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	<title>parcours europeens &#187; Andersen</title>
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		<title>Présentation</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Nov 2009 15:23:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Andersen]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Niveaux conseill&#233;s : 6e, lyc&#233;e professionnel &#160; &#160;C&#8217;est &#233;videmment &#224; la 6e que l&#8217;on pense, lorsqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;&#233;tudier au coll&#232;ge le conte, dans la mesure o&#249; cette &#233;tude, comme celle du merveilleux et du r&#233;cit figurent dans les programmes. Les m&#234;mes programmes recommandent express&#233;ment &#160;la lecture de contes de Hans Christian Andersen. Lire des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>&nbsp;</div>
<div><b>Niveaux conseill&eacute;s : 6<sup>e</sup>, lyc&eacute;e professionnel </b></div>
<div>&nbsp;</div>
<div>&nbsp;C&rsquo;est &eacute;videmment &agrave; la 6<sup>e</sup> que l&rsquo;on pense, lorsqu&rsquo;il  s&rsquo;agit d&rsquo;&eacute;tudier au coll&egrave;ge le conte, dans la mesure o&ugrave; cette &eacute;tude,  comme celle du merveilleux et du r&eacute;cit figurent dans les programmes. Les  m&ecirc;mes programmes recommandent express&eacute;ment &nbsp;la lecture de contes de  Hans Christian Andersen.</div>
<div>Lire des contes n&rsquo;est pas une nouveaut&eacute; pour les &eacute;l&egrave;ves qui  arrivent au coll&egrave;ge&nbsp;; mais l&rsquo;approche, pour eux, pourra para&icirc;tre  nouvelle&nbsp;: davantage que dans les classes ant&eacute;rieures, il s&rsquo;agira de les  analyser en d&eacute;tail, sans rien enlever au plaisir de la lecture et de la  d&eacute;couverte des histoires.</div>
<div>Le pr&eacute;sent travail pourra &eacute;galement &ecirc;tre propos&eacute; &agrave; des &eacute;l&egrave;ves de  lyc&eacute;e professionnel, auxquels il faudra faire lire des textes facilement  accessibles et qu&rsquo;il faudra sensibiliser &agrave; l&rsquo;&eacute;tude du r&eacute;cit.</div>
<h3>&nbsp;L&#8217;auteur</h3>
<div>Hans Christian Andersen na&icirc;t le 2 avril 1805 &agrave; Odense, au Danemark. Issu d&rsquo;une famille pauvre et d&eacute;munie (son p&egrave;re est cordonnier, sa m&egrave;re blanchisseuse) son enfance est marqu&eacute;e par des conditions de vie difficiles&nbsp;ainsi que par une fragilit&eacute; physique et &eacute;motive. L&rsquo;&eacute;cole est pour lui une source d&rsquo;ennui et d&rsquo;humiliation, il y obtient de mauvais r&eacute;sultats.&nbsp;Il d&eacute;veloppe cependant un int&eacute;r&ecirc;t pour la litt&eacute;rature d&egrave;s son enfance et m&eacute;morise des pi&egrave;ces enti&egrave;res de Shakespeare.</div>
<div>Son p&egrave;re meurt en 1816 et Andersen est alors oblig&eacute; de travailler, d&rsquo;abord chez un tailleur, puis dans une usine de tabac.</div>
<div>&nbsp;</div>
<div>A l&rsquo;&acirc;ge de quatorze ans, il quitte Odense pour Copenhague dans le but de faire du th&eacute;&acirc;tre et de devenir chanteur d&rsquo;op&eacute;ra. C&rsquo;est un &eacute;chec, mais il y rencontre des intellectuels et des gens de th&eacute;&acirc;tre (Jonas Collins, notamment, directeur du Th&eacute;&acirc;tre royal) qui l&rsquo;incitent &agrave; retourner a l&rsquo;&eacute;cole et &agrave; parfaire son &eacute;ducation.&nbsp;Il obtient son baccalaur&eacute;at en 1827 et s&rsquo;essaie &agrave; divers genres litt&eacute;raires&nbsp;: po&eacute;sie, th&eacute;&acirc;tre, romans, puis r&eacute;cits fantastiques.</div>
