Canopé de l'académie de Paris

Comité de Lecture Jeunesse du Canopé de Paris

Le Comité de Lecture de Littérature Jeunesse vous propose ses chroniques





Recherche dans la rubrique 'Romans'

Prends ta pelle et ton seau et va jouer dans les sables mouvants

20 juin 2015

Anton vit avec son beau-père dans un taudis, dans une ville sinistrée après la fermeture de l’usine qui faisait vivre la communauté. Adolescent en crise, il a abandonné l’école et tente de vivre de petits trafics mais la vie de truands est plus difficile qu’il ne croit. Ses complices se retournent contre lui et, de mésaventures en mésaventures, il va se retrouver dans une position fâcheuse. Mais la rencontre avec un homme va tout changer et le jeune homme va apprendre l’esprit d’équipe dans une association de bénévoles « les superettes du cœur » qui vient en aide aux déshérités.

L’auteur nous présente un adolescent très cynique, en mal de vivre, qui n’a jamais connu ni tendresse ni encouragement. Anton est un garçon à qui on a rien donné et qui cherche à avoir ce que le monde promet à d’autres. Il cherche à se faire une place dans une société où il se sent étranger. Comme son héros Mowgli, il rêve secrètement de quitter la jungle afin de vivre parmi les hommes. Avec beaucoup de recul et d’humour, l’auteur donnera à la fin du roman l’espoir d’une vie meilleure à son personnage.

Ce livre au ton assez cru n’admet aucune sensiblerie, laissant entrevoir un univers plein de désillusions et de violence dans lequel l’amour et l’amitié ne sont distillés que par petites touches. Intéressant portrait d’une jeunesse à la dérive.

 

Barbara Alhomme

 

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Ciel 1 L’hiver des machines

17 juin 2015

Résultat de recherche d'images pour "l'hiver des machines" Un prologue rapide nous emmène en 2030 quand un vaste réseau gère à la fois l’énergie et les flux d’informations, ce réseau appelé CIEL a hiérarchisé les priorités et passe à l’action. 5 Personnes d’une famille décomposée, 5 lieux, 3 générations du grand-père aux petits enfants étudiants ; 5 recherches de connexion au réseau ; 5 confrontations aux machines qui sont passées à l’action contre les humains… mais qui les dirige ? Qui oblige les humains à obéir à de nouvelles contraintes au nom de la préservation de la planète ? Ce volume, le premier d’une série de quatre, met parfaitement en place la situation, très clairement exposée. Les personnages sont attachants, on veut vraiment savoir comment ils vont s’en sortir donc on veut découvrir la suite : c’est réussi !

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Broadway Limited. 1, Un dîner avec Cary Grant

1 juin 2015

 

 

Critique

-    Avis : New York sous la neige, en musique et en technicolor ! A travers les yeux de Jocelyn, la pension Giboulée devient le point focal à partir duquel, à la manière d’un pop-up, se déploient une ville, des vies, un univers où foisonnent suspense et sentiment. Dans ce magnifique roman choral, porté par une écriture aussi luxuriante que gourmande, s’entremêlent une multiplicité de récits – la découverte de New-York, la recherche du père, de l’amant, de l’amour… Ici, tout prend relief, vit, respire, devient palpable : les personnages, le cœur de la cité, l’époque. Chaque page regorge d’humour et de trouvailles ; de l’association inédite de deux simples mots jaillit l’émotion. Sans rien masquer des aspects sombres de l’Amérique – la ségrégation raciale, le maccarthysme – Malika Ferdjoukh multiplie les clins d’œil : l’on croise de délicieuses débutantes nommées Grace Kelly et Sarah Vaughan, les chats de la maisonnée répondent aux noms de Mae West et Betty Grable… L’omniprésence des références musicales et cinématographiques offre une somptueuse plongée dans les années 40, ne gênant en rien le plaisir de lecture des néophytes. 600 pages d’éblouissement.

-    Appréciation : Coup de cœur

-    Nom du critique : Séverine Billot

-    Date : juin 2015

 

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Octobre, un crime

1 juin 2015

 

 

Critique

-    Avis : Un récit qui ne tient pas toutes ses promesses : après un début alléchant – une robe jaune, un mystère, une plongée dans l’Argentine de la fin des années cinquante – l’enquête suit une progression linéaire, sans à-coups ni véritables obstacles, Inès recevant très (trop !) facilement de l’aide. Le dénouement, nettement artificiel, est difficilement compréhensible. On aurait aimé un récit plus tendu, des enjeux plus forts, une héroïne plus bousculée, une restitution plus dense de l’histoire de l’Argentine.

-    Appréciation : Un petit « Pourquoi pas ? »

-    Nom du critique : Séverine Billot

-    Date : juin 2015

 

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Signe distinctif roux

20 mai 2015

 

Critique

- Avis : Gros, petit, chaussé de lunettes ou équipé d’appareils dentaire les moqueries commencent souvent sous forme de plaisanteries bon enfant. Mais il suffit d’un rien pour qu’elles transforment en enfer la vie de celui qui les subit. Harold est roux et tout de suite il devient la cible des faibles, des laissés pour compte. Réagir, laisser faire Harold ne sait plus vu qu’il a tout essayé? C’est d’autant plus difficile que cela dure depuis son plus jeune âge. Le roman d’Anouk Bloch-Henry traduit avec intelligence la montée de cette discrimination. Petit à petit les plaisanteries se transforment en harcèlement. La violence prend le pas et tous se retrouvent dans une spirale infernale. Sans chercher à comprendre sans se demander pourquoi les harceleurs suivent un leader imbécile. Enfin la prise de conscience arrive. Axelle ne participait pas mais ne trouvait pas ça bien méchant non plus jusqu’au jour où elle tombe sur la page facebook invitant à la journée du coup de pied à un roux. Un récit simple mais efficace pour ouvrir le débat autour de ce genre de pratiques. Pratiques qui d’ailleurs, passent souvent inaperçues auprès des adultes. Ce qui est très bien montré dans le roman.

