Documents et supports complémentaires

Histoire rapide du Sénégal

Téléchargez la carte du Sénégal.

Précision préalable : comme on le sait, les frontières qui définissent l’actuel Sénégal ont été tracées par l’administration coloniale française au XIXe siècle. Par conséquent, aucun des territoires politiques constitués au cours des siècles antérieurs ne correspondait à ces limites : les royaumes et empires mentionnés ci-dessous ont souvent inclus une partie plus ou moins vaste du Sénégal, mais s’étendaient toujours très largement de part et d’autre des frontières actuelles.

VIIIe-XIe siècle : l’empire du Ghana, qui connaît son apogée au Xe et au XIe siècles, s’étent du fleuve Sénégal au fleuve Niger.
XIIIe-XVIe siècle : l’empire du Mali, fondé par le célèbre Soundiata Keïta, connaît son apogée au XIVe siècle.
XIIIe-XIVe siècle : les royaumes sérères du Sine et du Saloum sont fondés par les princes Guelwars.
XIVe-XVIe siècle : c’est l’empire Songhaï qui connaît son apogée à la fin du XVe et au début du XVIe siècles. Autour de sa capitale Gao, il fait rayonner des centres culturels majeurs comme Tombouctou et Djenné (actuel Mali).
XVe siècle : premiers comptoirs portugais (dont témoignent les noms de nombreux villages côtiers au sud de Dakar : Joal, Portudal, Rufisque, …) s’établissent. Hollandais, Anglais et Français vont ensuite, jusqu’au XVIIe siècle, rivaliser pour contrôler les côtes.
1659 : fondation par les Français de la ville de Saint-Louis, à l’embouchure du Sénégal. Saint- Louis sera la capitale politique de l’Afrique Occidentale Française (AOF), jusqu’en 1902.
XVIIe-XIXe siècle : le royaume wolof du Cayor se maintient, à la tête duquel le héros national Lat Dior engage, à la fin du XIXe siècle, une résistance active contre l’occupant français.
1848 : abolition de l’esclavage par Victor SchÅ“lcher. La traite négrière avait cours activement depuis le XVIIe siècle.
1857 : fondation de Dakar, qui devient la capitale de l’AOF en 1902, et du Sénégal en 1960.
2nde moitié du XIXe siècle : début de la colonisation du Sénégal. De 1852 à 1865, Louis Faidherbe engage un vaste plan de mise en valeur du territoire, qui s’appuie notamment sur le développement de la culture arachidière.
1914 : Blaise Diagne est le premier député noir. Il siège au Parlement français jusqu’en 1934.
1944 : massacre de tirailleurs sénégalais dans le camp de Thiaroye.
1960 : indépendance du Sénégal. Senghor devient le premier président de la République du Sénégal et le restera, après plusieurs réélections, jusqu’en décembre 1980.
2000 : première alternance politique au terme d’élections présidentielles qui voient l’ancien adversaire politique de Senghor, Abdoulaye Wade, devenir le troisième Président de la République du Sénégal.
[Haut de page]

Glossaire

Ce glossaire explicite essentiellement les noms communs et les noms propres qui renvoient à l’Afrique dans Hosties noires. Un travail sur les textes, en classe ou à la maison, reste à faire pour clarifier le reste des difficultés lexicales du recueil.
Les termes sont classés par ordre alphabétique. Pour les mots qui sont déjà expliqués par Senghor lui-même dans le petit « Lexique » qu’il a constitué à la fin de son Å“uvre poétique, nous les intégrons à la liste de ce glossaire, en renvoyant à la définition donnée par l’auteur.

