Canopé de l'académie de Paris

Comité de Lecture Jeunesse du Canopé de Paris

Le Comité de Lecture de Littérature Jeunesse vous propose ses chroniques





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Les Vitalabri

5 mars 2015

 Jean-Claude Grumberg, Ronan Badel. Les Vitalabri.

 

Critique

-    Avis :

Attention, humour noir ! L’errance, destin des peuples sans patrie – on reconnaîtra indifféremment dans les Vitalabri les diasporas juive, tsigane ou rom – est traitée ici d’une plume acerbe, mordante, parfois virulente. L’accumulation des situations ubuesques, l’énormité des clichés égrenés et la mise à nu de l’absurdité administrative dynamitent les politiques d’immigration et étrillent le racisme ordinaire, suscitant un rire presque douloureux. Dans un contexte de questionnement sur les identités nationales et de durcissement des politiques migratoires, une satire bienvenue, mais dont le traitement au lance-flammes nécessitera peut-être un accompagnement des jeunes lecteurs afin de mieux saisir les références historiques et sociales ainsi que les enjeux du propos.

-    Appréciation : Recommandé

-    Nom du critique : Séverine Billot

-    Date : mars 2015

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Oublier Camille

3 mars 2015

 

Critique

- Avis : Croire que cette fois ce n’est pas comme à 10 ans. Croire que l’on vit le vrai et l’unique amour. Croire qu’enfin c’est arrivé et que ça n’arrivera peut-être jamais plus. Ne pas croire ce que dise les adultes sur l’amour. Ne pas pardonner. Vouloir l’exclusivité. Ce sont tous ces sentiments à la fois que découvre Yanis. Alors il est mal dans sa peau. Il décroche à l’école. Il s’isole de ses copains… Un roman un peu trop didactique sur l’amour adolescent. Heureusement pour Yanis, son cousin venu quelques jours en stage, va l’éclairer sur ce sentiment qu’il découvre. Personnage sorti du chapeau de l’auteur pour conclure son roman avec optimisme ? Pas vraiment convainquant. Pas sûr que les adolescents se reconnaissent dans ce roman.

- Appréciation : Pourquoi pas ?

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mars 2015

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Voyage dans la lune avant 1900

3 mars 2015

 

 

Critique

- Avis : Cet album a été édité pour la première fois en 1892. Et comme j’ai la chance d’en posséder un exemplaire original, je me réjouis de la réédition qu’en ont fait les éditions Actes Sud Junior.  Une ouverture frontal de l’album, une mise en page séparant image et texte marquent avec honnêteté la volonté de ne pas imiter la première édition. La fin du XIX ème siècle a vu s’émanciper la littérature a destination des enfants. De nombreux albums ont été édités à cette époque mais malheureusement aujourd’hui il est très onéreux de se les procurer. Merci aux éditions Actes Sud Junior de permettre avec cette réédition un voyage dans le temps de la littérature de nos arrières arrières grands-parents. Pour les collectionneurs je ne résiste pas. Voici un site magique, celui d’une passionnée. Michèle Noret http://www.michelenoret.com/ . Allez à sa rencontre, dans son petit local parisien ouvert sur rendez-vous spécialement pour vous. Si vous retrouvez des albums de votre jeunesse vous pourrez aussi grâce à elle faire un plus grand voyage dans le passé.

- Appréciation : Recommandé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mars 2015

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Highline

3 mars 2015

 

Critique

- Avis : Le calcul est vite fait. Un peu plus de 5 minutes pour faire la traversée. Mais avant il faut se décider à monter sur la sangle. Faire comme si. Retrouver les sensations de l’entraînement. Garder les mêmes gestes. Reprendre les mêmes attitudes. Entrer dans le vide en esprit… Tout au long du roman Charlotte Erlih nous fait véritablement partager les sentiments du narrateur. Nous sommes sur la slackline, nous traversons. Avec des mots sublimement justes et précis elle déroule le temps, l’angoisse, le vide. Tenu par le narrateur, le  lecteur est pris de vertige. Incapable de regarder ailleurs, il fixe la page, les mots. A  aucun moment l’intensité ne se relâche. La lecture est pénible autant que la traversée est périlleuse. Rarement un auteur n’a su comparer le vide au doute, le désespoir  au questionnement existentiel, l’espoir à l’incertitude comme à su le faire Charlotte Erlih. Que peut-on dire ? Ce roman était fait pour la  collection d’une seule voix ou cette collection faite pour ce roman ? Ce qui est certain c’est qu’il est à retenir comme une pépite de  la collection.