- Appréciation :  pourquoi pas ?

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mai 2015

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Shola et la tante d’Amérique

19 mai 2015

 

Critique

- Avis :  Avec le même humour que dans la précédente aventure de Shola, Shola et les lions, Bernardo Atxaga invite les lecteurs à réfléchir sur des préjugés. Pourquoi en Amérique on serait différent ? Pourquoi parce qu’on est plus vieux on serait plus rigoureux et moins rêveur ? La Tante Clémentine va étonner Shola par sa nonchalance et son ouverture d’esprit. Shola qui croyait qu’aimer la liberté c’est aimer le bazar va en être pour ses frais…

- Appréciation : Recommandé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mai 2015

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Shola et les lions

19 mai 2015

 

Critique

- Avis :  Savoir qui l’on est et d’où l’on vient n’est pas forcément une question que l’on se pose tout petit. Par contre se confronter à la différence, regarder ses qualités et ses défauts, accepter le besoin des autres est utile pour se construire. Shona,  naïve et innocente est très déterminée. Elle va au bout de ses rêves. Finalement elle se rend compte que être une petite ratière est au moins aussi bien qu’être lion. Un texte plein d’humour et de tendresse. Un petit roman illustré très abordable dès l’école élémentaire. Ceux qui ont aimé Shona, personnage particulièrement attachant et drôle pourront la retrouver dans une autre aventure : Shola et la tante d’Amérique 

- Appréciation :  recommandé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mai 2015

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La vie de l’unique, l’étonnante, la spectaculaire, la miraculeuse Lara Schmitt. Mon duché déchu.

18 mai 2015

 

 

Critique

-    Avis : Une héroïque peu commune, cousine germaine et germanique de Fifi Brin d’Acier, pour une comédie pêchue et originale sur la séparation telle que vécue par une enfant. La narration tonique, bourrée d’humour et doublée d’illustrations à la façon d’un journal intime, nous fait entrer de plain-pied dans le monde de Lara : la Râlbanie, royaume façonné à l’image de la petite ronchonneuse (la boisson nationale y est d’ailleurs le râcao, avec recette à la clé) mais aussi le sentiment d’abandon, l’incompréhension et la souffrance qui pointent sous la colère de l’héroïne.

On sourit, on s’attache à Lara, on aimerait lui venir en aide, la consoler. On pourra toutefois regretter le choix de l’auteur consistant à condenser en fin de volume les enjeux majeurs qui sous-tendent le récit – la maladie de la mère, la séparation d’avec le père, l’amitié avec un jeune garçon dont le père est placé en détention – conduisant à une succession de révélations plus qu’à un véritablement traitement de ces problématiques (ce sera l’objet d’un second volume), d’où une impression de longueur dans l’exposition des personnages et du contexte. On saluera en revanche et sans réserve la qualité de la traduction, qui parvient à restituer brillamment l’univers foldingue et les nombreux jeux de mots du texte allemand.

-    Appréciation : Recommandé

-    Nom du critique : Séverine Billot

-    Date : mai 2015

 

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Vingt et une heures

15 mai 2015

 

Critique
 

-    Avis : Un roman initiatique sur l’adolescence, où une jeune fille, livrée à elle-même et confrontée au danger, va grandir. Au-delà de l’événement – la noyade qui menace Emilien – l’auteur concentre son récit sur l’intime, faisant la part belle aux pensées et émotions de Pauline. On sent toutefois plus l’auteur que l’héroïne dans cette introspection qui tend à distendre et aplanir le récit. L’alternance des temporalités sur une même journée – l’arrivée au bord de l’océan et l’accident – égare le lecteur, rend la lecture malaisée et casse le suspense. L’arrivée tardive et inexpliquée de la mère laisse au final l’impression quelque peu frustrante d’un récit incomplet, qui fuit le lecteur.

-    Recommandation : Pourquoi pas ?

-    Date : mai 2015

-    Nom du critique : Séverine Billot

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La mémoire en blanc

15 mai 2015

 

Critique :

-    Avis : Pour raconter le génocide rwandais, Isabelle Collombat choisit le double prisme de la fiction et de la quête des origines. Enquête passionnante sur une histoire refoulée, celle d’un petit pays martyrisé comme d’une héroïne bousculée dans son identité. Léonie ignore tout de ses origines : croyant être née sous X en région parisienne, elle se découvre bientôt originaire du Rwanda. Cette révélation questionnera fondamentalement la jeune femme, mais également sa famille et en particulier son père, au rôle plus trouble qu’il n’y paraît. Isabelle Collombat excelle à façonner les personnages, à la psychologie affutée, où rien ni personne n’est entièrement blanc ou noir. La quête de Léonie, passionnante, est servie par une construction sans faille du récit, où l’auteur distille peu à peu indices et informations jusqu’à la terrifiante révélation finale. Entre identité, haine, violence et reconstruction de soi, un roman dense dans l’émotion comme dans l’écriture.

-    Recommandation : Coup de cœur

-    Date : mai 2015

-    Nom du critique : Séverine Billot

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