Canopé de l'académie de Paris

Comité de Lecture Jeunesse du Canopé de Paris

Le Comité de Lecture de Littérature Jeunesse vous propose ses chroniques





Recherche dans la rubrique 'Psychologique'

Broadway Limited. 1, Un dîner avec Cary Grant

1 juin 2015

 

 

Critique

-    Avis : New York sous la neige, en musique et en technicolor ! A travers les yeux de Jocelyn, la pension Giboulée devient le point focal à partir duquel, à la manière d’un pop-up, se déploient une ville, des vies, un univers où foisonnent suspense et sentiment. Dans ce magnifique roman choral, porté par une écriture aussi luxuriante que gourmande, s’entremêlent une multiplicité de récits – la découverte de New-York, la recherche du père, de l’amant, de l’amour… Ici, tout prend relief, vit, respire, devient palpable : les personnages, le cœur de la cité, l’époque. Chaque page regorge d’humour et de trouvailles ; de l’association inédite de deux simples mots jaillit l’émotion. Sans rien masquer des aspects sombres de l’Amérique – la ségrégation raciale, le maccarthysme – Malika Ferdjoukh multiplie les clins d’œil : l’on croise de délicieuses débutantes nommées Grace Kelly et Sarah Vaughan, les chats de la maisonnée répondent aux noms de Mae West et Betty Grable… L’omniprésence des références musicales et cinématographiques offre une somptueuse plongée dans les années 40, ne gênant en rien le plaisir de lecture des néophytes. 600 pages d’éblouissement.

-    Appréciation : Coup de cœur

-    Nom du critique : Séverine Billot

-    Date : juin 2015

 

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Signe distinctif roux

20 mai 2015

 

Critique

- Avis : Gros, petit, chaussé de lunettes ou équipé d’appareils dentaire les moqueries commencent souvent sous forme de plaisanteries bon enfant. Mais il suffit d’un rien pour qu’elles transforment en enfer la vie de celui qui les subit. Harold est roux et tout de suite il devient la cible des faibles, des laissés pour compte. Réagir, laisser faire Harold ne sait plus vu qu’il a tout essayé? C’est d’autant plus difficile que cela dure depuis son plus jeune âge. Le roman d’Anouk Bloch-Henry traduit avec intelligence la montée de cette discrimination. Petit à petit les plaisanteries se transforment en harcèlement. La violence prend le pas et tous se retrouvent dans une spirale infernale. Sans chercher à comprendre sans se demander pourquoi les harceleurs suivent un leader imbécile. Enfin la prise de conscience arrive. Axelle ne participait pas mais ne trouvait pas ça bien méchant non plus jusqu’au jour où elle tombe sur la page facebook invitant à la journée du coup de pied à un roux. Un récit simple mais efficace pour ouvrir le débat autour de ce genre de pratiques. Pratiques qui d’ailleurs, passent souvent inaperçues auprès des adultes. Ce qui est très bien montré dans le roman.

- Appréciation :  pourquoi pas ?

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mai 2015

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La vie de l’unique, l’étonnante, la spectaculaire, la miraculeuse Lara Schmitt. Mon duché déchu.

18 mai 2015

 

 

Critique

-    Avis : Une héroïque peu commune, cousine germaine et germanique de Fifi Brin d’Acier, pour une comédie pêchue et originale sur la séparation telle que vécue par une enfant. La narration tonique, bourrée d’humour et doublée d’illustrations à la façon d’un journal intime, nous fait entrer de plain-pied dans le monde de Lara : la Râlbanie, royaume façonné à l’image de la petite ronchonneuse (la boisson nationale y est d’ailleurs le râcao, avec recette à la clé) mais aussi le sentiment d’abandon, l’incompréhension et la souffrance qui pointent sous la colère de l’héroïne.

On sourit, on s’attache à Lara, on aimerait lui venir en aide, la consoler. On pourra toutefois regretter le choix de l’auteur consistant à condenser en fin de volume les enjeux majeurs qui sous-tendent le récit – la maladie de la mère, la séparation d’avec le père, l’amitié avec un jeune garçon dont le père est placé en détention – conduisant à une succession de révélations plus qu’à un véritablement traitement de ces problématiques (ce sera l’objet d’un second volume), d’où une impression de longueur dans l’exposition des personnages et du contexte. On saluera en revanche et sans réserve la qualité de la traduction, qui parvient à restituer brillamment l’univers foldingue et les nombreux jeux de mots du texte allemand.