- Appréciation : Coup de coeur

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mars 2015

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Tout foutre en l’air

3 mars 2015

 

Critique

- Avis : L’incompréhension est le mur le plus infranchissable pour un adolescent. Sa solution pour le franchir c’est la plupart du temps le repli sur soi, le refus de communiquer. Le danger de cette attitude c’est la rencontre du pareil à soi. Et avec les réseaux sociaux la probabilité de cette rencontre est aujourd’hui décuplée. Enfin quelqu’un à qui s’identifier, enfin quelqu’un pour se prouver qu’on existe et qu’on a raison. Tous ces ingrédients sont autant de personnages et de situations dans le roman d’Antoine Dole. Le  pourquoi du mal-être de l’adolescente reste un mystère puisque son roman commence par sa fuite en avant. Rien ne la retient plus. Elle est déterminée. Peu à peu elle se rend compte que ce garçon rencontré sur le net n’est pas ce qu’elle attend. Qu’il ne répondra pas à son angoisse. Que ce qui les unit n’a rien à voir avec l’amour. Que sa solution à lui n’est pas sa solution à elle. Alors elle s’interroge à haute voix intérieure. L’auteur réussit cette introspection en donnant du caractère et du courage à son personnage. Les années ont passé. Mariée et mère de famille l’héroïne est à présent consciente de la valeur de la vie. Dommage que cet épilogue par trop moralisateur termine le roman. Il en a de ce fait moins de crédit.

- Appréciation : Pourquoi pas ?

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mars 2015

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Jean-Michel et Victoria la fée

19 novembre 2014

 

Critique

- Avis : L’humour est la clé de cet album dont il est déjà paru 4 titres. Inspiré de la BD pour la présentation du texte, les illustrations restent cependant maîtres de la page. Il y en a donc pour tous les goûts dans l’approche de l’histoire. D’autant que le texte comme l’image fourmillent de détails et d’humour.  Être un super-héros ce n’est pas facile. Ici, Jean-Michel est soumis à rude concurrence avec Victoria la fée. Preuve que super-héros n’est pas un métier exclusivement masculin. Heureusement la morale de l’histoire ne se revendique d’aucune théorie du genre.  Grâce à son humour et à ses illustrations pétillantes Magali Le Huche a  plutôt eu la bonne idée de donner à chacun sa place et sa chance. La vraie vie quoi…

- Appréciation : recommandé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : Novembre 2014

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Cheval océan

29 octobre 2014

 

Critique

- Avis : Sans ménagement Stéphane Servant donne à son héroïne la fureur du désespoir. Jusqu’à la fin du roman, il tient son secret enfoui tout au fond des mots qu’elle hurle. Angela est seule, sans soutien, abandonnée de tous depuis que sa vie à basculé. Son amie Naïma a pris le voile et se détourne. Benjamin à qui elle se confie la quitte. Ses parents ne veulent pas croire à cette évidente vérité. Sa grand-mère qu’elle vient d’enterrer lui manque cruellement.  Fuir et tout quitter Angela n’a trouvé que cette solution.  De son monologue face à l’océan l’auteur fait jaillir la rage de vivre, la volonté de choisir. Stéphane Servant détourne son propos en autant de questions aux lecteurs sur le regard des autres, le rejet et l’humiliation, la force de l’amitié, la honte, l’incompréhension familiale. Prend-il aussi le parti de n’accorder aucune fin à l’histoire d’Angela ? On peut le croire. Mais il n’est pas non plus interdit d’espérer, même si on porte en soi et pour toujours une intolérable blessure.

