Documents complémentaires

Nous proposons ici, en complément du dossier sur Les Liaisons dangereuses de Laclos, trois analyses du film de Stephen Frears, adapté du roman, ainsi que dix questions, sur la même oeuvre cinématographique, au programme de la classe de Terminale L, depuis cette année. 

 

Les Liaisons dangereuses de Stephen Frears – Analyses filmiques

 
 Extrait n° 1 : La peinture du monde paysan : bonté naturelle et rusticité ?
[18’08 – 19’45]
 
 
1- Observez la façon dont commence l’extrait : comment le cinéaste fait-il de la scène à la ferme un spectacle ?
 
2- Comment est représenté le monde paysan ? Notez en particulier comment ce monde s’oppose à celui de la noblesse (habillement, gestes, attitudes…)
 
3- Par quel mouvement de caméra ou par quel cadrage le réalisateur souligne-t-il la supériorité des uns et la gratitude des autres ?
 
4- Les Lumières, et certains philosophes en particulier, ont mis en valeur la bonté naturelle de l’homme, le sentiment de la nature comme valeur positive. L’extrait choisi vous paraît-il illustrer ces thèses ?
 
5- A quel moment, un changement de perspective s’opère-t-il ?
 
6- Pour qui l’acte de générosité a-t-il été mis en scène ? Identifiez un passage qui montre que la scène est tournée comme un tableau fait pour être regardé par un spectateur précis.
 
7- Quel éclairage cela donne-t-il sur la scène qui vient de se passer sous les yeux du spectateur – et ceux de « l’espion » de Madame de Tourvel ?
 
8- « Cela m’a mis la larme à l’œil » : ce commentaire d’Azolan souligne la référence à un spectacle émouvant. Recherchez des représentations picturales du monde paysan à l’époque.
Comment cherchent-elles en effet à émouvoir ?
 
9- Azolan et le vicomte de Valmont sont-ils émus ? Que révèle leur attitude par rapport aux théories de Jean-Jacques Rousseau par exemple ?
 

Extrait n°2 : Cécile déshonorée (à mettre en relation avec la lecture analytique n° 2)

1- Comment le réalisateur met-il en scène une tension dramatique (atmosphère, éclairage, mouvement, bruits…) ?
 
2- Comparer la scène dans la chambre telle qu’elle est relatée dans la lettre 96 et telle qu’elle est transcrite à l’écran. L’adaptation cinématographique vous semble-t-elle fidèle ? Laquelle des représentations rend-elle le mieux la violence de la scène ? Pourquoi ?
 
3- Le montage souligne une ellipse évidente : laquelle ? Que s’est-il passé durant ce moment passé sous silence ?
 
4- Scène de jour / scène de nuit : comment les deux univers sont-ils opposés ?
 
5- Identifiez des comportements – non « illustrés » dans la lettre 96 – qui soulignent la perversité de Valmont, sa joie de jouer avec sa victime.
 
6- Quelle allusion à double sens est ajoutée dans l’adaptation cinématographique ? Expliquez-la.
 
7- Prêtez attention à l’utilisation de la musique : quels personnages unit-elle ?
Est-elle triste ou gaie ? Que suggère-t-elle ? Formulez des hypothèses.
 
8- Quelle technique cinématographique souligne l’enchaînement des événements ? Quel « objet » est particulièrement mis en valeur par cet enchaînement ?
 
9- Quel plan met magnifiquement en valeur la duplicité de la Marquise ?
 


Extrait n° 3 : « Le dernier acte est sanglant quelle que belle que soit la comédie en tout le reste… » (Pascal)

[1’42’04 – 1’48’50]

1- A quoi sert la voix de la Marquise de Merteuil dans la scène qui s’ouvre ? Comment appelle-t-on ce type de voix (entendue sans que le personnage ne soit présent) ?

2- Le réalisateur use une nouvelle fois de plus du montage pour juxtaposer des espaces et des temporalités différents. Identifiez les trois espaces-temps qui se superposent. Lesquels sont contemporains ? Lequel renvoie au passé ?

3- Pourquoi le réalisateur a-t-il choisi de les utiliser (que signifient-ils ?)

4- Quelles sont les trois couleurs dominantes de l’extrait ? Comment les interprétez-vous ?

5- Le vicomte de Valmont et Madame de Tourvel ont été unis dans la chair. Par quels moyens visuels sont-ils à nouveau unis dans le passage choisi ?

6- Quel plan le réalisateur a-t-il choisi pour filmer les dernières paroles de Valmont ? Qu’est-ce que cela apporte à la scène ?

7- Comment les lettres sont-elles mises en valeur ? Par ce que vous avez vu du film, le chevalier Danceny a-t-il choisi de les rendre publiques ?

