arts et culture - dossiers - ateliers du goût


e concours de blanc en neige

Commentaire pédagogique    
   


1. On demande aux enfants, par binômes successifs, de casser les oeufs, de mettre le blanc d’oeuf dans leur saladier. Les jaunes sont mis dans le saladier commun.

Pour leur faire comprendre ce point, il est souvent utile de leur rappeler que l’on obtient, en cuisine, plus de mousse avec deux blancs d’oeufs qu’avec un seul.

On fera remarquer que "bien casser un oeuf" consiste à bien séparer le jaune et le blanc : de ce fait, quand on fait passer l’oeuf d’une demi coquille dans l’autre, on doit prendre garde à ne pas casser le jaune, sous peine que celui-ci se mélange au blanc sans qu’on puisse ensuite l’en séparer.

A noter que, pour des raisons d’organisation, il est préférable de faire casser les oeufs successivement, l’ensemble de la classe commentant le geste effectué par un enfant. Cette procédure donne également l’occasion de verbaliser le geste, ce qui conduit souvent à une amélioration progressive. La succession des observations permet enfin la constitution d’une expérience collective.

Les jaunes sont réunis. Si l’atelier "blanc en neige" est fait le matin, l’après-midi peut être utilisée pour des expériences sur les jaunes ou sur les coquilles.


Le geste est généralement connu des enfants des écoles, mais il n’a pas été souvent pratiqué. Le professeur pourra faire l’expérience qui consiste à essayer de casser un oeuf entre les deux mains, en pressant le petit bout vers le gros bout ; l’échec pourra conduire à des expériences de résistance des matériaux (voir " prolongements ").

En revanche, tapoter le centre de l’oeuf contre le rebord du saladier conduit à le casser. En effet, la force agit sur une épaisseur limitée à celle de la coquille
.
Expliquer qu’il faut ensuite retourner l’oeuf (au-dessus du saladier) pour mettre la cassure vers le haut, placer les deux pouces dans la cassure et ouvrir, en conservant le jaune dans une des demi coquilles. Puis transvaser le jaune d’une demi coquille à l’autre, en faisant couler le blanc dans le saladier.

 


 
2. Observation du blanc d’oeuf, considérations sur l’oeuf (structure, production...)
Commentaire sur la couleur : quelle est la couleur de blancs d’oeufs éclairés par de la lumière colorée (si possible, faire l’expérience en éclairant à l’aide d’une lampe de poche, dans le noir, avec un plastique de couleur transparent devant la lampe). Possibilités de commentaire sur la couleur des objets : absorption, émission.

Discussion sur la structure de l’oeuf : le jaune, le blanc. Observation de zones différentes dans le blanc (en posant un blanc dans un récipient plat, de type poêle, on voit des zones d’épaisseurs différentes).

Discussion sur la production de l’oeuf : présentation de documents montrant les étapes successives de la constitution d’un oeuf dans la poule, présentation de documents sur la production industrielle des oeufs.


On commencera par observer le blanc d’oeuf : ce dernier n’est pas blanc, mais transparent, et un peu jaune.
Discussion sur la dénomination : les enfants constateront la couleur blanche du blanc d’oeuf cuit et comprendront, de ce fait, pourquoi le blanc d’oeuf est ainsi nommé. On fera remarquer que ce phénomène (familier) est pourtant tout à fait extraordinaire et l’on pourra diriger une discussion : les enfants connaissent-ils d’autres exemples de produits qui durcissent en chauffant ? Pour poursuivre, on pourra éclairer le blanc d’oeuf cuit par de la lumière colorée (lampe de bureau masquée par un intercalaire de plastique coloré) et observer que le blanc n’est alors plus blanc, mais coloré selon la lumière qu’il reçoit.
3. On demande aux enfants de fouetter un peu le blanc, afin d’obtenir quelques bulles. Observation du geste : on se demande quel est l’objectif de l’opération, comment, connaissant cet objectif, on peut le réaliser. On observe et on décrit les bulles (couleur, forme, position...).
On pourra aussi observer que les bulles formées sont à la surface du liquide. Considérations de densité (air moins dense que l'eau). Analyse de chaque bulle, et schéma au tableau : chaque bulle est couverte d'une mince pellicule de liquide.
On essaiera de les percer d'une pointe de crayon.