- Appréciation : Recommandé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : octobre 2014

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Cassée

7 mai 2014

 

Critique

- Avis : Comme toujours dans cette collection le personnage principal s’adresse au lecteur. Il lui fait tout partager. D’abord les douleurs affreuses du bras cassé. Puis les contraintes de son immobilité obligée.  Enfin la frustration de ses vacances gâchées. Mais Lily n’est pas une héroïne attachante bien au contraire. L’auteure lui a donné beaucoup de défauts, capricieuse, orgueilleuse, impatiente, égocentrique. Bref, Lily ne pourra pas compter sur l’empathie du lecteur. Il n’aura pas non plus envie de s’identifier à elle. Entourée d’une mère protectrice, aimante et compréhensive Lily est le type même de l’anti héroïne. Mais ce simple bras cassé ne va pas uniquement bouleverser son petit confort. Peu à peu, Lily change son regard sur les autres et particulièrement sur son petit frère Jim qui n’a d’yeux que pour elle. Jusque là Jim n’avait pas vraiment de place dans sa vie. Sa convalescence est l’occasion d’une prise de conscience du handicap de ce frère qu’elle aime bien entendu mais sans vraiment le comprendre. En faisant de son personnage principal  une anti héroïne, Frédérique Deghelt donne du relief et surtout du recul à la réflexion sur le handicap. Une belle leçon de vie et d’humilité.

- Appréciation : recommandé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mai 2014

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Pas couché

7 mai 2014

 

Critique

- Avis : Quelle est la limite à ne pas franchir pour rester amis ? On est heureux, on rit beaucoup, on ne se fait jamais de mal. C’est pour Manon la différence entre l’amour et l’amitié. Cathy Ytak réussit un très joli texte sur l’amitié entre filles et garçons. Comme c’est le propre de cette collection, l’héroïne se confronte au lecteur dans un long monologue. Persuadée de la nature de ses sentiments envers Timothée elle se rassure tout en s’interrogeant sur le désir, l’attirance, les raisons d’une relation intime. L’attitude de Timothée remet en cause ses certitudes tout en les clarifiant. A l’âge où la différence entre les filles et les garçons prend un autre regard, où la naissance du sentiment amoureux interroge, le texte de Cathy Itak donne du sens au questionnement de Manon. Les adolescents filles comme garçons pourront s’en emparer. Tendre et réaliste, ce roman traduit la volonté de cette collection de ne pas passer à côté de la vie. Relookée de belle manière avec beaucoup de subtilité et de finesse la collection d’une seule voix est repartie pour continuer c’est certain à ravir plus d’un lecteur!

- Appréciation : Recommandé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mai 2014

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Double jeu

30 mars 2014

Critique

- Avis : En entrant à Clemenceau Quentin est tiraillé entre deux mondes. Celui de Saint Ex d’où il vient ses copains, les passe-temps pas toujours réglo, les barres HLM, mais peu importe parce que ça, il connaît. Quand il arrive dans ce nouvel univers, il sent bien qu’il n’est pas à sa place. Il doit s’acclimater aux lieux, aux gens. Il doit avoir la bonne démarche, il doit sans cesse se contrôler pour ne pas se faire remarquer. Jean-Philippe Blondel fait de son personnage principal un garçon attachant qui doute mais réfléchit. Quentin est perdu dans cet établissement où les codes sociaux sont bien différents de ceux qu’il connaît. Sa rencontre avec sa prof de français, La Fernandez comme tout le monde l’appelle, est déterminante . Un autre personnage dont Jean-Philippe Blondel une fois encore tire un portrait juste et détaillé. Alors que Quentin ne sait plus où il en est, qu’il manque de confiance en lui, qu’il doit faire face à la différence sociale et culturelle, qu’il découvre le théâtre, qu’il veut s’en sortir tout en étant attaché à son quartier, La Fernandez est là. Elle l’écoute, lui fait confiance, le guide dans son questionnement. En lui donnant le rôle de Tom dans la ménagerie de verre de Tennessee Williams cette prof de français lui fait jouer son propre rôle. Quentin va entrer dans la peau de Tom. Il va le comprendre. Il va le vivre. En portant ce personnage, Quentin va donner une chance à son avenir. En trois actes, comme une pièce de théâtre, l’auteur aborde ce thème de l’adolescence avec justesse et tendresse. Un roman plein d’espoir qui montre que les choses peuvent changer si on le veut vraiment. A chacun de saisir sa chance ! 

 - Appréciation : Coup de coeur

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mars 2014

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