Canopé de l'académie de Paris

Comité de Lecture Jeunesse du Canopé de Paris

Le Comité de Lecture de Littérature Jeunesse vous propose ses chroniques





Tout foutre en l’air

3 mars 2015

 

Critique

- Avis : L’incompréhension est le mur le plus infranchissable pour un adolescent. Sa solution pour le franchir c’est la plupart du temps le repli sur soi, le refus de communiquer. Le danger de cette attitude c’est la rencontre du pareil à soi. Et avec les réseaux sociaux la probabilité de cette rencontre est aujourd’hui décuplée. Enfin quelqu’un à qui s’identifier, enfin quelqu’un pour se prouver qu’on existe et qu’on a raison. Tous ces ingrédients sont autant de personnages et de situations dans le roman d’Antoine Dole. Le  pourquoi du mal-être de l’adolescente reste un mystère puisque son roman commence par sa fuite en avant. Rien ne la retient plus. Elle est déterminée. Peu à peu elle se rend compte que ce garçon rencontré sur le net n’est pas ce qu’elle attend. Qu’il ne répondra pas à son angoisse. Que ce qui les unit n’a rien à voir avec l’amour. Que sa solution à lui n’est pas sa solution à elle. Alors elle s’interroge à haute voix intérieure. L’auteur réussit cette introspection en donnant du caractère et du courage à son personnage. Les années ont passé. Mariée et mère de famille l’héroïne est à présent consciente de la valeur de la vie. Dommage que cet épilogue par trop moralisateur termine le roman. Il en a de ce fait moins de crédit.

- Appréciation : Pourquoi pas ?

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mars 2015

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Le blues de Jean Lhomme

13 février 2014

 

Critique

- Avis : Savant mélange entre littérature et musique cet album ravira tous ceux qui le découvriront. La lecture se fait musique, l’histoire prend corps dans les voix. Il faut tout faire sans se priver. Ecouter le CD tout en parcourant l’album. Se plonger dans le texte, rêver en images. Tout est possible avec ce conte philosophique. Il change notre regard sur les choses et sur les gens. Une belle leçon, émouvante et juste sur l’oubli et l’abandon des plus démunis, sur la cruauté de notre société, sur notre indifférence face à la misère humaine. Le spectacle du Blues de Jean Lhomme a été donné en novembre 2013 à Genève par la compagnie d’Enzo Cormann et Jean-Marc Padovani «La grande Ritournelle».

- Appréciation : Coup de coeur

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : février 2014

 

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La vie est belle

15 novembre 2013

 

Critique

- Avis : Christophe Léon est un auteur prolifique. D’ailleurs presque chaque année, un de ses romans se retrouve dans la présélection d’un prix littéraire pour la jeunesse. Argentina Argentina ou Le dernier métro, des romans forts dans la construction du récit ou le portrait des personnages. Un téléfilm de son roman Délit de fuite vient d’être tourné avec Eric Cantona. Si un nouveau roman de Christophe Léon n’est pas une surprise il est néanmoins attendu. A travers un adolescent, christophe Léon critique les travers de notre société qui souvent valorise le profit au détriment des conditions de travail. Il utilise une construction du récit qui fait son originalité, l’alternance du passé et du présent. Le récit du présent est à la première personne, c’est Lewis qui raconte. Pour le passé un narrateur fait basculer le récit à la 3ème personne. Mais cette construction qui mobilise l’attention du lecteur est vite alourdie par la motivation de Lewis que Christophe Léon veut à tout prix nous cacher. Il fait tout pour la garder secrète jusqu’au bout alors qu’elle apparaît évidente. Évidente parce que très vite on comprend comment le père de Lewis est mort. Il est vrai qu’il est très difficile de garder intact l’intérêt du lecteur en commençant un livre par sa fin. Par contre la fin de Christophe Léon n’a rien de surprenant pour les lecteurs qui le connaissent. Même un peu déçus, ils le retrouvent. Alors, attendons son prochain roman…

- Appréciation : Pourquoi pas ?

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : novembre 2013

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Le rêve du cachalot

9 avril 2012

 

Critique

- Avis : La solitude de l’unique personnage dont on ne connaît pas le nom semble dramatique. Pourtant elle se moque du  regard des autres. Elle assume son corps énorme et maladroit. Son rêve est ailleurs. Cachalot, son corps est souple dans l’océan. Elle vivra sans les autres puisqu’ils ne la comprennent pas. Elle mourra seule aussi, quand elle aura accompli son destin. Une histoire courte et poignante, métaphore ou non de la folie peu importe. Qui n’entre pas dans le monde d’Alexis Brocas passe à côté d’un récit émouvant et  poétique.

