Canopé de l'académie de Paris

Comité de Lecture Jeunesse du Canopé de Paris

Le Comité de Lecture de Littérature Jeunesse vous propose ses chroniques





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Embardée

1 mai 2015

 

Critique

- Avis : Christophe Léon est un auteur qui d’année en année enchaîne les publications. Ses livres passent rarement inaperçus pour les lecteurs qui le suivent. A chaque roman il puise son inspiration dans un fait de société qu’il traite avec plus ou moins de force et de conviction. « Embardée » est un de ces livres ratés qui enchaîne les clichés. Avec son récit, Christophe Léon veut persuader le lecteur de l’importance de son sujet, l’homophobie. Mais il s’y prend très mal. Le roman enchaîne les clichés. Les situations des personnages sont forcées et peu crédibles. Le personnage de Gabrielle ponctue le récit en insistant auprès du lecteur sur les dangers de l’intolérance. Gabrielle sorte de garde fou d’un idéal à retrouver.  Finalement, au lieu d’encourager le lecteur à réfléchir sur la tolérance et la différence, Christophe Léon, ennuie et même agace le lecteur tant il déconsidère par son propos sa capacité de réflexion. Même l’effort d’un double récit narratif n’y fait rien, un roman à vite oublier…

- Appréciation : je n’ai pas aimé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mai 2015

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Lily

6 mars 2015

 

Critique

- Avis : Le roman de Cécile Roumiguière commence par une histoire de complicité. Celle de Jacques et de Loriane. Voulant initier sa petite fille le grand-père cinéaste l’emmène à la cinémathèque de Paris. A la sortie de la séance, la nostalgie gagne Jacques qui évoque avec Loriane, sa jeunesse et tout naturellement il lui raconte la vie familiale de cette époque, les années 60.  Mais les deux personnages s’effacent et leur complicité s’estompe peu à peu au profit de l’histoire Lily la cousine de Jacques. Élève prometteuse de l’école de danse de l’Opéra de Paris, Lily vit très mal le départ de son frère en Algérie. Le récit oscille alors entre passé et présent. Il met en scène de nombreux personnages et de nombreux événements. Ils sont simplement évoqués sans contexte précis. Bien que Loriane pose beaucoup de questions à son grand-père, ces événements que liste consciencieusement l’auteure restent vagues pour le jeune lecteur qui n’en a pas les clés : la torture, l’OAS, les porteurs de valise, le FLN, les ratonnades, la manifestation du 17 octobre 1961. Sans vraiment convaincre, Cécile Romiguière joue également avec la tradition du mythe de l’Opéra : la légende des toits, des caves et de son fantôme. La construction du récit n’est pas suffisamment solide pour faire face à tout ce qu’il recèle. Le récit lui-même passe à côté de deux belles idées. La transmission de la mémoire que permet le lien intergénérationnel. La force de la fiction pour raconter des événements historiques sensibles. Le personnage de Loriane manque de force. Elle n’a pas vraiment le discours et les interrogations d’une adolescente de seize ans. Un roman plutôt décevant.

- Appréciation : Pourquoi pas ?

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mars 2015

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X-Ray, la crise

18 décembre 2014

 

Critique

- Avis : Comme pour beaucoup de ses romans, Christophe Léon déploie sa trame favorite. Une histoire portée par différents protagonistes. Ils ne se connaissent pas. Chacun raconte l’histoire selon ses émotions et son ressenti. Finalement ils vont finir par se rencontrer. Destins croisés sur fond de crise. A chacun la sienne d’ailleurs, les parents subissent le chômage et l’emploi précaire qui secouent leur couple. Les enfants grandissent dans cet atmosphère pesante du stress permanent et de l’humiliation. Jeunes ils s’échappent dans la virtualité des jeux vidéo. Adolescents ils s’évadent dans des pratiques dangereuses pour échapper à un avenir qui leur fait peur. Christophe Léon dresse un portrait sociétal aussi triste que plombant. Ne sachant sans doute pas comment donner un peu d’air et de lumière à son roman il en élude la fin. Ou alors laisse-t-il la liberté au lecteur de choisir ?

- Appréciation : Pourquoi pas ?

