Canopé de l'académie de Paris

Comité de Lecture Jeunesse du Canopé de Paris

Le Comité de Lecture de Littérature Jeunesse vous propose ses chroniques





Cheval océan

29 octobre 2014

 

Critique

- Avis : Sans ménagement Stéphane Servant donne à son héroïne la fureur du désespoir. Jusqu’à la fin du roman, il tient son secret enfoui tout au fond des mots qu’elle hurle. Angela est seule, sans soutien, abandonnée de tous depuis que sa vie à basculé. Son amie Naïma a pris le voile et se détourne. Benjamin à qui elle se confie la quitte. Ses parents ne veulent pas croire à cette évidente vérité. Sa grand-mère qu’elle vient d’enterrer lui manque cruellement.  Fuir et tout quitter Angela n’a trouvé que cette solution.  De son monologue face à l’océan l’auteur fait jaillir la rage de vivre, la volonté de choisir. Stéphane Servant détourne son propos en autant de questions aux lecteurs sur le regard des autres, le rejet et l’humiliation, la force de l’amitié, la honte, l’incompréhension familiale. Prend-il aussi le parti de n’accorder aucune fin à l’histoire d’Angela ? On peut le croire. Mais il n’est pas non plus interdit d’espérer, même si on porte en soi et pour toujours une intolérable blessure.

- Appréciation : Recommandé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : octobre 2014

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A l’ombre de l’oubli

9 octobre 2013

 

Critique

- Avis : Ce livre est bouleversant. On le lit d’une traite. Au cours des chapitres, Violette et Arnaud prennent tour à tour la parole et donnent chacun un éclairage différent sur le déroulement de l’histoire. Même si on se doute très vite de ce qui s’est passé chez Arhiman, c’est la démarche de Violette qui nous importe : elle va peu à peu, admettre la vérité et sortir la tête de l’eau. Ce n’est pas seulement un livre sur la violence mais aussi un très beau roman d’amour raconté par petites touches sensibles et émouvantes.

- Appréciation : Coup de coeur

- Nom du critique : Anne Crétois-Legrand

- Date : octobre 2013

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Voie interdite

8 mai 2012

 

Critique

- Avis : Un seul et unique personnage dans ce récit pourtant à la troisième personne. Il part, il veut disparaître. Non pas se suicider mais quitter sa vie, son passé. Il cherche le lieu idéal pour être seul. Le temps se déploie peu à peu et le personnage se confie. Le premier personnage évoqué est Patou, son grand-père, celui qui l’a élevé à la mort de ses parents. Mais il est mort et notre héros majeur à présent travaille et vit seul dans la maison de Patou. On ne sait toujours pas la raison qui le pousse à tout quitter quand arrive Alexia, le deuxième personnage évoqué. Est-elle morte elle aussi ? Le suspens reste entier jusqu’à la fin. La force de ce roman est de tenir le lecteur en haleine, de lui faire tout imaginer sauf le pire. C’est aussi faire porter tout le récit par un seul personnage. En cheminant vers la solitude il prend conscience de son acte. Il s’ouvre à la réalité de sa vie, lui qui jusque là vivait dans un univers imaginaire à la quête d’un amour absolu.

- Appréciation : Recommandé

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : mai 2011

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Quand un amant passe

23 novembre 2011

 

Critique

- Avis : La violence entre les demi-frères est brutale. A Chaque fois on s’attend à ce que la confrontation  tourne mal. A chaque fois on se demande pourquoi Tom ne répond jamais aux coups. Tom est le personnage principal et le narrateur. C’est de son point de vue que le lecteur prend part à l’histoire. Mais les autres personnages ont aussi leur importance. Anna la mère est impuissante à gérer le conflit de ses fils nés de pères différents comme chacun de ses enfants. Elle s’est habituée à cette situation.  Annie la petite sœur essaie de faire réfléchir ses frères. Pour elle la situation est intolérable. Le voisin vient en quelque sorte apporter une explication aux comportements des uns et des autres.  Cependant, du début à la fin, il règne dans ce roman un étrange climat. Comme si les relations humaines entre les membres d’une même famille étaient à jamais scellées dans le bonheur ou la douleur. Mais un jour, témoin de la violence faite à sa soeur, Tom réagira…

- Appréciation : Pourquoi pas ?

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : novembre 2011

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Tarja

16 novembre 2011

 

Critique

- Avis : En cherchant l’amour, Tarja se détruit. Comme l’a fait avant elle avec la drogue, Jessica sa meilleure amie. Cette mort l’obsède et elle ne peut en partager la douleur qu’avec Léon le seul garçon qui l’aime d’amitié. Tarja se construit en remontant le temps.  chapitre après chapitre : la mort, la vieillesse, l’âge adulte, la jeunesse, la vie, la naissance. le personnage de Tarja est d’autant plus attachant qu’il est fragile et fort à la fois. D’une situation somme toute banale le lecteur avance petit à petit vers une évidence, l’espoir. Si la situation est extrême Tarja est entendue par ses parents, son ami Léon, sa tante Lise et les médecins. Elle quitte peu à peu son sentiment de culpabilité grâce à la parole.  Le récit de Jean-Noël Sciarini est une performance d’auteur. Il choisit la première personne, il est le personnage.

