Canopé de l'académie de Paris

Comité de Lecture Jeunesse du Canopé de Paris

Le Comité de Lecture de Littérature Jeunesse vous propose ses chroniques





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Vingt et une heures

15 mai 2015

 

Critique
 

-    Avis : Un roman initiatique sur l’adolescence, où une jeune fille, livrée à elle-même et confrontée au danger, va grandir. Au-delà de l’événement – la noyade qui menace Emilien – l’auteur concentre son récit sur l’intime, faisant la part belle aux pensées et émotions de Pauline. On sent toutefois plus l’auteur que l’héroïne dans cette introspection qui tend à distendre et aplanir le récit. L’alternance des temporalités sur une même journée – l’arrivée au bord de l’océan et l’accident – égare le lecteur, rend la lecture malaisée et casse le suspense. L’arrivée tardive et inexpliquée de la mère laisse au final l’impression quelque peu frustrante d’un récit incomplet, qui fuit le lecteur.

-    Recommandation : Pourquoi pas ?

-    Date : mai 2015

-    Nom du critique : Séverine Billot

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La mémoire en blanc

15 mai 2015

 

Critique :

-    Avis : Pour raconter le génocide rwandais, Isabelle Collombat choisit le double prisme de la fiction et de la quête des origines. Enquête passionnante sur une histoire refoulée, celle d’un petit pays martyrisé comme d’une héroïne bousculée dans son identité. Léonie ignore tout de ses origines : croyant être née sous X en région parisienne, elle se découvre bientôt originaire du Rwanda. Cette révélation questionnera fondamentalement la jeune femme, mais également sa famille et en particulier son père, au rôle plus trouble qu’il n’y paraît. Isabelle Collombat excelle à façonner les personnages, à la psychologie affutée, où rien ni personne n’est entièrement blanc ou noir. La quête de Léonie, passionnante, est servie par une construction sans faille du récit, où l’auteur distille peu à peu indices et informations jusqu’à la terrifiante révélation finale. Entre identité, haine, violence et reconstruction de soi, un roman dense dans l’émotion comme dans l’écriture.

-    Recommandation : Coup de cœur

-    Date : mai 2015

-    Nom du critique : Séverine Billot

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De mieux en mieux

9 mai 2015

De mieux en mieux est un recueil de nouvelles composées d’histoires qui s’entremêlent, qui s’entrechoquent, formant un microcosme, celui de la cité HLM Nelson Mandela dans laquelle vivent Coraz, Marie, Latifah ou encore Stella. Dans ces tours épinglées en "Zones urbaines sensibles", se côtoient une fan de Lady Gaga qui rêve d’être une star, des adolescents qui vivent une descente de flics de la BAC, un jeune garçon qui assiste à un accouchement surprise, ou encore deux tourtereaux qui vivent leurs premiers émois amoureux. Toutes ces histoires se rejoignent autour d’un événement symbolique, la réparation des ascenseurs de la cité.

Se croisent dans ce recueil des adolescents aux portraits drôles ou tragiques, mais toujours attachants, dans lesquels les jeunes lecteurs pourront s’identifier. Surpris dans leur quotidien, ces héros offrent corps et âmes à la cité et donnent à voir une réalité au-delà de certains clichés. Il y a de la peur, du découragement mais aussi de l’espoir et une rage de vivre qui font de ce recueil une lecture agréable et émouvante. 

Barbara Alhomme

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Le dernier chant

9 mai 2015

Critique

-    Avis : A travers les yeux d’une jeune fille de quinze ans, un pan de l’histoire européenne encore peu abordé en littérature jeunesse : la persécution des Juifs séfarades par l’Inquisition et leur expulsion d’Espagne, qui prend un relief douloureux au regard des événements du XXe siècle et du contexte actuel. Un roman historique bien documenté où l’on découvre avec effroi la condition des Juifs espagnols, qu’il s’agisse des marranes – nom péjoratif particulièrement brutal puisqu’il signifie « porcs » – ou des conversos, nouvellement convertis à la religion catholique mais demeurés secrètement fidèles à la foi juive. Les origines juives de Tomas de Torquemada, Grand Inquisiteur et grand pourvoyeur de bûchers, pourront surprendre, mais sont bien réelles. On peut toutefois regretter des personnages un peu trop lisses, dont les aventures tiennent plus à la volonté de l’auteur de faire progresser l’histoire qu’à leur personnalité propre. Un roman qui se lit avec plus d’intérêt que d’émotion… mais un intérêt réel.

-    Appréciation : Recommandé

-    Nom du critique : Séverine Billot

-    Date : mai 2015

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Le lutin du cabinet noir

9 mai 2015

 

Critique

-    Avis : Une comédie totalement déjantée où se croisent une créature maléfique ne redoutant rien tant que le sucre en poudre, un hamster russe (donc slavophone) – en réalité agent secret du monde caché – et une poubelle justicière, détentrice de pouvoirs magiques, dont celui de cassouiller l’horrible petit monstre. Une loufoquerie assumée qui provoque quelques vrais éclats de rire… mais n’en fait peut-être pas une lecture prioritaire (sauf pour ceux qui souhaitent savoir ce que signifie « cassouiller »).

-    Appréciation : Pourquoi pas ?