<div>&nbsp;</div>
<div>En 1829, la publication d&rsquo;une nouvelle fantastique,<strong> </strong><i>Un voyage &agrave; pied depuis le canal Holmen jusqu&rsquo;au point d&rsquo;Amager</i>, marque son premier succ&egrave;s.</div>
<div>Son premier roman, <strong><i>L&rsquo;improvisateur</i></strong>, para&icirc;t en 1835 et conna&icirc;t un succ&egrave;s imm&eacute;diat. Au travers d&rsquo;une histoire largement autobiographique, il y aborde le th&egrave;me de la marginalit&eacute;, un th&egrave;me r&eacute;current dans l&rsquo;&oelig;uvre d&rsquo;Andersen, que l&rsquo;on retrouve notamment dans <i>Le vilain petit canard.</i></div>
<div>&nbsp;</div>
<div>La m&ecirc;me ann&eacute;e para&icirc;t un recueil intitul&eacute; <i>Contes</i> et dont les r&eacute;cits sont largement inspir&eacute;s de l&eacute;gendes traditionnelles danoises ainsi que des histoires qu&rsquo;il a lues ou entendues enfant. Ce premier volume est compl&eacute;t&eacute; en 1836 et 1837.</div>
<div>Andersen commence une seconde s&eacute;rie de contes en 1838 sous le titre de <i>Nouveau Contes (publi&eacute;s &agrave; partir de 1843)</i>, et une troisi&egrave;me s&eacute;rie en 1843 (publi&eacute;e jusqu&rsquo;en 1848) intitul&eacute;e <i>Nouveaux Contes et histoires</i>.</div>
<div>&nbsp;</div>
<div>Parmi ses contes les plus connus, on trouve <strong><i>Les Nouveaux Habits de l&rsquo;empereur</i></strong><i>, </i><strong><i>La Princesse sur le pois</i></strong> ou encore <strong><i>La Petite sir&egrave;ne</i></strong>.&nbsp;A la fois plus personnels et plus originaux, ces contes d&eacute;gagent une magie qui tient autant &agrave; la pr&eacute;sence de reines et de rois r&eacute;els ou imaginaires qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;intervention d&rsquo;animaux, de plantes ou de cr&eacute;atures magiques. En m&ecirc;lant le merveilleux et l&rsquo;ironie, Andersen ne s&rsquo;adresse pas seulement &agrave; un public enfantin mais aussi et avant tout &agrave; des adultes. Au travers d&rsquo;histoires parfois triviales en apparence, il d&eacute;peint des attitudes et des traits de caract&egrave;re humains de fa&ccedil;on saisissante. Il renouvelle ainsi le genre, tant au niveau du contenu que du style, usant des expressions et des m&eacute;canismes du langage parl&eacute;, ce qui est tout &agrave; fait nouveau dans la tradition litt&eacute;raire danoise de l&rsquo;&eacute;poque.</div>
<div>Ses romans et ses contes sont traduits d&egrave;s la fin des ann&eacute;es 1830, d&rsquo;abord en Allemagne, o&ugrave; il s&eacute;journera r&eacute;guli&egrave;rement, puis dans de nombreux pays d&rsquo;Europe, lui assurant ainsi une renomm&eacute;e internationale grandissante.</div>
<div>&nbsp;</div>
<div>C&rsquo;est aussi dans les ann&eacute;es 1830 qu&rsquo;il commence une s&eacute;rie <strong>de nombreux voyages </strong>qui seront l&rsquo;occasion pour lui de rencontrer d&rsquo;autres figures artistiques influentes de l&rsquo;&eacute;poque et qui constitueront une source d&rsquo;inspiration pour certains de ses romans et des ses r&eacute;cits de voyage. Ainsi, en 1835, il effectue son premier grand voyage en Europe gr&acirc;ce &agrave; un petit viatique du roi. Apr&egrave;s avoir visit&eacute; la Su&egrave;de en 1837, il effectue son second grand voyage en Europe en 1841 et 1842. Lors d&rsquo;un voyage &agrave; Paris en&nbsp;1843, il fera la connaissance de Balzac, d&rsquo;Hugo et de Lamartine et il rencontrera Dickens en 1847 lors de son premier voyage en Angleterre.</div>