On observera des groupements éventuels de bulles. A l'aide d'un crayon, on essaiera de les dégrouper, de les déplacer.

On conclura cette partie en se demandant pourquoi les bulles sont stables (relativement) dans les blancs d'oeuf et pas dans l'eau.
D'où des considérations sur la constitution de l'eau et du blanc d'oeuf.
A noter que ces études seraient plus difficiles avec des bulles de savon, car ces dernières sont plus fragiles.

L'eau : sans s'appesantir sur ce thème, on demandera aux enfants s'ils savent ce qu'est l'eau (observation d'un verre d'eau). Ils répondent généralement que c'est un liquide transparent. De quoi est-il fait et pourquoi l'eau est-elle liquide ? Pour introduire à la constitution de l'eau en molécules (on fera écrire le mot au tableau, étymologie, histoire), on prendra de petites billes que l'on mettra dans un verre, puis que l'on versera dans un saladier. On expliquera que les molécules sont comme des billes invisibles (on pourra faire l'expérience, plusieurs fois de suite, avec des billes de plus en plus petites, transparentes si possible). Toutefois, la différence entre des billes et des molécules tient à leur mouvement : les molécules sont en mouvement permanent même quand l'eau est immobile, alors les billes ne bougent pas si le verre est immobile.
A noter que des enfants même très jeunes comprennent parfaitement cette idée. Ceux qui ont le plus de mal parviennent à imaginer les molécules quand on leur demande de fermer les yeux.

On examinera ensuite le blanc d'oeuf, afin de chercher les différences moléculaires qui expliquent les différences de moussabilité entre le blanc d'oeuf et l'eau pure.
Par exemple, on pourra chauffer doucement un blanc d'oeuf dans une poêle, et observer un dégagement de fumée blanche ; on pourra expliquer la différence entre vapeur (invisible) et fumée (visible parce que composée de gouttelettes condensées, si petites qu'elles sont individuellement invisibles).
Puis on condensera la fumée sur une surface transparente froide (saladier ou bol de cantine, par exemple). A l'aide d'un couvercle posé ensuite sur la poêle, on pourra récupérer assez d'eau sur le couvercle pour le goûter et conclure que le blanc d'oeuf contient de l'eau. En fin d'opération, il ne reste dans la poêle qu'une mince feuille transparente, jaune-brun, qui ressemble à une feuille de gélatine. On expliquera qu'elle est composée de molécules qui, dans un blanc d'oeuf battu en neige, enrobent les bulles d'air et les stabilisent dans l'eau. Ces molécules se nomment "protéines".
 
Axel H
Pour faire mieux comprendre l’intérêt du fouet dans la formation d’une mousse (des bulles dispersées dans un liquide, ici de l’air dispersé dans l’eau), on fait tourner un crayon ou un petit fil de fer dans un blanc d’oeuf et on observe que le crayon ou le fil n’introduisent pas de bulles d’air. En revanche, les mêmes crayon ou fil inclinés, et plongés en conservant un angle constant avec l’horizontale, poussent de l’air dans le liquide et forment des bulles. On en déduit que, pour faire une mousse, composée de bulles d’air dans le liquide que constitue le blanc d’oeuf, on devra effectuer un mouvement tournant, dans un plan vertical, du fouet.
On observera également qu’un fouet sera efficace s’il comporte beaucoup de fils : chaque fil pousse de l’air dans le liquide. On ajoutera que le manche doit être assez gros ; rapprochement avec la crampe de l’écrivain.

On fera des commentaires sur le geste de fouetter des blancs en neige : si l’épaule et le bras sont contractés, l’élève se fatiguera rapidement. D’où la nécessité de ne fouetter qu’avec le poignet.

Les bulles seront observées individuellement. On fera dire progressivement aux élèves qu’elles sont transparentes (elles sont en effet composées d’air) et qu’on voit des reflets sur leur partie supérieure. Selon les conditions d’observation, on pourra compter le nombre de reflets sur chaque bulle, et voir qu’il correspond au nombre de lampes puissantes de la pièce. En lumière du jour, on verra le reflet de la lumière passant par les fenêtres. Ces reflets seront souvent blancs. Puis on éclairera les bulles par de la lumière colorée (voir montage décrit précédemment, à l’aide d’intercalaires placés devant une lampe de bureau), et on observera que des reflets de couleur apparaissent.