Canopé de l'académie de Paris

Comité de Lecture Jeunesse du Canopé de Paris

Le Comité de Lecture de Littérature Jeunesse vous propose ses chroniques





Lily

6 mars 2015

 

Critique

- Avis : Le roman de Cécile Roumiguière commence par une histoire de complicité. Celle de Jacques et de Loriane. Voulant initier sa petite fille le grand-père cinéaste l’emmène à la cinémathèque de Paris. A la sortie de la séance, la nostalgie gagne Jacques qui évoque avec Loriane, sa jeunesse et tout naturellement il lui raconte la vie familiale de cette époque, les années 60.  Mais les deux personnages s’effacent et leur complicité s’estompe peu à peu au profit de l’histoire Lily la cousine de Jacques. Élève prometteuse de l’école de danse de l’Opéra de Paris, Lily vit très mal le départ de son frère en Algérie. Le récit oscille alors entre passé et présent. Il met en scène de nombreux personnages et de nombreux événements. Ils sont simplement évoqués sans contexte précis. Bien que Loriane pose beaucoup de questions à son grand-père, ces événements que liste consciencieusement l’auteure restent vagues pour le jeune lecteur qui n’en a pas les clés : la torture, l’OAS, les porteurs de valise, le FLN, les ratonnades, la manifestation du 17 octobre 1961. Sans vraiment convaincre, Cécile Romiguière joue également avec la tradition du mythe de l’Opéra : la légende des toits, des caves et de son fantôme. La construction du récit n’est pas suffisamment solide pour faire face à tout ce qu’il recèle. Le récit lui-même passe à côté de deux belles idées. La transmission de la mémoire que permet le lien intergénérationnel. La force de la fiction pour raconter des événements historiques sensibles. Le personnage de Loriane manque de force. Elle n’a pas vraiment le discours et les interrogations d’une adolescente de seize ans. Un roman plutôt décevant.

- Appréciation : Pourquoi pas ?

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mars 2015

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Inch’Allah que mon père crève !

8 mai 2012

 

Critique

- Avis : 1960 en Algérie. En même temps que le peuple algérien Fanny réclame son indépendance. Elle est née en Algérie sa famille venue d’Italie y vit depuis trois générations. Mais ses parents ne lui ont pas fait aimer ce pays. Depuis toujours,  méfiance, racisme et préjugés ont façonné son quotidien. Contrairement à son père qui l’a quittée très tôt, l’école est un atout pour elle. Aujourd’hui adolescente elle réfléchit tout haut. Quitter ses parents c’est quitter l’Algérie. Elle imagine son avenir, la France, Paris. La violence du titre dévoile  une prise de conscience amère du passage douloureux de l’enfance à l’adolescence. La dureté des mots d’Anny Cordina traduisent aussi bien la révolte de Fanny que son amour pour ses parents. L’inquiétude et l’espoir qu’elle met en son avenir. Les événements d’Algérie qui entourent en parallèle le récit de Fanny  permettent d’en éclairer le propos avec beaucoup de réalisme.

- Appréciation : Recommandé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mai 2012

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L’Algérie ou la mort des autres

6 février 2012

 

Critique

- Avis : A travers le récit autobiographique de Virginie Buisson, se côtoient la découverte d’un pays de soleil et l’horreur d’une violence aveugle. Quittant l’enfance, elle pose un regard émerveillé sur tout ce qui l’entoure, les paysages, les gens, la vie. Grâce à ses petites phrases courtes, ses paragraphes saccadés, elle va à l’essentiel. Enchaînant ainsi les souvenirs pour être sûre de ne rien oublier. Avec la précision des mots elle transmet tout ce qu’elle a appris de l’Algérie, les odeurs, les couleurs, l’accueil, les gestes, la douleur, les cris, le sang. Un pan de vie à petites touches graves et poétiques. Dans la même collection, les éditions Gallimard rééditent aussi en cette année de commémoration les romans de Jean-Paul Nozière  "Le ville de Marseille"  et  "Un été algérien"

- Appréciation : Recommandé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : Février 2012

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Le dernier métro

1 février 2012

 

Critique

- Avis :  Ce roman est l’occasion de vivre un témoignage. Celui d’un ouvrier, ancien résistant, militant au parti, mais aussi celui d’un père espérant pour son fils une vie meilleure. Ce roman c’est aussi le reflet d’une époque troublée par les événements de la guerre d’Algérie . Christophe Léon a bien choisi ses personnages. Maurice l’ouvrier, s’il n’a pas été longtemps à l’école il n’en est pas pour autant ignorant. Avec lui on découvre la condition ouvrière et l’engagement militant. Daniel qui voue une véritable admiration pour ce père à qui il voudrait ressembler est un adolescent qui regarde pour la première fois la vie et ses difficultés. Avec lui on découvre la vie lycéenne avant 68. Les faits relatés dans leur objectivité ainsi que la chronologie inversée du récit renforcent l’impact de témoignage de ce roman. Depuis la rentrée 2011, films, conférences et témoignages sortent de l’ombre ces événements. A travers  « Le dernier métro » il est possible de donner aux adolescents d’aujourd’hui l’opportunité de questionner et de réfléchir à cette période de l’Histoire contemporaine de la France. Un roman dont il ne faut surtout pas se priver. A signaler également autour de la guerre d’Algérie la réédition chez Gallimard collection Scripo du roman de Virginie Buisson « l’Algérie ou la mort des autres » et ceux de Jean-Paul Nozière « le ville de Marseille » et « Un été algérien ».

- Appréciation : Coup de coeur

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : février 2011

 

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Doberval 1, kamikaze

22 décembre 2008

 

Critique

-Avis :






 

 

Il y a la violence dans la cité. Il y a Karim qui ne supporte plus l’humilité de son père, toujours à baisser la tête à dire oui au patron. C’est le prix de l’intégration. Un sujet qui n’est pas nouveau mais qu’il n’est pas inutile de traiter. L’originalité du roman est surprenante. L’auteur donne la parole à Greg une fois mort. C’est lui le narrateur. Le personnage de Mortier au départ secondaire va dévoiler peu à peu les souvenirs auxquels Karim n’a jamais eu accès. L’arrivée à Marseille de son père encore petit une photo en témoigne. En fait Mortier était l’ami de son grand père. Ensemble ils ont servi dans l’armée française, l’OAS, le FLN, les attentats… Mais aujourd’hui l’intégration n’est plus synonyme d’abandon de culture ou de religion.  Et depuis le 11 septembre 2001 la communauté musulmane est souvent soupçonnée de terrorisme. Pour tout cela le roman de Stéphane Nappez est intéressant. Le seul reproche que je ferai c’est le registre de langue utilisé par l’auteur. Assez médiocre voir désastreux il n’est pas à l’avantage de ce premier titre de la série Doberval (Doberval 2, Vent Divin ; Doberval 3, Skinheads)

- Appréciation : Pourquoi pas ?

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : décembre 2008

 

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