<div>Alors que ses <strong>contes </strong>continuent &agrave; para&icirc;tre en &eacute;pisodes (jusqu&rsquo;en 1872), il publie aussi des <strong>r&eacute;cits de voyage </strong>(<i>En Su&egrave;de</i>, 1851&nbsp;; <i>En Espagne</i>, 1862) et certaines de ses pi&egrave;ces sont repr&eacute;sent&eacute;es dans de grands th&eacute;&acirc;tres (<i>La fleur du bonheur</i> jou&eacute;e au Th&eacute;&acirc;tre Royal en 1845).</div>
<div>&nbsp;</div>
<div>Le succ&egrave;s que rencontre ses contes et sa c&eacute;l&eacute;brit&eacute; grandissante lui valent de nombreuses amiti&eacute;s et des r&eacute;compenses de la part de plusieurs couronnes d&rsquo;Europe&nbsp;: il est d&eacute;cor&eacute; par le roi de Prusse et par le roi du Danemark en 1845 et il re&ccedil;oit la croix de premi&egrave;re classe de commandeur de Dannebrog en 1875, quelques mois avant de mourir.&nbsp;Il est aussi r&eacute;guli&egrave;rement invit&eacute; &agrave; s&eacute;journer dans les r&eacute;sidences princi&egrave;res ou royales au Danemark et &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger.</div>
<div>&nbsp;</div>
<div>Il meurt le 4 aout 1875 &agrave; Copenhague, laissant derri&egrave;re lui une &oelig;uvre qui inspirera nombre d&rsquo;artistes et qui fera le bonheur de millions de lecteurs, enfants ou adultes, conquis par un univers qu&rsquo;il aura mis 37 ans &agrave; b&acirc;tir. Il est enterr&eacute; au cimeti&egrave;re d&rsquo;Assistens &agrave; Copenhague.</div>
<h3>&nbsp;L&#8217;oeuvre&nbsp;</h3>
<div><em><b>1. Le conte, de la tradition orale au genre litt&eacute;raire</b></em></div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;">La particularit&eacute; du conte est de relever, &agrave; l&rsquo;origine, de la tradition orale et populaire. Se faisant sans le recours &agrave; l&rsquo;&eacute;crit, sa transmission impliquait de fait des modifications perp&eacute;tuelles et laissait place &agrave; l&rsquo;imagination de chaque conteur. Longtemps consid&eacute;r&eacute; comme un genre mineur il ne commence &agrave; &ecirc;tre fix&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;crit qu&rsquo;&agrave; la Renaissance et n&rsquo;int&egrave;gre la litt&eacute;rature acad&eacute;mique qu&rsquo;&agrave; partir du XVII<sup>e</sup>&nbsp;si&egrave;cle en gagnant les faveurs des salons litt&eacute;raires de l&rsquo;&eacute;poque.</div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;">S&rsquo;il est devenu un genre litt&eacute;raire &agrave; part enti&egrave;re, le conte se caract&eacute;rise par sa grande diversit&eacute;. Il n&rsquo;est pas forc&eacute;ment merveilleux m&ecirc;me si cette forme est la plus courante. C&rsquo;est avant toute chose un r&eacute;cit, une narration. Il est g&eacute;n&eacute;ralement bref, se r&eacute;f&egrave;re au pass&eacute; et comporte un nombre restreint de personnages. Bien souvent, les faits ne sont pas dat&eacute;s, appartiennent &agrave; un pass&eacute; lointain ce qui conf&egrave;re une intemporalit&eacute; au conte. Des formules telles que &laquo;&nbsp; Il &eacute;tait une fois&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Il y a bien longtemps&nbsp;&raquo; sont ainsi fr&eacute;quentes. De m&ecirc;me, les lieux pr&eacute;sent&eacute;s ne peuvent &ecirc;tre situ&eacute;s avec pr&eacute;cision. Il s&rsquo;agit davantage de