- Appréciation : Coup de coeur

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : avril 2012

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Tarja

16 novembre 2011

 

Critique

- Avis : En cherchant l’amour, Tarja se détruit. Comme l’a fait avant elle avec la drogue, Jessica sa meilleure amie. Cette mort l’obsède et elle ne peut en partager la douleur qu’avec Léon le seul garçon qui l’aime d’amitié. Tarja se construit en remontant le temps.  chapitre après chapitre : la mort, la vieillesse, l’âge adulte, la jeunesse, la vie, la naissance. le personnage de Tarja est d’autant plus attachant qu’il est fragile et fort à la fois. D’une situation somme toute banale le lecteur avance petit à petit vers une évidence, l’espoir. Si la situation est extrême Tarja est entendue par ses parents, son ami Léon, sa tante Lise et les médecins. Elle quitte peu à peu son sentiment de culpabilité grâce à la parole.  Le récit de Jean-Noël Sciarini est une performance d’auteur. Il choisit la première personne, il est le personnage.

- Appréciation : Coup de coeur

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : novembre 2011

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Jazyâa la tapageuse

9 novembre 2011

 

Critique

- Avis : Bien qu’il ne commence pas par « il était une fois », cet album magnifiquement illustré se lit comme un conte. Jazyâa est fougueuse, intrépide, éprise de liberté cependant, elle garde tout en elle. Elle ne connaît que trop le poids de son destin de fille.  Pourtant elle défie la loi et même la transgresse. Elle s’offre ces moments de bonheur comme pour s’étourdir et croire à l’impossible. Elle ne demande rien, mais elle se donne la mort. Est-ce pour elle le dernier sursaut de liberté ? Pourquoi ne pas se battre pour exister autrement ? Ces questions, sous-jacentes  à la lecture de l’album, pourraient ouvrir le débat autour du mariage forcé. Si en collège, les adolescents ne vont pas vers ce genre d’ouvrage, c’est l’occasion de le leur présenter pour peut-être leur faire changer d’avis.

- Appréciation : Pourquoi pas ?

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : novembre 2011

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Le soleil et la mort

18 octobre 2011

 

Critique

- Avis : Au tout début de la deuxième page, Elise Fontenaille annonce en majuscule la détermination d’Uysse : « je VEUX mourir, je VAIS mourir. » Le doute n’est plus permis surtout quand Ulysse cherche du réconfort sur internet. Avec ces deux clichés,  le récit perd de son intérêt d’autant que l’auteur choisit de le dérouler chronologiquement. L’heureuse prise de conscience d’Uysse à la fin ne fait que l’achever. Dommage, le thème du suicide chez les adolescents n’est pas à prendre à la légère.

- Appréciation : controversé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : Septembre 2011

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Treize raisons

2 avril 2010

 

Critique

- Avis : Un récit peu supportable tant il est long. Comment imaginer une jeune fille enregistrer avec autant de détermination 6h 30 de récit de vie avant de ce suicider ? Accusant tour à tour ses camarades pour les lâchetés commises. Pour certains même d’un viol dont elle a été témoin. Ils sont tous coupables de l’avoir stigmatisée,  de ne pas avoir compris sa détresse, bref, de ne pas lui avoir donné une bonne raison de vivre. Un récit sur le suicide qu’il est difficile de laisser entre toutes les mains sans accompagnement.

- Appréciation : controversé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : avril 2010

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Doberval 1, kamikaze

22 décembre 2008

 

Critique

-Avis :






 

 

Il y a la violence dans la cité. Il y a Karim qui ne supporte plus l’humilité de son père, toujours à baisser la tête à dire oui au patron. C’est le prix de l’intégration. Un sujet qui n’est pas nouveau mais qu’il n’est pas inutile de traiter. L’originalité du roman est surprenante. L’auteur donne la parole à Greg une fois mort. C’est lui le narrateur. Le personnage de Mortier au départ secondaire va dévoiler peu à peu les souvenirs auxquels Karim n’a jamais eu accès. L’arrivée à Marseille de son père encore petit une photo en témoigne. En fait Mortier était l’ami de son grand père. Ensemble ils ont servi dans l’armée française, l’OAS, le FLN, les attentats… Mais aujourd’hui l’intégration n’est plus synonyme d’abandon de culture ou de religion.  Et depuis le 11 septembre 2001 la communauté musulmane est souvent soupçonnée de terrorisme. Pour tout cela le roman de Stéphane Nappez est intéressant. Le seul reproche que je ferai c’est le registre de langue utilisé par l’auteur. Assez médiocre voir désastreux il n’est pas à l’avantage de ce premier titre de la série Doberval (Doberval 2, Vent Divin ; Doberval 3, Skinheads)

- Appréciation : Pourquoi pas ?

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : décembre 2008

 

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