-    Nom du critique : Séverine Billot

-    Date : mai 2015

 

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Saison rouge

3 mai 2015

 

A 17 ans, Kenza a des rêves plein la tête: quitter le Maroc et visiter le monde, vivre une histoire d’amour avec Nabil, le garçon dont elle est éprise. Son destin bascule le jour où quelqu’un surprend le couple en train de s’embrasser: la rumeur se répand dans la cité et arrive aux oreilles de sa famille. La honte s’abat alors sur la jeune fille et ses parents décident de la marier de force à Mouloud, un marocain vivant en France. Kenza est contrainte de quitter son pays et sa famille pour vivre avec un étranger dans un pays inconnu. C’est le début de la descente aux enfers…

Cette nouvelle raconte les rêves brisés d’une adolescente: ses premiers émois amoureux vont se transformer en véritable cauchemar et la mener, malgré elle, à vivre un violent déracinement et une solitude extrême. Jusqu’à cet espoir de reconquête d’une liberté perdue dans un pays qu’elle ne connait pas, l’espoir d’une vie nouvelle et choisie. Le récit du mariage forcé, bien que nécessaire car dénonçant des pratiques actuelles, pèche par la présence de certains lieux communs et par une chute qui n’en est pas vraiment une. Dommage!

Barbara Alhomme

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Le dieu du carnage

3 mai 2015

 Résumé: Au square, Ferdinand frappe violemment son camarade Bruno avec un bâton. Les parents des deux jeunes garçons se rencontrent dans l’appartement du blessé. Ce qui ne devait être qu’une entrevue cordiale pour régler ce conflit à l’amiable tourne peu à peu au règlement de compte à OK Corral. D’abord, chaque couple commence par tirer à boulets rouge sur l’autre, avant de révéler tensions, rancoeurs et aigreurs à l’intérieur même des couples

 

Avis

 

Critique. Dans cette pièce de théâtre complètement loufoque, Yasmina Reza montre l’absurdité des codes sociaux, qui volent en éclat les un après les autres: d’abord, les parents tentent de trouver un discours commun de pardon, de tolérance et de bienveillance ce qui s’avère impossible. En effet, chacun est persuadé de sa supériorité sur le couple d’en face. Puis, au fur et à mesure les masques tombent et montrent qu’au sein même des couples, la rancoeur et l’incompréhension est partout. L’auteur évoque avec jubilation et férocité les paradoxes de la condition humaine: égoïsme et générosité, responsabilité et indifférence, politesse et brutalité, le futile et le grave. 

- Appréciation : Recommandé

- Nom du critique : Alexandra Weihoff

- Date : avril 2015

Thèmes : Condition humaine

Niveaux : 3ème / Lycée

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Embardée

1 mai 2015

 

Critique

- Avis : Christophe Léon est un auteur qui d’année en année enchaîne les publications. Ses livres passent rarement inaperçus pour les lecteurs qui le suivent. A chaque roman il puise son inspiration dans un fait de société qu’il traite avec plus ou moins de force et de conviction. « Embardée » est un de ces livres ratés qui enchaîne les clichés. Avec son récit, Christophe Léon veut persuader le lecteur de l’importance de son sujet, l’homophobie. Mais il s’y prend très mal. Le roman enchaîne les clichés. Les situations des personnages sont forcées et peu crédibles. Le personnage de Gabrielle ponctue le récit en insistant auprès du lecteur sur les dangers de l’intolérance. Gabrielle sorte de garde fou d’un idéal à retrouver.  Finalement, au lieu d’encourager le lecteur à réfléchir sur la tolérance et la différence, Christophe Léon, ennuie et même agace le lecteur tant il déconsidère par son propos sa capacité de réflexion. Même l’effort d’un double récit narratif n’y fait rien, un roman à vite oublier…

- Appréciation : je n’ai pas aimé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mai 2015

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Matcha

1 mai 2015

Critique

- Avis : Une petite histoire de têtards plus humoristique que biologique. Le lecteur part à la découverte du Japon, de sa langue et de ses coutumes. Les mots japonnais s’habillent de vert pour l’occasion. Le texte est habilement accompagné d’illustrations en noir et vert. Faîtes de gravures et de collages malicieux elles rehaussent l’album d’un petit accent zen. Bonne idée, la quatrième de couverture est dédiée à un lexique des mots verts trouvés dans le texte. A voir, si le texte volontairement en capitales d’imprimerie n’est pas un frein à la lecture… Sinon, un  petit album finement humoristique dont il ne faut  pas priver le jeunes lecteurs.

- Appréciation : coup de coeur

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mai 2015

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Juste à côté de moi

1 mai 2015

 

Critique

- Avis : Victor et Igor ont tous les deux le même manque, celui de leurs parents mais pas pour les mêmes raisons. Les parents de Victor ont une situation qui les accapare beaucoup. Les parents d’Igor  eux sont harassés par un travail qui leur permet tout juste de vivre. La mise en page frontale met en relief les difficultés des deux amis. Toutes les situations sont racontées à la première personne par chacun. Elles se confrontent en face à face. Aidé par les illustrations le lecteur aperçoit un petit détail qu’il n’a pas forcément compris par le texte. Avec sa baby-sitter, Igor joue avec sa console sur un banc. Sur un banc avec ses frères, Igor mange les pains de la cantine pour le goûter… Petit à petit, avec beaucoup de délicatesse l’auteur révèle les différences sociales. Tandis que les illustrations, vives de couleur et de forme égaient ce thème grave relayé par les mots. Une manière tendre mais réaliste de mettre en lumière les différences sociales. Cette différence qui n’empêche pas Victor et Igor d’être amis. Une belle leçon d’amitié et de tolérance. 

- Appréciation : coup de coeur

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mai 2015

 

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