d&eacute;cors tels que&nbsp;ch&acirc;teaux, for&ecirc;ts, lacs&hellip; Comme d&rsquo;autres formes de r&eacute;cit, la troisi&egrave;me personne ainsi que l&rsquo;emploi du pass&eacute;-simple et de l&rsquo;imparfait sont pr&eacute;dominants. A la diff&eacute;rence du fantastique, caract&eacute;ris&eacute; par l&rsquo;irruption du surnaturel dans un univers familier et par les h&eacute;sitations du lecteur, le merveilleux place d&rsquo;embl&eacute;e le lecteur dans un monde coup&eacute; du r&eacute;el et de toute rationalit&eacute;.</div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;">&nbsp;</div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;"><em><b>2. Les contes d&rsquo;Andersen, une tonalit&eacute; particuli&egrave;re</b></em></div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;">&nbsp;Si les contes d&rsquo;Andersen reprennent certaines des caract&eacute;ristiques &eacute;voqu&eacute;es pr&eacute;c&eacute;demment, ils se singularisent sur de nombreux points. Leur dimension autobiographique doit tout d&rsquo;abord &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e (cf les th&egrave;mes de l&rsquo;&oelig;uvre). Elle ne se retrouve ni chez les fr&egrave;res Grimm ni chez Perrault. Au niveau stylistique, la langue orale imprime ensuite <strong>un caract&egrave;re tout &agrave; fait original</strong> &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre d&rsquo;Andersen. Elle r&eacute;v&egrave;le le souci constant de l&rsquo;auteur d&rsquo;&ecirc;tre compris des plus jeunes. Des critiques lui ont d&rsquo;ailleurs reproch&eacute; de ne pas &eacute;crire en danois correct et ne se sont pas priv&eacute; de souligner les nombreuses entorses syntaxiques et grammaticales de ses contes. A ce propos, les traductions les plus r&eacute;centes des contes, notamment celle de Marc Auchet (cf bibliographie), sont plus fid&egrave;les au style d&rsquo;Andersen (notamment les mots d&rsquo;enfants et la langue orale). Ceci n&rsquo;implique cependant pas que les contes &eacute;taient uniquement destin&eacute;s aux enfants. Si la mention &laquo;&nbsp;racont&eacute;s aux enfants&nbsp;&raquo; figure dans les premiers volumes, elle finit par ne plus appara&icirc;tre.</div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;">&nbsp;Enfin, Andersen donne une tonalit&eacute; particuli&egrave;re &agrave; ses histoires et <strong>revisite par l&agrave; le genre du conte populaire</strong>. Un rythme enlev&eacute; associ&eacute; &agrave; une certaine concision et <strong>une tonalit&eacute; humoristique</strong> constituent la marque de l&rsquo;auteur et ne se retrouvent pas dans d&rsquo;autres contes populaires contemporains ou ant&eacute;rieurs. La solennit&eacute; et la dimension parfois convenue des fr&egrave;res Grimm sont &eacute;trang&egrave;res &agrave; Andersen qui aime jouer avec les mots, les sonorit&eacute;s, refusant de se poser en moralisateur et osant recourir au tragique et aux fins malheureuses. Quant au merveilleux des contes, il s&rsquo;empare tr&egrave;s souvent du quotidien, du familier sans recours syst&eacute;matique &agrave; l&rsquo;extraordinaire, au surnaturel.</div>