Achille, Pierre : secrétaire particulier de Senghor en 1947-1948.
Almeria : port espagnol bombardé par les Allemands en 1937.
Askia : dynastie qui régna à la tête de l’empire songhaï aux XVe et XVIe siècles.
Bambara : population du Mali que l’on retrouve également dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest comme le Sénégal et la Guinée.
Bassi : couscous de mil.
Bobo : nom d’un peuple du Burkina Faso Cafre : habitant de la Cafrerie, ancien nom donné à une région d’Afrique du Sud.
Chéchia : couvre-chef le plus souvent rouge, porté par certains groupes de l’armée coloniale française.
Cook, Mercer : intellectuel et universitaire noir américain qui travailla à faire connaître la littérature noire américaine (1903-1987) et que Senghor rencontra dans les années 1930.
Damas, Léon-Gontran : poète guyanais qui fut, avec Senghor et le poète antillais Aimé Césaire, le fondateur du mouvement de la Négritude.
Dyallo (ou Diallo) : nom de famille d’origine peule (les Peuls constituent une population qui s’étend du nord du Sénégal jusqu’au Cameroun).
Dyilor : village situé à 23 km de Joal où Senghor a passé sa petite enfance.
Dyob, Mbaye : compagnon de captivité de Senghor pendant la guerre.
Dyouma, Samba : compagnon de captivité de Senghor pendant la guerre.
Dyoung-dyoung : voir Lexique.
Eboué, Félix : homme politique d’origine guyanaise qui se rallie au Général de Gaulle en 1940, Gouverneur général de l’Afrique équatoriale Française (AEF). Senghor épouse sa fille Ginette en 1946. Henri et Robert sont les fils de Félix Eboué.
Fan : population du Gabon et du Cameroun.
Fimla : village proche de Dyilor.
Fon : population du Bénin.
Fouta : région située au nord du Sénégal.
Ngalam (ou Galam) : région située à l’est du Sénégal.
Gandyol : région située à l’embouchure du fleuve Sénégal.
Griot : chanteur et musicien professionnel qui récite les grands textes de la littérature orale de son pays (épopées, contes, …), mais qui peut également être payé pour réciter la généalogie d’une personne ou pour faire l’éloge d’un défunt.
Guelwar (ou guélowar) : mot sérère qui désigne les princes conquérants qui fondèrent les premiers royaumes sérères au XIVe siècle.
Voir aussi le Lexique.
Guimm : voir Lexique.
Irun : village basque que perdirent les Républicains pendant la guerre civile espagnole.
Joal : village côtier (situé à 120 km au sud de Dakar) où Senghor est né.
Kabyle : habitant de Kabylie, région d’Afrique du Nord (Algérie).
Katamague : palmeraie proche de Dyilor.
Kor Sanou : en sérère, « kor » signifie « homme ». Dans un contexte de lutte sportive, il signifie « champion » et il est suivi du nom de la sÅ“ur du lutteur, ici « Sanou » (Kor Sanou = champion de Sanou).
Kora : gros instrument de musique à cordes (entre 16 et 32 cordes) très répandu en Afrique de l’Ouest, qui accompagne très souvent les récits des griots.
Koumba l’Orpheline : héroïne d’un célèbre conte populaire sénégalais.
Mandiago : population du sud du Sénégal.
Maure : habitant de Mauritanie.
Naëtt : prénom féminin inventé par Senghor.
Ndyâye, Tamsir Dargui : compagnons de captivité de Senghor pendant la guerre.
Ngabou (ou Gabou) : région située au sud du Sénégal et au nord de la Guinée.
Ngom, Koli : compagnon de captivité de Senghor pendant la guerre.
Mbodye, Nyaoutt : compagnon de captivité de Senghor pendant la guerre.
Paragnessé : déformation du mot « français » en sérère.
Quatre Communes : il s’agit des quatre villes sénégalaises suivantes : Saint-Louis, Dakar, Rufisque et Gorée, qui avaient un statut politique et administratif particulier à l’époque coloniale par rapport au reste du territoire sénégalais.
Ras Desta : général éthiopien qui lutta contre l’invasion de son pays par les troupes de Mussolini entre 1935 et 1937. Il fut exécuté par les Italiens en 1937.
Saba : référence à la légendaire reine de Saba, qui est mentionnée dans la Bible pour avoir rendu visite au roi Salomon. Son royaume s’étendait sur les terres de l’actuelle éthiopie.
Sagno : sorte de mil.
Sérère : population du Centre-Ouest du Sénégal, à laquelle appartient Senghor. Le sérère est également le nom de la langue parlée par les Sérères.
Sine : nom d’une région sérère où coule le fleuve du même nom.
Sira Badral : princesse qui vécut au XIVe siècle, sÅ“ur des princes guelwars qui partirent dans le Saloum pour fonder les premiers royaumes sérères.
Somali : habitant de Somalie.
Songhoï (ou Songhaï) : célèbre empire d’Afrique de l’Ouest qui se développe entre le XIVe et le XVIIe siècles.
Sorong : voir Lexique.
Souna : sorte de petit mil.
Taga : voir Lexique.
Tama : voir Lexique.
Tann : voir Lexique.
Targui : singulier de « touareg »
Tata : lieu fortifié.
Timbo : village situé au nord de la Guinée.
Tirailleurs sénégalais : nom donné aux troupes africaines de l’armée française. Contrairement à ce que l’expression pourrait laisser penser, les tirailleurs sénégalais n’étaient pas uniquement originaires du Sénégal !
Tyaroye (ou Thiaroye) : village situé à 15 km de Dakar, qui, en décembre 1944, fut le lieu d’une répression meurtrière de la part de l’armée française contre ses propres tirailleurs sénégalais revenus de France, qui réclamaient leur prime de démobilisation. Il y eut officiellement 24 morts et 34 blessés, chiffre invérifiable mais probablement bien plus faible que le nombre de victimes réelles.
Walo : région située au nord-ouest du Sénégal.
Woï (ou waï) : voir Lexique.


Pour une exploration visuelle, voir les cartes proposées par Lilyan Kesteloot, dans son essai, Comprendre les poèmes de L. S. Senghor, Versailles, Les Classiques africains, « Comprendre », 1987, p. 14.
[Haut de page]