
LE FILM
Le film nous plonge dans l’Afghanistan contemporain, à la rencontre d’une population qui vit à flanc de montagne, à l’ombre des Bouddhas disparus, et surtout de Baktay, fillette qui veut à tout prix aller à l’école pour écouter des histoires.
Nous la suivons à la recherche d’un cahier, et dans ses multiples aventures : de l’école à ses rencontres avec des gamins qui jouent à la guerre et l’emprisonnent.
Ce film évoque un monde d’enfants, confrontés à des réalités d’adultes, mais dont ces derniers sont étrangement absents... C’est une journée dans la vie d’une fillette, qui dépeint le pays avec ses côtés lumineux mais aussi très sombres.
Le générique d’ouverture s’ouvre par des images d’archives très fortes, en noir et blanc puis en couleurs, sur la destruction des Bouddhas de Bâmiyân.
Le film s’ouvre par un plan panoramique : la vie des habitants de Bâmiyân qui vivent à l’ombre des Bouddhas disparus, dans les grottes à fleur de montagne : on découvre Baktay et sa mère dans leur quotidien... ainsi qu’Abbas, le voisin qui cherche à étudier. Celui-ci provoque Baktay qui s’occupe de sa petite sœur et la met au défi de lire. Il lui raconte aussi une histoire, qui séduit beaucoup la fillette.
Dès lors Baktay souhaite ardemment aller à l’école pour apprendre des histoires, comme Abbas. Mais pour cela, il lui faut un cahier et un stylo.
La fillette, audacieuse, volontaire et entêtée se dirige donc vers la boutique, avant d’aller au bazar et chez le boulanger, à la recherche de l’argent qui lui procurera l’objet rêvé. C’est l’occasion pour la réalisatrice de nous faire voyager dans un univers quotidien à la fois souriant et rude, où la fillette se débrouille avec beaucoup d’autonomie.
Son cahier en main, Baktay se prépare à accompagner Abbas, malheureusement, si l’école est ouverte à tous, elle n’est cependant pas mixte : elle est renvoyée par le maître vers une école faite pour elle.
Elle croise en chemin une bande de jeunes garçons qui défendent la religion et jouent à la guerre. Ils emprisonnent Baktay, jugée impie et commencent à lui creuser une tombe dans un simulacre de lapidation. Retentit alors la voix d’Abbas, qui rentre de l’école. Les garçons décident de lui tendre un piège.
Abbas a réussi à s’enfuir, mais Baktay est toujours aux mains des petits soldats. Elle rejoint d’autres fillettes emprisonnées et elle décide de les libérer. Elle s’enfuit et tente de trouver de l’aide auprès d’un policier.
Malgré toutes ces aventures, Baktay n’a pas perdu son objectif : apprendre.
Elle parvient enfin jusqu’à l’école de filles et s’introduit discrètement dans une salle de classe. Mais il lui faut batailler durement pour trouver une place, et le répit est de courte durée : son rouge à lèvre sème la zizanie dans l’océan coloré des fillettes.
Découverte, elle est chassée de la classe.
Baktay retrouve Abbas. Sur le chemin du retour, ils tombent à nouveau nez à nez avec la bande de gamins qui, entre temps, sont devenus des Américains recherchant activement des terroristes.
Alors qu’Abbas fait semblant de mourir, Baktay prend la fuite et essaie de trouver secours auprès d’adultes occupés aux travaux des champs, mais ceux-ci restent aveugles (ils sont d’ailleurs masqués) aux requêtes de la fillette.
Baktay suit enfin le conseil d’Abbas. Retentit alors une détonation : celle qui a détruit les Bouddha de Bâmiyân. Le film se clôt sur l’image de la destruction.
Hana Makhmalbaf, 18 ans, est la soeur de Samira Makhmalbaf, réalisatrice iranienne auréolée par le Grand Prix du Jury à Cannes pour Le tableau noir, puis par le Prix du Jury à Cannes pour À cinq heures de l'après-midi.
Née en 1988 à Téhéran, Hana étudie le cinéma à l’université pendant huit ans. Fille de Mohsen et sœur de Samira, elle participe aux tournages de plusieurs de leurs films en tant que scripte ou photographe. En 2002, elle signe Joy of Madness, making-of du film de sa sœur, À cinq heures de l’après-midi.
Baktay : Nikbakht Noruz
Talib boy : Abdolali Hoseinali
Abbas : Abbas Alijome
Réalisation : Hana Makhmalbaf
Scénario : Marziyeh Meshkini
Son : Farid Pirayesh
Décors : Akbar Meshkini
Direction de production : Fakhrodin Ayam
Photographe de plateau : Mehrdad Zonnour
Musique : Tolibhon Shakhidi
Montage : Mastaneh Mohajer
Mixage : Hossein Mahdavi
Production : Wild Bunch / Makhmalbaf Film House
Durée : 1h21