- Appréciation : Coup de coeur

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : novembre 2011

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les cinq bonheurs de la chauve-souris

23 juin 2010

 

Critique

- Avis : Le mystère reste entier sur la situation de Lou et Salomé dans cette forêt. On apprend peu à peu que ce lieu est lié à un souvenir d’enfance,  un oncle… La description des parties de pêche est remarquable. Malgré les difficultés rencontrées, les soeurs sont solidaires dans le secret qui les lie. Salomé se sent coupable, elle qui n’a rien pu faire pour Lou, si petite devant leur beau-père qui a abusé d’elle. Une écriture efficace, un univers magique qui font de ce roman un paradoxe.  L’auteur a choisi d’opposer la violence de l’inceste à la poésie des mots. Une réussite

- Appréciation : Coup de coeur

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : juin 2010

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Comme tu as changé

9 février 2009

 

Critique

Avis : Paru aux éditions de l’olivier en 1992, ce roman paraît aujourd’hui chez Actes-Sud c’est le tout premier roman de Guillaume Le Touze. Le personnage de Paul préfigure tous les autres personnages de ses romans parus depuis. Cassé par la vie, enfermé dans une famille à part Paul cherche une issue mais il a encore de l’espoir.  Félix le père est en réalité le deuxième enfant. Alcoolique il se perd dans la vie le regard plongé dans un verre. Liliane la mère est une femme active. Son mari, elle fait avec d’autant qu’il n’est pas violent mais seulement absent. Pour prendre l’air et continuer d’exister elle inverse les rôles. Se rend-elle compte qu’elle contraint son fils à être le père de son père ? Jusque là, si le ton est direct et sans détours le récit se construit peu à peu à travers les difficultés de chacun. Mais dans l’hôtel de Dijon tout bascule. Et le ton devient cru quand  Paul se fait violer sans rien dire. Ne sait-il que plier devant la contrainte ou est-il prêt à tout pour retrouver son père ? La scène est décrite avec des détails qui ne s’inventent pas, alors le roman devient dérangeant jusqu’à l’écœurement parfois. Un roman pour public averti et accompagné.

Appréciation : Pourquoi pas ?

Nom du critique : Sophie Audouard

Date : Février 2009

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Doberval 2, vent divin

22 décembre 2008

 

Critique

- Avis :




La violence n’a pas de limite. Par contre la tolérance humaine à la haine au mépris et à l’horreur elle a des limites. Confrontés au racisme, à la douleur de la mort d’un proche, au mépris, au viol, les réactions des personnages du roman sont multiples. L’enterrement de Greg est le point de départ, le motif de l’explosion de chacun. Les réactions des uns et des autres partent à mille à l’heure ce qui rend la lecture captivante. Toujours comme pour le 1er épisode (Kamikaze) cette langue parlée qui ne sert en rien l’histoire, même si on s’habitue.

- Appréciation : Pourquoi pas ?

- Nom du critique : Sophie Audouard

- Date : décembre 2008

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Kaïna-Marseille

20 octobre 2008

Critiques :

Avis :

C’est avec Kaïna-Marseille que je découvre la collection « D’une seule voix » dirigée par Jeanne Benameur et Claire David. Je suis conquise par ce texte à la première personne. Une confidence faite au lecteur ou un cri pour conjurer la cruauté du monde ?

Mamata puise sa force dans les épreuves qu’elle traverse. Kaïna lui donnera le premier enseignement de sa vie de femme. « Donner quelques mois à un homme pour être libre ou sa vie à un mari et ne pas l’être » sera le deuxième enseignement, celui de papa Diah. « Mieux vaut un frère qu’on se choisi qu’un cousin dont on rêve ». Ce troisième enseignement permettra à Mamata de finir sa levée de deuil. Elle a quitté l’enfance, gagné un enfant et un nom. Elle vivra en femme libre sans amertume. Grâce à Kaïna, Mamata a échappé à son destin de femme africaine mais à quel prix.

Appréciation : Coup de coeur

Nom du critique : Sophie Audouard

Date : avril 2007

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Quelque chose à te dire

22 juin 2008

Critique :
- Avis : 
Souvent, dans les romans de Marie-Sophie Vermot, les personnages sont confrontés à des difficultés, des épreuves de la vie. Ici, c’est un viol, un inceste. Dominique dont la mère a préféré se consacrer à sa carrière plutôt qu’à sa fille a été élevée par son père. Quand à l’adolescence elle est partie en internat son père s’est senti abandonné et s’est réfugié dans l’alcool. A son retour le drame était inévitable. De cet inceste est né Frédéric. Pour protéger sa fille Julia s’arrange pour faire croire que Frédéric est son fils. Un soir qu’il était ivre et que la tempête faisait rage, le père de Dominique se jette de la falaise avec Frédéric dans les bras. Ce lourd secret pèse sur la vie de Dominique depuis seize ans. C’est à la fin du roman que l’auteur nous le dévoile en quelques pages. Julia elle est restée la même distante comme si ce drame ne l’avait pas touché. Son personnage n’est pas vraiment attachant alors que l’on s’attendait à la voir changer au contact de sa petite fille. Un roman sur un secret de famille dont le récit est bien construit mais un peu froid à l’image de la grand-mère.
- Appréciation : Recommandé
- Nom du critique : Sophie Audouard
- Date :
mai 2008

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