8- Le vicomte utilise une dernière fois une phrase à double sens. Laquelle ? Témoigne-t-elle d’un changement chez le personnage ?

9- La Présidente de Tourvel va elle aussi employer une expression à double sens : « Tirez le rideau ». Expliquez le double sens. A quel monde le terme de rideau fait-il référence ? Mettez cette phrase en parallèle avec la pensée de Pascal donnée en titre à cette fiche.

10- Comment sont filmés le début et la fin de l’extrait choisi ? Quelle(s) interprétation(s) pouvez-vous faire quant à ce choix de plans cinématographiques ?

 

Dix questions sur Les Liaisons dangereuses (adaptation de Stephen Frears)

Ce questionnaire est à donner avant la projection du film dans son intégralité.
Il suppose d’avoir déjà lu le texte, et d’être familiarisé avec l’œuvre.
Son propos est avant tout de travailler sur l’adaptation et de saisir comment le réalisateur a utilisé les moyens visuels du cinéma pour traduire finement les caractères des personnages et les relations qu’ils entretiennent (on s’attachera particulièrement à la présentation des personnages : jeux de miroirs et artifice chez la Marquise, toilettes immaculées et scènes d’extérieur – lumière « naturelle » – pour la présidente de Tourvel, par exemple).
On s’intéressera aussi à la façon qu’a l’image de retranscrire ce que Charlotte Burel a intelligemment nommé « les Lumières et leurs ombres » . Ainsi, si les valeurs des Lumières sont bien présentes dans le texte (le règne de la raison, la liberté, la sensibilité…) elles sont cependant questionnées. L’adaptation cinématographique, avec son utilisation de la nature, des scènes d’extérieur, ses jeux de miroirs et de lumière avec les clairs obscurs… souligne un monde plus profond et plus pervers que celui vanté par les philosophes. 
 
1- Analyse de la bande annonce :
Observer la manière dont le réalisateur présente la Marquise de Merteuil et le Vicomte de Valmont. Qu’est-ce que cette présentation suggère ? (relations entre les personnages, caractère, statut social…)
2- Le motif du miroir est présent dès la présentation, et sera récurrent durant tout le film. Identifiez quelques scènes où le miroir est présent. Faites la même chose pour l’opéra.
A votre avis, que souligne la présence du miroir et de l’opéra ? A quels personnages sont-ils avant tout associés, pourquoi ?
3- La présentation des personnages : l’importance de l’habillement.
Que pouvez-vous dire de la façon dont la Présidente de Tourvel est habillée ? Qu’est-ce que cela traduit de sa personnalité ?  Comparez sa mise avec celle de la Marquise de Merteuil (on peut aussi remarquer les moments où le vicomte de Valmont apparaît – ou non – poudré).
4- L’alternance scènes d’extérieur / scènes d’intérieur.
L’alternance des scènes est importante dans l’adaptation cinématographique des Liaisons dangereuses : à quoi sont associées les scènes d’extérieur ? Et celles d’intérieur ? Donnez quelques exemples précis.
5- L’utilisation des ombres et des lumières est également très significative dans le film. Quelle atmosphère donne l’utilisation des clair-obscur ? A quoi correspondent souvent de telles scènes ?
6- Voir sans être vu. Il est important dans Les Liaisons dangereuses de voir et d’être vu. Mais il est peut-être encore plus important de voir sans être vu. Identifiez un ou deux passages où des personnages observent (et/ou écoutent) d’autres personnages à leur insu. Proposez une interprétation.
7- L’utilisation du langage : jeux de langue et allusions grivoises.
La Marquise de Merteuil et le Vicomte de Valmont sont de fins utilisateurs de la langue. Stephen Frears a su saisir ce trait de caractère et a mis dans la bouche des deux libertins des propos grivois à double sens. Donnez quelques exemples.
8- Le montage est très important – et intéressant – dans l’adaptation que Stephen Frear fait des Liaisons dangereuses : trouvez un exemple dans le film où le montage parvient à mettre en parallèle deux situations (et interprétations) d’un même fait ; un exemple où le montage souligne l’ironie d’une situation ; un exemple où le montage montre un personnage qui revit des moments passés (flashback).
9- L’adaptation : Stephen Frears n’a pas repris Les Liaisons dangereuses absolument à l’identique. Identifiez un épisode qu’il a adapté et comparez-le au roman épistolaire. Qu’est-ce que l’adaptation apporte dans ce cas précis ?
10- La boucle est bouclée : le début et la fin du film. Comparez la première et la dernière image du film. Que remarquez-vous ? Que soulignent ces deux images ?