-    Appréciation : Recommandé

-    Nom du critique : Séverine Billot

-    Date : mai 2015

 

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Vingt et une heures

15 mai 2015

 

Critique
 

-    Avis : Un roman initiatique sur l’adolescence, où une jeune fille, livrée à elle-même et confrontée au danger, va grandir. Au-delà de l’événement – la noyade qui menace Emilien – l’auteur concentre son récit sur l’intime, faisant la part belle aux pensées et émotions de Pauline. On sent toutefois plus l’auteur que l’héroïne dans cette introspection qui tend à distendre et aplanir le récit. L’alternance des temporalités sur une même journée – l’arrivée au bord de l’océan et l’accident – égare le lecteur, rend la lecture malaisée et casse le suspense. L’arrivée tardive et inexpliquée de la mère laisse au final l’impression quelque peu frustrante d’un récit incomplet, qui fuit le lecteur.

-    Recommandation : Pourquoi pas ?

-    Date : mai 2015

-    Nom du critique : Séverine Billot

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Le dieu du carnage

3 mai 2015

 Résumé: Au square, Ferdinand frappe violemment son camarade Bruno avec un bâton. Les parents des deux jeunes garçons se rencontrent dans l’appartement du blessé. Ce qui ne devait être qu’une entrevue cordiale pour régler ce conflit à l’amiable tourne peu à peu au règlement de compte à OK Corral. D’abord, chaque couple commence par tirer à boulets rouge sur l’autre, avant de révéler tensions, rancoeurs et aigreurs à l’intérieur même des couples

 

Avis

 

Critique. Dans cette pièce de théâtre complètement loufoque, Yasmina Reza montre l’absurdité des codes sociaux, qui volent en éclat les un après les autres: d’abord, les parents tentent de trouver un discours commun de pardon, de tolérance et de bienveillance ce qui s’avère impossible. En effet, chacun est persuadé de sa supériorité sur le couple d’en face. Puis, au fur et à mesure les masques tombent et montrent qu’au sein même des couples, la rancoeur et l’incompréhension est partout. L’auteur évoque avec jubilation et férocité les paradoxes de la condition humaine: égoïsme et générosité, responsabilité et indifférence, politesse et brutalité, le futile et le grave. 

- Appréciation : Recommandé

- Nom du critique : Alexandra Weihoff

- Date : avril 2015

Thèmes : Condition humaine

Niveaux : 3ème / Lycée

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Désigné coupable

1 mai 2015

 

Critique

- Avis : Après le succès d’Un Suspect presque parfait le nouveau roman jeunesse de Jimmy Sabater, sort en librairie ce mois-ci. C’est le deuxième volet de la trilogie  des Mystères du Forgrisant. Inutile cependant d’avoir lu le premier pour entrer dans le second. Seul le héros et la forme du récit sont récurrents. Heureusement pour le lecteur, avec  intelligence Jimmy Sabater ne fait qu’effleurer le premier volet. Des personnages souvent transparents des situations multiples et parfois invraisemblables ne me donnaient pas vraiment l’envie de me plonger à nouveau dans la trilogie. Mais le souvenir des deux romans d’Ellen Miller, publiés par les éditions La Grande Ourse a eu raison de ma réticence. Heureusement car ce deuxième volet est de loin le meilleur. Un suspens rageur, un monde diabolique, des pouvoirs inexpliqués tiennent le lecteur en haleine. Le récit journalistique à la première personne en décuple la force. J’attends désormais le troisième volet. Je sais, pour avoir rencontré Jimmy Sabater au salon du livre, qu’il ne va plus tarder !

- Appréciation : coup de coeur

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mai 2015

 

 

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Je ne veux pas lire !

25 avril 2015

 

 

Critique

-    Avis : Un petit roman sensible sur l’apprentissage de la lecture et l’entrée au CP, qui interroge les notions de gain et de perte. Apprendre à lire, est-ce perdre la relation avec ses parents lors de l’histoire du soir ? Ou gagner en autonomie, et pouvoir soi-même transmettre la saveur d’une histoire ? Un traitement sensible pour cette première lecture aux nombreuses et agréables illustrations.