<h3>Les th&egrave;mes</h3>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;">Aborder les th&egrave;mes pr&eacute;sents dans l&rsquo;&oelig;uvre d&rsquo;Andersen c&rsquo;est &eacute;voquer les sources d&rsquo;inspiration de l&rsquo;auteur (l&eacute;gendes, fabliaux, folklore scandinave&hellip;) mais aussi et surtout l&rsquo;existence de celui-ci dans la mesure ou bien souvent son personnage, sa propre vie constituent la mati&egrave;re premi&egrave;re de ses contes. Ce peut &ecirc;tre le cas lorsqu&rsquo;il reprend les histoires qu&rsquo;il a entendues au cours de son enfance (grand-m&egrave;re, p&egrave;re) ou lorsqu&rsquo;il s&rsquo;appuie sur ses souvenirs d&rsquo;enfant et des &eacute;pisodes de sa vie d&rsquo;adulte (&eacute;checs, voyages&hellip;).</div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;">Avant de d&eacute;tailler la diversit&eacute; th&eacute;matique de l&rsquo;&oelig;uvre d&rsquo;Andersen, il faut consid&eacute;rer la distinction que l&rsquo;auteur lui m&ecirc;me avait &eacute;tablie entre <strong>deux familles de contes</strong>. D&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; les <strong><i>eventyr</i> </strong>caract&eacute;ris&eacute;s par des p&eacute;rip&eacute;ties multiples, des rebondissements avec des &eacute;l&eacute;ments merveilleux de type plus f&eacute;&eacute;rique que fantastique (<i>La Petite sir&egrave;ne</i>, <i>Le Vaillant soldat de plomb</i>). De l&rsquo;autre les <strong><i>historier</i></strong>, souvent plus r&eacute;alistes, plus proches de la fable et donc plus courts (<i>Les Nouveaux Habits de l&rsquo;empereur</i>).</div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;">&nbsp;</div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;"><em><b>1. La m&eacute;tamorphose</b></em></div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;">Ce th&egrave;me est pr&eacute;sent dans de nombreux contes mais il rev&ecirc;t des formes et des significations qui peuvent varier. Il est intimement li&eacute; au v&eacute;cu de l&rsquo;auteur dans la mesure o&ugrave; la m&eacute;tamorphose peut constituer un moyen de fuir un milieu, un environnement, une condition. Issu d&rsquo;un milieu modeste, Andersen ne s&rsquo;est effectivement jamais vraiment senti &agrave; sa place au sein de l&rsquo;&eacute;lite intellectuelle ou bourgeoise de la soci&eacute;t&eacute; danoise de l&rsquo;&eacute;poque. Par surcroit, il n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; v&eacute;ritablement aim&eacute;, en a souffert et a toujours eu conscience du fait d&rsquo;&ecirc;tre &agrave; part, diff&eacute;rent (m&ecirc;me physiquement d&rsquo;ailleurs). Comment donc ne pas voir dans la m&eacute;tamorphose du vilain petit canard en cygne <strong>l&rsquo;ascension sociale et la r&eacute;ussite d&rsquo;Andersen </strong>ayant vaincu pr&eacute;jug&eacute;s et critiques d&rsquo;une &eacute;lite &eacute;triqu&eacute;e&nbsp;?</div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;">La petite sir&egrave;ne constitue aussi une variation sur le th&egrave;me de la m&eacute;tamorphose. Si les motivations sont oppos&eacute;es aux pr&eacute;c&eacute;dentes (la petite sir&egrave;ne ne souffre pas de son appartenance sociale) la d&eacute;marche est la m&ecirc;me&nbsp;: changer de nature pour acc&eacute;der &agrave; une autre vie.