UN OBUS DANS LE CŒUR
Wajdi Mouawad

Pistes pédagogiques

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Les deux lectures analytiques développées ici sont des temps forts du récit : incipit (séance 2 et 3) et scène « traumatique » (séance 6, 7 et 8) qui répondent à une troisième proposition de texte « Visage retrouvé » (séance 10), laquelle vient fermer la lecture.
Ces trois scènes, qui structurent à la fois la mémoire personnelle du narrateur et le récit, permettent un travail sur la construction de l’écriture, qui est aussi une construction de soi.


I. Temporalité, mémoire et souvenir dans Un obus dans le cÅ“ur

Consulter l’extrait p. 5-8, du début à « Mais elle est arrivée pendant la nuit. »
Son étude est prévue dans le cadre des séances 2 et 3. Elle complète l’entrée en matière de la séance de découverte sur l’autobiographie et laisse le temps aux élèves d’achever la lecture du roman.

Situation : ce passage est l’incipit du roman. Le narrateur apprend la mort de sa mère et fait part au lecteur de ses émotions alors qu’il se rend à l’hopital.

Trois axes pourront être développés :
- La structure narrative du récit
- Avant et après : la colonne vertébrale du récit et du personnage
- Mémoire et souvenirs

1) La structure narrative du récit
a. L’organisation : le récit présent et le surgissement des souvenirs
b. Comparaison : ordre chronologique / ordre de la narration
c. Le rapport temps réel / temps narré

Mise en place du vocabulaire : analepse / prolepse / itération
La narration et les différents effets de rythmes
Le temps du récit est un temps reconstruit qui bouleverse la chronologie, met en valeur des souvenirs, en passe d’autres sous silence.

2) Avant et après : la colonne vertébrale du récit et du personnage
a. Le mot « avant » : la colonne du récit
L’importance de l’incipit, quand peut-on dire « avant » ? et se mettre à raconter / l’avant « fixe », daté : « avant la guerre » ; « avant mon mariage »… )
b. La recherche de l’ « avant » intime : le souvenir primordial

Cf. la citation : « Et je me dis que c’est peut-être ça le début. Pas le téléphone, pas le visage de ma mère le jour de mes quatorze ans, non, le début »

3) Mémoire et souvenirs
a. Le surgissement des souvenirs
L’élément déclencheur / l’association d’idées / la démarche analytique (on peut mettre en rapport avec des textes de Freud ou des textes littéraires : Proust, Rousseau, …)
b. La transcription des souvenirs : mise à distance ou réminiscence absolue
On revit la scène
c. La mise à nu des strates de la mémoire : la résolution du conflit.
Vers le souvenir le plus ancien, et le plus important : la scène traumatique
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II. « La plus grande peur de ma vie » : violence du monde et violence intime

Consulter l’extrait 2 de ce récit (p. 40-46, de « J’ai sept ans… » à « Il n’y a qu’une peur d’enfant pour terrasser une autre peur d’enfant. »)
Son étude est prévue dans le cadre des séances 6,7,8. Elle incite les élèves à travailler sur l’écriture de la violence.

Situation : alors qu’il est à l’hôpital, le narrateur plonge dans ses souvenirs et se rappelle un événement précis de son enfance au Liban : l’attentat d’un bus, scène traumatique qui le hante à chaque fois qu’il repense à sa mère.

Trois axes pourront être développés :
- La définition d’un texte critique
- Les différents genres du texte critique
- L’éclairage du texte de fiction par le texte critique

1. La définition d’un texte critique
Un texte critique, qu’est-ce que c’est ? Rappel des différents genres de textes (le récit, le théâtre, la poésie, l’essai et les textes de réflexion critiques).

2. Les différents genres du texte critique
Quels genres de textes critiques connaissent-ils ? L’essai ? La critique de presse (compte-rendu de livre, cinéma…). L’entretien peut-il être un texte critique ?
Pour répondre à la question, voir ce qui, dans le passage cité, apporte des informations sur le récit étudié.

Pour cela, relever les éléments qui trouvent écho dans la fiction.
Voir le tableau correspondant.

3. L’éclairage du texte de fiction par le texte critique
Quelles conclusions peut-on tirer de ces similitudes ?
Wajdi Mouawad, à travers son entretien, donne des clefs d’interprétation à son lecteur. Il souligne la parenté très forte de trois événements :
- la mort de sa mère
- les attentats du 11 septembre
- l’autobus mitraillé à Beyrouth.

Il permet, du coup, de mieux comprendre les associations de la mémoire et la résurgence des souvenirs dans la narration de Wahad.

La mort de la mère, même si elle n’est pas vécue sur le mode habituel (tristesse, larmes, …) est d’une extrême violence et déclenche le souvenir de la scène traumatique. Dans la salle d’attente, c’est l’image de l’autobus en flammes qui resurgit.

Cette scène de l’autobus est également associée à la première apparition de la femme aux membres de bois (incarnation de toutes les angoisses de l’enfant Wajdi Mouawad) qui réapparaît dans la chambre d’hôpital :

« Je me souviens avoir créé un personnage qui ressemblait à mon effroi. Un personnage que j’ai nommé en arabe « La femme aux membres de bois ». J’étais convaincue qu’elle allait m’apparaître au moment où j’allais allumer la lumière (…). L’aveuglement était terrible car j’étais convaincu que cette femme était en train de prendre forme, profitant de ma cécité pour me dévorer. » (Jean-François Côté, op. cit., p. 72)

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