-    Appréciation : Recommandé

-    Nom du critique : Séverine Billot

-    Date : mai 2015

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Le roi n’a pas sommeil

20 avril 2015

 Résumé: Dans l’Amérique des grands espaces, Thomas Hogan grandit dans la propriété familiale, élevé par une mère aimante. Mais dans cette société du silence et des non-dits, Thomas se construit comme un homme taiseux, ombrageux, traumatisé par les circonstances de la mort de son père, conditionné par la violence de son entourage d’hommes saoûls, bagarreurs et joueurs.

Critique

- Avis : Dans un univers et un style d’écriture proche de celui de John Steinbeck, ce roman qui se focalise sur une famille, raconte plus largement une histoire universelle, celle des hommes qui sont toujours sur le fil entre le bien et le mal, et que la somme des actions d’une personne ne définit pas forcément son essence. A travers un style moderne, dense et dépouillé, Cécile Coulon nous livre une étude de moeurs sur une société où le silence gangrène les rapports, et où le paraître prend le dessus sur la vraie nature des choses. Cette édition destinée aux classes de troisième et de lycée comporte un appareil critique essentiel pour comprendre l’essence de l’oeuvre, ainsi qu’un groupement de textes sur la grandeur et la misère de la condition humaine et une bibliographie sur le thème. Un nouveau classique à proposer aux classes. 

- Appréciation : Coup de coeur

- Nom du critique : Alexandra Weihoff

- Date : avril 2015

Thèmes : · condition humaine / bien&mal / Amérique

 

Niveaux : 3ème / Lycée

 

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Trois aventures de Jenny B

5 mars 2015

Jacqueline Wilson, Trois histoires de Jenny B.

 
Critique

-    Avis :

Réunis dans un seul volume, les trois tomes des aventures de Jenny Bell : La fabuleuse histoire de Jenny B, Un rôle en or pour Jenny B. et Nouveau défi pour Jenny B. Petite fille placée dans un orphelinat, ballotée de foyer en famille d’accueil, Jenny cache sa souffrance sur des allures de dure à cuire – elle ne pleure jamais, c’est juste son rhume des foins qui se manifeste – et s’accroche à l’espoir d’un retour à une vie normale : un jour, sa mère, qu’elle imagine grande star de cinéma trop sollicitée pour s’occuper de son enfant, reviendra la chercher, c’est certain !

En donnant la parole à Jenny elle-même, Jacqueline Wilson nous plonge d’emblée dans la psychologie de la fillette, bagarreuse et fragile. On s’attache immédiatement à la petite héroïne, en lutte avec un quotidien chaotique et tiraillée entre mère biologique et mère adoptive. Au fil de péripéties tantôt comiques, tantôt dramatiques, se dessine le lien complexe entre famille et affection, jusqu’au choix conscient et définitif de la fillette. On rit, on a le cœur serré, et parfois on sent quelque chose qui picote les yeux – sûrement le rhume des foins. Les très nombreuses illustrations ponctuent agréablement un texte dense, apportant un petit côté « bande-dessinée ». Un classique moderne de la littérature jeunesse.

-    Appréciation : Recommandé

-    Nom du critique : Séverine Billot

-    Date : mars 2015

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Broken Soup

5 mars 2015

 Jenny valentine, Broken Soup.

 

Critique

-    Avis :

Un roman fort et sensible sur le deuil et la résilience, au point d’entrée particulièrement original. Ou comment, à partir d’une photographie, se reconstitue la figure du frère disparu et avec elle, se dessinent de nouveaux possibles. Et comment une jeune fille, devenue adulte trop tôt, parviendra, par la découverte de l’amour et la force de l’amitié, à retrouver son adolescence.

Sous la plume de Jenny Valentine, les gens normaux deviennent exceptionnels : Rowan, si forte et si courageuse face aux adultes démissionnaires, Harper, le mentor amoureux et nomade, Bee, la mystérieuse amie dont le secret sera le catalyseur de la reconstruction, ou Stroma, la petite sœur à la conscience aiguë des événements… Le dénouement, miracle de l’ordinaire, totalement inattendu et pourtant parfaitement naturel, est un vrai rayon de soleil. Ne pas se laisser arrêter par le titre (déroutant), ni la couverture (tout aussi déconcertante) !

-    Appréciation : Recommandé

-    Nom du critique : Séverine Billot

-    Date : mars 2015

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