</div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;">&nbsp;</div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;"><em><b>2. La critique sociale</b></em></div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;">Andersen na&icirc;t dans une famille extr&ecirc;mement modeste. Son p&egrave;re est cordonnier et sa m&egrave;re n&rsquo;a pas re&ccedil;u d&rsquo;instruction et sombre dans l&rsquo;alcoolisme apr&egrave;s son remariage. Tr&egrave;s t&ocirc;t il se met &agrave; &eacute;crire et aspire &agrave; la gloire litt&eacute;raire. S&rsquo;il fr&eacute;quente d&eacute;sormais les cercles les plus en vue au Danemark et en Europe, il n&rsquo;en a pas moins oubli&eacute; ce qu&rsquo;il a connu et ses &eacute;crits lui fournissent l&rsquo;occasion de d&eacute;noncer la duret&eacute;, la cruaut&eacute; de la soci&eacute;t&eacute; de l&rsquo;&eacute;poque. <i>La petite fille aux allumettes</i> peut &ecirc;tre vue comme une d&eacute;nonciation du travail des enfants, de leurs conditions de vie dans les milieux populaires et de l&rsquo;indiff&eacute;rence de la soci&eacute;t&eacute; face &agrave; cela.</div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;">Comme &agrave; son habitude, c&rsquo;est avec une &eacute;conomie de moyens qu&rsquo;Andersen exprime les choses. Le commentaire d&rsquo;un badaud, &laquo;&nbsp;Elle a voulu se r&eacute;chauffer&nbsp;&raquo;, y suffit. Familier des cours europ&eacute;ennes et de la haute soci&eacute;t&eacute;, il raille aussi volontiers la vanit&eacute; et la fatuit&eacute; des &eacute;lites et des puissants. Au besoin, il recourt &agrave; la farce et la satire comme dans <i>Les Nouveaux Habits de l&rsquo;empereur</i> o&ugrave; il raille l&rsquo;obsession de para&icirc;tre et la b&ecirc;tise d&rsquo;un homme mais aussi de ceux qui, par instinct gr&eacute;gaire, n&rsquo;osent faire &eacute;clater le scandale. Enfin, Andersen pointe aussi ces comportements qui visent &agrave; hi&eacute;rarchiser les individus et donc &agrave; exclure.&nbsp;Dans <strong><i>Le Vilain petit canard</i></strong>, probablement <strong>le plus autobiographique de ses contes</strong>, nous pouvons constater combien &ecirc;tre diff&eacute;rent peut susciter le rejet voire l&rsquo;agressivit&eacute; des autres.</div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;">Cette dimension critique se passe cependant de morale et les contes d&rsquo;Andersen ne sont pas des manifestes. Montrer les errements de ses contemporains certainement, prendre la posture du donneur de le&ccedil;ons et du redresseur de torts certainement pas.</div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;">&nbsp;</div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;"><em><b>3. La nature</b></em></div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;">Th&egrave;me de pr&eacute;dilection des romantiques, la nature occupe une place de choix dans la litt&eacute;rature scandinave. Sans surprise donc, ce th&egrave;me est r&eacute;current dans l&rsquo;&oelig;uvre d&rsquo;Andersen. V&eacute;g&eacute;taux et animaux sont donc des personnages &agrave; part enti&egrave;re (<i>L&rsquo;Escargot et le rosier</i>, <i>Le Rossignol</i>, <i>Le Dernier r&ecirc;ve du vieux ch&ecirc;ne</i>, <i>Le Vilain petit canard</i>&hellip;). Cependant, &agrave; la diff&eacute;rence de La Fontaine, les contes d&rsquo;Andersen n&rsquo;ont<strong> pas de vis&eacute;e moralisatrice ou de port&eacute;e anecdotique</strong>. Les descriptions sont toujours pr&eacute;cises et r&eacute;v&egrave;lent sa tr&egrave;s bonne connaissance de la faune et de la flore. Ceci s&rsquo;accompagne aussi parfois d&rsquo;un lyrisme et d&rsquo;une emphase r&eacute;v&eacute;lateurs de son admiration pour la beaut&eacute; des paysages et du spectacle de la nature.