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : décembre 2014

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Tant pis pour elle

30 mars 2014

 

Critique

- Avis : Roman policier autour d’une histoire de vengeance. Les auteurs jouent avec la narration du récit tour à tour à la première et la troisième personne. L’intrigue est bien menée, inquiétante et trouble elle fait resurgir le passé de Rebecca dont la sœur aînée est morte dans de mystérieuses circonstances. La police ayant conclu à un suicide. Avec beaucoup de suspens, les auteurs nous dévoilent peu à peu les événements passés. A travers le personnage de Rebecca qui recouvre la mémoire des faits, le lecteur comprend ce qui s’est réellement passé. Un roman où les personnages ont délibérément oublié les faits pour continuer à vivre ou pour échapper à la justice. Mais tôt ou tard quand le passé resurgit, la vérité n’est pas loin de se faire. Le parti pris de suivre le tueur dans ses crimes n’est pas sans conséquences sur l’intrigue ou le suspens. Un bon polar dont l’écriture directe et soignée donne corps à l’histoire.

- Appréciation : Recommandé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mars 2014

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La vie est belle

15 novembre 2013

 

Critique

- Avis : Christophe Léon est un auteur prolifique. D’ailleurs presque chaque année, un de ses romans se retrouve dans la présélection d’un prix littéraire pour la jeunesse. Argentina Argentina ou Le dernier métro, des romans forts dans la construction du récit ou le portrait des personnages. Un téléfilm de son roman Délit de fuite vient d’être tourné avec Eric Cantona. Si un nouveau roman de Christophe Léon n’est pas une surprise il est néanmoins attendu. A travers un adolescent, christophe Léon critique les travers de notre société qui souvent valorise le profit au détriment des conditions de travail. Il utilise une construction du récit qui fait son originalité, l’alternance du passé et du présent. Le récit du présent est à la première personne, c’est Lewis qui raconte. Pour le passé un narrateur fait basculer le récit à la 3ème personne. Mais cette construction qui mobilise l’attention du lecteur est vite alourdie par la motivation de Lewis que Christophe Léon veut à tout prix nous cacher. Il fait tout pour la garder secrète jusqu’au bout alors qu’elle apparaît évidente. Évidente parce que très vite on comprend comment le père de Lewis est mort. Il est vrai qu’il est très difficile de garder intact l’intérêt du lecteur en commençant un livre par sa fin. Par contre la fin de Christophe Léon n’a rien de surprenant pour les lecteurs qui le connaissent. Même un peu déçus, ils le retrouvent. Alors, attendons son prochain roman…

- Appréciation : Pourquoi pas ?

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : novembre 2013

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Pampa blues

18 septembre 2013

 

Critique

- Avis : Dans une ambiance Bagdad cafe, le roman suit les personnages avec beaucoup de justesse. Ben le narrateur guide le lecteur à travers ce village en perdition. Ben est perdu. Seul à devoir prendre en charge son grand-père il ne peut vivre qu’à travers son rêve. Réparer un vieux bus VW pour partir en Afrique sur les traces de son père. Même sa mère est partie et ne compte pas revenir de si tôt. Elle l’appelle soit disant pour prendre de ses nouvelles. Oui elle va revenir.   Mais de nouveau engagée elle est obligée de continuer sa tournée. Ben en a pris son parti. Désabusé, il ne cherche plus à contredire personne. Il fait ce qu’il faut au jour le jour même si ça lui pèse de plus en plus. Heureusement, la vie réserve parfois des surprises. Léna en est une. Ce rêve qui l’aidait à vivre mais qui n’était qu’un rêve va se concrétiser. Pourtant ce n’est pas son bus que Ben va réparer pour s’en sortir. Il va tout simplement s’autoriser à vivre et à penser à lui. A espérer un avenir ouvert sur la vie parce que lui aussi à droit au bonheur. Un roman chaleureux et profond. Un regard tendre sur la vieillesse et les rapports humains. Une bouffée d’optimisme teintée d’humour. Le roman incontournable de cette rentrée littéraire.

- Appréciation : coup de coeur

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : septembre 2013

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Freak City

20 mars 2013



Critique

- Avis : Mika est un adolescent sans problèmes particuliers que l’adolescence. Il connaît les premiers émois amoureux, les premières relations intimes mais aussi les premières ruptures. C’est d’abord par dépit qu’il s’intéresse à Léa.  Puis il se rend compte qu’il est attiré, et pourquoi pas même amoureux ? Sandra, Léa Mika hésite, Mika à peur. Peur de l’univers de Léa, peur des différences qu’il remarque déjà dans la moindre petite chose du quotidien. Kathrin Schrocke décrit avec beaucoup de subtilité, de sobriété, de nuances cet inconnu du monde de l’autre du monde de celui qui est différent par son handicap. S’apprivoiser, se comprendre, se connaître c’est faire un pas l’un vers l’autre. Que l’on soit dans le monde des valides ou pas. Mika va franchir ce pas  tout comme Léa. Ensemble ils vont découvrir comment s’enrichir l’un de l’autre, comment affronter le regard des autres. L’auteure aide le lecteur à franchir ces barrières de préjugés en lui faisant regarder la réalité en face. Une belle leçon de tolérance et d’ouverture.

