Cet
atelier s’effectue en plusieurs jours successifs : les temps de
repos nécessaires à l’observation des phénomènes
imposent de faire les préparations en début de demi-journée,
et les observations en fin de demi-journée. En introduction à
chaque séance de la série, le professeur aura intérêt
à résumer et synthétiser les résultats précédemment
obtenus.
Pour le premier
pâton, on se contentera d’ajouter progressivement de l’eau
à de la farine, jusqu’à ce que l’on obtienne
un pâton qui ne colle plus aux mains ou aux parois du saladier.
Pour le second pâton, on diluera
d’abord une quantité appropriée de levure dans un
peau d’eau tiède (se conformer aux prescriptions qui figurent
sur le paquet de levure), et on ajoutera cette solution à la farine.
On complétera avec de l’eau pure, jusqu’à obtention
d’un pâton.
Quand les pâtons auront reposé,
on observera que le second pâton a gonflé, alors que le premier
est resté à son volume initial. On conclura que c’est
la levure qui a fait gonfler le second pâton. D’où
la question : pourquoi ce gonflement? Puisque la seule différence
est la présence de la levure, dans le second pâton, et que
celle-ci est en présence de farine et d’eau, on est conduit
à la question : le gonflement provient-il d’une réaction
de la levure avec la farine, ou de la levure avec l’eau? D’où
l’expérience suivante.
Commentaire
pédagogique 1. Le professeur fait préparer à un élève
un pâton sans levure (eau et farine), et à un autre élève
un pâton avec levure (eau et levure, puis farine). Les deux pâtons
sont placés dans un saladier, couverts d’un linge et laissés
dans un endroit tiède pendant une heure. On observe leur transformation
éventuelle.
Cette expérience prépare l’étude
du pain. Elle pose la question du gonflement de la pâte et révèle
l’importance de la levure, que l’on explorera dans la suite.
Commentaire
pédagogique 2. Le professeur demande à un troisième
élève de mélanger de la levure à de la farine,
et à un quatrième élève de mettre de la levure
dans de l’eau tiède. On laisse reposer et on observe.
On observera que la farine additionnée de levure
ne gonfle pas, mais que la levure placée dans l’eau dégage
de petites bulles. Les enfants concluront que les levures ont besoin d’eau
pour faire gonfler la pâte.
Commentaire pédagogique
3. Le professeur fait préparer un pâton à partir de
farine, d’eau et de levure. Le pâton est divisé en
deux moitiés qui sont couvertes d’un linge et placées
l’une au chaud, et l’autre au froid. On laisse reposer et
on observe.
Les pâtons
de l’expérience initiale ont été placés
dans un lieu tiède. Pourquoi ? Cette question conduit à
mettre les enfants à questionner l’influence du chaud sur
la levure. D’où l’expérience qui teste ce paramètre.
On observera que les pâtons ne gonflent que si les levures sont
à une température suffisante.
Commentaire
pédagogique 4. Pour confirmer et comprendre le phénomène,
le professeur demandera à un élève de mettre de la
levure dans de l’eau sucrée et glacée, d’une
part, et dans de l’eau sucrée et tiédie, d’autre
part.
Les élèves observent alors que de petites bulles de gaz
se dégagent de l’eau tiédie, mais pas de l’eau
froide. On conclut que la levure ne fait de gaz, qui fait gonfler la pâte,
que si la température est suffisante.
En pratique, pour bien montrer le phénomène,
on pourra utiliser un verre ou un petit pot transparent où l’on
met une hauteur d’eau de trois centimètres environ. L’eau
doit être tiède : on y plongera le doigt pour juger de la
température si l’on ne dispose pas de thermomètre.
Après y avoir dissout une cuillerée de sucre, on y ajoute
l’équivalent d’un sachet de levure «sèche»
(grandes surfaces, épiciers, boulangers, pâtissiers) ou un
cube de levure acheté chez le boulanger.
L’observation que doit faire
la classe est la suivante : après quelques minutes, de petites
bulles montent vers la surface et forment une collerette, voire un tapis
de bulles, en surface.
Ces bulles sont un gaz nommé dioxyde de carbone, composé
d’un atome de carbone et de deux atomes d’oxygène.
On pourra le mentionner afin de faire le lien avec les informations de
la presse, de la radio ou de la télévision, qui font souvent
état de «CO2», de «gaz carbonique», de
«dioxyde de carbone».
Commentaire
pédagogique 5. Enfin, si l’école dispose d’un
microscope, on observe une goutte d’une solution sucrée où
des bulles apparaissent.
Le microscope permet de voir les levures et, parfois
même, des levures en cours de division.
Sur la lame du microscope, des bulles sont également présentes
et visibles. La farine, elle, se présente avec l’aspect de
grosses masses translucides, qui sont des grains d’amidon empesés.