. Depuis toujours,  méfiance, racisme et préjugés ont façonné son quotidien. Contrairement à son père qui l’a quittée très tôt, l’école est un atout pour elle. Aujourd’hui adolescente elle réfléchit tout haut. Quitter ses parents c’est quitter l’Algérie. Elle imagine son avenir, la France, Paris. La violence du titre dévoile  une prise de conscience amère du passage douloureux de l’enfance à l’adolescence. La dureté des mots d’Anny Cordina traduisent aussi bien la révolte de Fanny que son amour pour ses parents. L’inquiétude et l’espoir qu’elle met en son avenir. Les événements d’Algérie qui entourent en parallèle le récit de Fanny  permettent d’en éclairer le propos avec beaucoup de réalisme.

- Appréciation : Recommandé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mai 2012

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