- Appréciation : Recommandé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mars 2013

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Le temps des mots à voix basse, suivi de « du mal à une mouche »

3 septembre 2012

 

Critique

- Avis : Il n’a jamais revu Oskar mais aujourd’hui il se souvient. Tout a commencé quand les adultes ont parlé à voix basse. Dans cette petite ville d’Allemagne les juifs sont d’abord mis à l’écart, puis arrêtés pour être déplacés puis exterminés.  Il ne comprend pas ce qui se passe, pourquoi Oskar est-il tout à coup mis à l’écart ? Qu’a-t-il fait ? Rien il le sait puisqu’ils sont toujours ensemble. Ce texte émouvant et grave retrace avec force et sensibilité le regard que portent deux enfants sur le monde cruel et barbare de cette époque.
Un texte moins douloureux que le précédent mais tout aussi interrogateur. Après la mort, arrive le jugement dernier.  La dame écoute et se justifie rarement. Un comptable retrace dans  les moindres détails ses larcins, les commente, les juge. Dans ce texte à deux personnages l’auteure créé un déséquilibre de parole. Comme la dame, le lecteur se tait. Il s’interroge sur la succession des petits gestes anodins de la vie. Anodins, pas si sûr…
Publié en 2001 les éditions La Joie de lire ont réédité ce premier texte dans la collection Encrage en y ajoutant Du mal à une mouche. Un hommage clin d’oeil que la maison d’édition fait à l’auteure qui nous a quittés en 2010.

- Appréciation : Coup de coeur

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : juillet août 2012

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L’homme qui faisait vieillir

3 septembre 2012

 

Critique

- Avis : Est-ce l’emploi de la première personne mais ce roman résonne comme une autobiographie. Lent et surprenant le récit questionne le lecteur sur la direction que l’auteur va prendre. Tour à tour drôle, sensible, rêveur ou déterminé,  Pedro le narrateur semble perdu. Il ne trouve aucun intérêt dans le cursus d’études qu’il vient de commencer. Il s’interroge sur son avenir. Que va-t-il faire dans la vie ? Sa rencontre avec le professeur Nabuco est déterminante. En plus de l’amour de Mayumi, il l’aidera à répondre à tous ses questionnements. Si la fin heureuse du roman donne une couleur bleue rose à l’histoire elle n’est finalement pas si pâle que ça. Et d’ailleurs, comment aurait-elle pu se terminer autrement ? Un roman néanmoins sensible dans son regard sur la vie et la mort. Parfois lyrique dans son questionnement existentiel. L’auteur substitue aux parents un personnage attachant, Nabuco. Il n’a pas leur discours moralisateur. Il met Pedro devant ses responsabilités et surtout il lui fait confiance. Une façon sans doute d’ouvrir pour les jeunes qui doutent une perspective d’avenir optimiste.

- Appréciation : recommandé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : Juillet Août 2012

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Enfants de la forêt

1 février 2012

 

Critique

- Avis : Le passé, les souvenirs sont le moteur de l’avenir c’est avec eux que l’enfant se construit. Tel pourrait être le message du roman de Béatrice Masini. Les souvenirs, les histoires, l’imaginaire sont ici  symbolisés par le livre que Tom  trouve dans la forêt. Alors qu’ils sont épuisés par des journées de marche, Tom ravive la motivation et l’espoir de tous en lisant chaque soir une histoire. Il fait même de Glor, le laid, l’ignorant le gardien du livre. Non seulement les enfants arrivent à survivre mais ils retrouvent une dignité et une volonté de vivre plus forte que jamais. Ils ne se sont finalement pas éloignés autant que ça de la base et sont repris. Jonas et Ruben éblouis par leur aventure peu commune les aideront cette fois à gagner leur liberté. Un récit  philosophique sur la vie ? pas seulement un rite de passage poétique de l’enfance vers l’âge adulte. Un roman d’aventure captivant.

- Appréciation : Recommandé :

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : février 2012

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