</div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;">&nbsp;</div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;"><em><b>4. Le voyage</b></em></div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;">Voyageur imp&eacute;nitent, Andersen a parcouru l&rsquo;Europe tout au long de son existence et, sans surprise, le th&egrave;me du voyage, de la d&eacute;couverte du vaste monde, est une composante incontournable de son &oelig;uvre. N&rsquo;oublions pas qu&rsquo;il effectue son premier p&eacute;riple &agrave; 14 ans, lorsqu&rsquo;il quitte Odense pour Copenhague&nbsp;! Si le voyage est source d&rsquo;&eacute;merveillement et de d&eacute;couverte, il est aussi un moyen privil&eacute;gi&eacute; de transformation et de m&eacute;tamorphose. Il permet souvent d&rsquo;acc&eacute;der &agrave; un autre &eacute;tat. Consid&eacute;rons donc la fuite du vilain petit canard qui rejoint les cygnes comme le moyen pour celui-ci d&rsquo;acc&eacute;der &agrave; sa v&eacute;ritable nature et &agrave; sa nouvelle existence. Quant &agrave; la petite sir&egrave;ne, c&rsquo;est son premier voyage &agrave; la surface qui engendre son souhait de changer d&rsquo;&eacute;tat, son second voyage chez la sorci&egrave;re qui lui permet d&rsquo;acc&eacute;der &agrave; ce souhait et son troisi&egrave;me voyage aupr&egrave;s du prince de conna&icirc;tre la r&eacute;alit&eacute; du monde des humains. Bien souvent le voyage des h&eacute;ros d&rsquo;Andersen s&rsquo;apparente &agrave; <strong>un rite de passage</strong> dans la mesure o&ugrave; il exige volont&eacute;, efforts et constance de la part de celui qui l&rsquo;entreprend.</div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;">&nbsp;</div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;"><em><b>5. La religion</b></em></div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;">La religion occupe une place importante dans l&rsquo;&oelig;uvre d&rsquo;Andersen. Sous des formes diff&eacute;rentes (les rites, Dieu, les anges, la mort), elle figure dans presque tous les contes. Andersen a &eacute;t&eacute; &eacute;lev&eacute; dans une famille luth&eacute;rienne et demeurera pratiquant, &agrave; l&rsquo;image de la soci&eacute;t&eacute; danoise de l&rsquo;&eacute;poque.</div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;">La mort est pr&eacute;sente dans <i>La Petite sir&egrave;ne</i> et dans <i>La Petite fille aux allumettes</i>. Dans ce dernier, il est explicitement fait r&eacute;f&eacute;rence &agrave; une vie dans l&rsquo;au-del&agrave; apr&egrave;s la mort&nbsp;: &laquo;&nbsp;elles s&rsquo;envol&egrave;rent joyeuses&#8230;elles &eacute;taient chez Dieu&nbsp;&raquo;. De m&ecirc;me la petite sir&egrave;ne souhaite acc&eacute;der &agrave; l&rsquo;humanit&eacute; et ainsi assurer l&rsquo;&eacute;ternit&eacute; de son &acirc;me. Plus g&eacute;n&eacute;ralement la mort ne rev&ecirc;t pas chez Andersen la dimension tragique et douloureuse que l&rsquo;on trouve commun&eacute;ment. Elle se pr&eacute;sente davantage comme un aboutissement voire une d&eacute;livrance, en tout cas l&rsquo;accession de l&rsquo;&acirc;me &agrave; l&rsquo;&eacute;ternit&eacute;.</div>
<div style="text-align: justify; line-height: 150%;">Dieu est aussi cit&eacute; dans de nombreux contes. Lorsque c&rsquo;est le cas, les personnages semblent souvent s&rsquo;en remettre totalement &agrave; lui et suivre scrupuleusement ses conseils, injonctions, d&eacute;cisions. Si dans quelques cas la parole divine est remise en question ou contest&eacute;e, elle finit par s&rsquo;imposer et &ecirc;tre accept&eacute;e.</div>
<p>&nbsp;</p>
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